« Mourir est facile, en rire est difficile. » Je croyais que Keats était l’auteur de cette formule, je me trompais. Mais cela convient bien au sujet : face à la mort, même nos certitudes vacillent.
Dans les Thanatonautes de Bernard Werber, le continent des morts était une terra incognita à explorer, cartographier et conquérir.
Par Nicolas Maury Photo : Jean-Claude Gadmer
« Mourir est facile, en rire est difficile. » Je croyais que Keats était l’auteur de cette formule, je me trompais. Mais cela convient bien au sujet : face à la mort, même nos certitudes vacillent.
Depuis toujours, l’homme cherche des réponses. Or, il est une question devant laquelle toutes paraissent secondaires : qu’y a-t-il après ? Bernard Werber en avait fait, en 1994, le sujet des Thanatonautes. Avant que son goût pour les grandes révélations sur l’Univers ne finisse par lasser, il savait traiter une idée avec intelligence et humour. La terra incognita n’était plus à explorer du côté des pôles ou des étoiles, mais du « continent des morts ». On la cartographiait, on y envoyait des pionniers, on se disputait sa conquête. C’était métaphysique, ludique, drôle.
Les expériences de mort imminente nous ramènent à cette même frontière, dans le réel. Phénomène cérébral, expérience spirituelle ou construction de la mémoire ?
La science observe, les témoins racontent, chacun interprète selon son point de vue. Après tout, personne n’est revenu de l’au-delà avec un mode d’emploi. Ce n’est pas plus mal : à vouloir tout expliquer, on finirait par regretter le mystère. Pour le reste, on verra bien.
La mort a ceci de contrariant qu’elle est le seul rendez-vous auquel personne ne peut se soustraire. Les expériences de mort imminente (EMI) sont les seuls contretemps de cette inévitable rencontre et les souvenirs s’y référant sont indélébiles. Les récits racontent l’absolue félicité, mais aussi la peur intense. Avant-goût de l’enfer pour les uns et assurance du paradis pour les autres… Et l’Eglise dans tout ça, qu’en dit-elle ?
Le vocabulaire commun à la majorité des récits évoque le passage dans un tunnel et une lumière intense.
La mort a ceci de contrariant qu’elle est le seul rendez-vous auquel personne ne peut se soustraire. Les expériences de mort imminente (EMI) sont les seuls contretemps de cette inévitable rencontre et les souvenirs s’y référant sont indélébiles. Les récits racontent l’absolue félicité, mais aussi la peur intense. Avant-goût de l’enfer pour les uns et assurance du paradis pour les autres… Et l’Eglise dans tout ça, qu’en dit-elle ?
Le livre de Raymond Moody, La vie après la vie a popularisé le phénomène.
Par Myriam Bettens | Photos : DR
Par définition, personne ne peut revenir faire le compte rendu de ce qu’il a découvert « de l’autre côté ». Or, confrontés à un danger vital, certains racontent ce qu’ils ont vécu au moment où leur existence semblait suspendue. Depuis que le psychiatre américain Raymond Moody a popularisé le phénomène des expériences de mort imminente (EMI) avec son livre Life After Life (1975), les témoignages se sont multipliés. Aujourd’hui, ces phénomènes sont documentés. En revanche, leur signification et ce qu’il se passe au moment où les souvenirs de ce vécu se forment ne font pas consensus.
L’enfer des souvenirs
Les EMI désignent un ensemble de perceptions cognitives rapportées à la suite d’un arrêt cardiaque, d’un coma, d’un accident ou de toute autre situation critique. On retrouve un vocabulaire commun à la majorité des récits avec des éléments comme la sensation de sortir de son corps, le passage dans un tunnel, une lumière intense, la rencontre de personnes décédées, une revue de vie ou encore un profond sentiment de paix. Ces EMI dites « positives » sont fréquemment associées à une spiritualité accrue, une appréciation plus forte de la vie, davantage de compassion et une diminution de la peur de mourir. Plusieurs études soulignent d’ailleurs la durabilité de ces changements chez la majorité des patients observés.1
Mais toutes les EMI ne sont pas un long tunnel tranquille, loin de là. Les expériences négatives, quoique moins étudiées, sont aussi appuyées par des témoignages. Une revue systématique publiée en 2025 rapporte que quatorze pour cent de tous les récits analysés comportaient des éléments négatifs. La peur intense, la solitude, le vide, un sentiment d’enfermement, un environnement vécu comme infernal et une impression de jugement y dominent. Ces souvenirs, tout aussi durables que ceux des EMI positives, induisent confusion, détresse émotionnelle et traumatismes persistants. Avant-goût de l’enfer pour les uns et assurance du paradis pour les autres ?
Les EMI désignent des perceptions cognitives rapportées à la suite d’un arrêt cardiaque par exemple.
Signes du Ciel
« L’Eglise catholique n’a jamais émis d’appréciation théologique officielle de ces expériences, sans toutefois les rejeter », rappelle Arnaud Join-Lambert, professeur à l’Université catholique de Louvain. Il relève encore une décision importante validée, en 2024, par un document du dicastère pour la Doctrine de la foi. Le texte, passé largement inaperçu, demande de ne plus recourir à la catégorie de « supernaturalité » pour interpréter des apparitions, visions ou révélations privées, de ne plus leur reconnaître un caractère surnaturel et de demander aux évêques de ne pas davantage se prononcer sur ces expériences. Car « au fond, l’Eglise catholique insiste sur le respect de l’autonomie de la science, en l’occurrence des sciences bio-neuro-médicales, tout en ne restreignant pas l’action possible de l’Esprit ».
L’ancien directeur du Bureau des constatations médicales du sanctuaire de Lourdes, Patrick Theillier, estime quant à lui, que « les EMI sont en accord avec l’enseignement de l’Eglise ». Il est d’ailleurs « convaincu qu’elles n’arrivent pas par hasard et sont un signe pour notre temps ». Il va même plus loin : « Elles apportent une confirmation que l’âme humaine est habitée par une autre réalité d’ordre spirituel, reliée à Dieu et appelée à la vie éternelle. »
Interrogé sur la question, Arnaud Join-Lambert affirme pour sa part « que l’on doit toujours écarter le vocabulaire de la preuve dès que l’on aborde les EMI ». Ces expériences « marquent en profondeur les personnes, mais elles ne prouvent rien quant à un éventuel au-delà. Que la mort soit un passage vers un ailleurs demeure un acte de foi », souligne l’auteur de Les expériences de mort imminente : hallucinations ou lumières sur l’au-delà ? Car pour lui, « si les contenus de la foi étaient « démontrés », l’être humain serait obligé de « croire », perdant sa dimension de liberté qui est essentielle à la foi chrétienne ». Patrick Theillier juge que « ces signes du Ciel », comme les miracles, « nous laissent libres. Mais si on les prend en compte, ils changent la vie ».
L’« au-delà » de la conscience
Un constat que partage Jacques Besson, psychiatre et professeur honoraire de l’Université de Lausanne, récemment décédé. « Ce qui se vérifie, c’est qu’il y a un avant et un après, que tout se reconfigure dans la vie de la personne ». Quant au reste, il reconnaît que les EMI « sont une énigme pour la science ». Travaillant depuis longtemps à la relation entre psychiatrie, neurosciences, religion et spiritualité, il émet l’hypothèse d’un accès, « à quelque chose de plus grand que nous, qui ne dépend pas de l’espace et du temps tels que nous les vivons », dans les moments d’EMI. Ces expériences seraient l’expression d’un « retour à une conscience plus grande, originelle, créative, lumineuse, une conscience universelle », que les modèles scientifiques classiques n’expliquent pas. « La science […] doit reconnaître ses limites et laisser de la place à des modèles alternatifs », note-t-il encore.
L’approche de Sonia Barkallah mêle modèles classiques et scientifiques. Réalisatrice du film Témoins, dont la première suisse a eu lieu à Sierre en 2025, elle a été sollicitée par certaines paroisses pour parler des EMI. Sonia Barkallah considère que certains aspects observables des récits, notamment des perceptions de l’environnement extérieur au corps, peuvent être soumis à des protocoles et à des vérifications. Elle présente donc ces témoignages aux scientifiques, afin de recueillir leurs arguments et construire avec eux un dispositif permettant de les examiner. Néanmoins, « la partie transcendantale des EMI n’est pas du ressort de la science, car elle n’est pas vérifiable ». Elle avance toutefois l’idée que ces expériences, bonnes ou mauvaises, pourraient avoir une fonction transformatrice. Au-delà du caractère spectaculaire, ce qui compte reste ce que l’individu en fait ensuite.
Les expériences de mort imminente demeurent suffisamment troublantes pour mériter mieux que le mépris rationaliste ou la crédulité béate. Le paradis reste donc une promesse de foi, non une destination dont les EMI fourniraient les coordonnées GPS. Quant à l’enfer, il demeure une réalité doctrinale définie comme séparation de Dieu, non un paysage que l’on pourrait cartographier à partir d’un récit de réanimation.
1 Cf. The Lancet (2001), Mortality (2022), Resuscitation (2023).
Tous à la même enseigne
Les expériences de mort imminente sont rapportées dans d’autres religions et cultures. Une étude de 2023 a analysé les récits d’un point de vue culturel et religieux. Les thèmes sont récurrents (sortie du corps, tunnel, perceptions spirituelles ou religieuses) avec toutefois des différences culturelles dans le « décor » entourant l’expérience et la manière de l’expliquer. La culture modifie-t-elle réellement l’expérience ou seulement la manière dont on la reconnaît, la mémorise et la raconte ?
Dans la plupart des expériences de mort imminente, celles et ceux qui en bénéficient parlent d’une espèce de tunnel au bout duquel ils entrevoient un être de lumière disposé à les accueillir en pleine allégresse.
« Voir Dieu face à face » : Fra Angelico représente ici la béatitude comme une rencontre directe avec le Christ glorieux.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR
Dans la plupart des expériences de mort imminente, celles et ceux qui en bénéficient parlent d’une espèce de tunnel au bout duquel ils entrevoient un être de lumière disposé à les accueillir en pleine allégresse. Il ne s’agit bien sûr pas d’une « preuve » de la vision bienheureuse, mais comme d’une préfiguration que cela peut effectivement arriver. Espérons-le.
Voir Dieu visage à visage, c’est en effet ce que la première lettre de saint Jean et toute la tradition théologique et mystique projettent comme perspective d’avenir éternel. « Je veux voir Dieu », clame Thérèse d’Avila, une devise reprise par le père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, en tant que titre de sa synthèse des itinéraires des maîtres du Carmel, les deux Thérèse et Jean de la Croix.
Ressembler ici-bas au Christ
Voilà ce que fait défiler devant nous la splendide affirmation johannique : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jean 3, 1-2)
Certain(e)s anticipent en quelque sorte, par pure grâce, ce qui est donc prévu pour tous les frères et sœurs de Jésus-Christ, après la mort, sans qu’il faille voir dans ces « near death experiences » une forme de récompenses pour des mérites exceptionnels réservées aux « chouchous » du bon Dieu, à des VIP de la spiritualité.
De même, nous pouvons toutes et tous déjà ici-bas ressembler au Christ, notre Bien-Aimé, et recevoir des rayons de sa gloire lorsque nous le fréquentons dans l’oraison silencieuse et par l’adoration dans le Saint Sacrement. Nous le voyons alors déjà cœur à cœur et, en guise « d’apéritif » céleste, nous lui devenons semblables.
Si nous rencontrons quelqu’un qui a vécu une rencontre de mort imminente, accueillons son témoignage comme une invitation à pouvoir, comme cette personne, un jour voir notre Soleil face à face, sans aucune éclipse !
Rien à dire. Silence… de mort sur les EMI (expériences de mort imminente) dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique.
Pour la Rome catholique, c’est à la science de prouver ou d’infirmer la plausibilité de l’expérience de nombreuses personnes.
Par Thierry Schelling | Photo : DR
Rien à dire
Silence… de mort sur les EMI (expériences de mort imminente) dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique. Pas d’entrée ni d’article de la foi pour ce qui est – il faut bien l’avouer – un entre-deux : entre la vie et la mort.
Du coup, les Papes et la Rome catholique en général n’ont rien à ajouter : tant que ce n’est pas incompatible avec la doctrine de l’âme et du corps, de la résurrection et de cette zone grise du monde réel invisible (des anges, des âmes, des esprits), c’est à la science d’expliquer, voire de prouver ou d’infirmer, la plausibilité de l’expérience de nombreuses personnes.
Des Papes presque morts ?
Du Palais apostolique – résidence des Papes depuis 1929 –, rien ne filtre sur la vie privée des Pontifes. Seule leur mort fut sujette à spéculation : si on a fomenté un coup d’Etat contre Jean-Paul Ier en 1978 (les Jésuites ? l’Opus Dei ? les francs-maçons ?), si on a vécu, voire subi, l’agonie mise en scène de Jean-Paul II avant son décès en 2005, si on a enterré avant l’heure et à plusieurs reprises François fragilisé du côté des poumons, puis de sa mobilité, aucun Pape n’a dit avoir « transité hors de son corps » pour y revenir et vaquer à la vie vaticane…
Morts vivants !
Par contre, la (questionnable ?) habitude d’avoir canonisé ou béatifié presque la moitié des Pontifes de la fin des XIXe et XXe siècles – Pie IX, Pie X, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II – semble indiquer que les Pontifes, du mot « pont », continuent leur rôle post mortem d’inspirer les mortels que nous sommes, « emprisonnés » dans notre cage thoracique, qui ahanons pour une vie tout en esprit ici-bas déjà. Nous attirent-ils déjà un peu hors de nous ?
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano, est l’auteur de cette carte blanche.
Chaque mois,L’Essentielpropose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano, est l’auteur de cette carte blanche.
Par Mgr Alain de Raemy | Photo : DR
Nous le proclamons dans le Credo : « Par lui (le Fils) tout a été fait. » Cela vient de saint Jean qui, dans son évangile, insiste : « Par lui tout est venu à l’existence et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. » (1, 3)
Autrement dit, tout l’univers est imprégné par cette mystérieuse présence de Celui qui s’est fait homme.
Une présence constantedu Christ Nous proclamons encore dans le Credo : ce Jésus « reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. »
Et saint Matthieu, dans son évangile, cite ces paroles de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (28, 20)
Nous voilà donc bien situés dans la vie : entre un univers qui n’est pas un vide anonyme et un avenir qui conduit à Dieu, avec une présence constante du Christ que rien ni personne ne pourra nous enlever.
Mais puisque nous le savons, nous avons aussi à en vivre et à le vivre en conséquence.
Le pape Léon XIV, dans sa première exhortation apostolique (commencée par le pape François), nous rappelle ce que disait le cardinal Lercaro au concile Vatican II : « Le mystère du Christ dans l’Eglise a toujours été et est encore aujourd’hui, mais de manière particulière, le mystère du Christ dans les pauvres. Il ne s’agit pas d’un thème quelconque, mais en un certain sens, du seul thème de tout Vatican II. […] C’est l’heure du mystère de l’Eglise mère des pauvres, c’est l’heure du mystère du Christ surtout dans le pauvre. »
« Une Eglise plus semblable à son Seigneur » Le Pape commente : « S’annonçait ainsi la nécessité d’une nouvelle forme ecclésiale, plus simple et plus sobre, impliquant tout le peuple de Dieu et sa figure historique. Une Eglise plus semblable à son Seigneur qu’aux puissances mondaines, déterminée à stimuler dans toute l’humanité un engagement concret pour la résolution du grand problème de la pauvreté dans le monde. » (Dilexi te, n. 84)
Soyons donc heureux de savoir que tout est dans le Christ Jésus. Mais ce bonheur n’est vrai que s’il est tout entier en Jésus. Pour en juger, il suffit de se rappeler le jugement dernier : ce que vous faites au plus petit, c’est à moi que vous le faites !
Pensées pour nos chers défunts en ce 2 novembre, page "Jeunes, humour et mot de la Bible" de novembre 2026 par Marie-Claude Follonier
Par Marie-Claude Follonier
Mot de la Bible
Avoir voix au chapitre
Pouvoir s’exprimer librement. Le chapitre est notamment le nom de la réunion des religieux durant laquelle on lit un « chapitre » de la règle de vie commune, adoptée par la communauté (par exemple la règle de saint Benoît ou de saint Augustin). Seuls les religieux qui ont prononcé des vœux définitifs dans l’ordre peuvent s’exprimer lors de ces rencontres où l’on traite à la fois de considérations spirituelles et d’affaires matérielles.
Par Véronique Benz
Humour
Comme tout le monde le sait, pour se préparer à la prêtrise, il faut une formation qui dure au moins cinq ans. Il s’agit également de passer par l’épreuve des examens finaux. Un séminariste sortant de la salle d’examen est très vite rejoint par ses amis qui lui demandent comment ça s’est passé. « Bien, répondit-il, les experts m’ont posé cinq questions. Pour les premières, ça s’est bien déroulé. La plus dure fut la cinquième. « C’était quoi ? » « Avez-vous préparé votre examen ? »
Les représentations du Pape, réelles ou fictives, révèlent autant sur l’institution que sur les sociétés qui les regardent. Entre théologie, étude des noms pontificaux et personnalisation médiatique moderne qui starifie, Daniel Rausis, passionné de pontifictionnologie, examine avec son érudition et sa verve critique la fascination exercée par la figure du Pape.
Les représentations du Pape, réelles ou fictives, révèlent autant sur l’institution que sur les sociétés qui les regardent. Entre théologie, étude des noms pontificaux et personnalisation médiatique moderne qui starifie, Daniel Rausis, passionné de pontifictionnologie, examine avec son érudition et sa verve critique la fascination exercée par la figure du Pape.
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer
Pourquoi la figure du Pape fascine-t-elle autant les gens ? Cet attrait pour la figure papale se fonde sur une logique de consolation face à l’absence réelle du Christ ressuscité. Cela offre un substitut palpable à l’invisible, mais favorise aussi ce que je considère comme un « paganisme catholique ». A cela s’ajoute la personnalisation postmoderne. L’ère médiatique a inversé l’ordre des choses. Avant, le fidèle voyait son curé quotidiennement, rencontrait l’évêque rarement et le Pape jamais. Aujourd’hui, le Pape est « omnivisible », l’évêque rare, et le curé absent !
Que disent les représentations du Pape dans l’art et la littérature sur la société qui les regarde et sur l’Eglise ? L’art en général est un véritable « lieu théologique » et la fiction un laboratoire de réception et de projection des attentes envers la papauté. Il existe trois grandes catégories de représentations. D’abord, les thrillers ecclésiastiques où le Pape figure le mal absolu, ensuite, une littérature voltairienne et polémique, qui érige le Pape en figure à abattre, symbole d’un pouvoir à déconstruire. Et enfin, les romans programmatiques, qui dressent le portrait d’un Pape d’ouverture ou au contraire rigoriste.
L’Eglise s’est-elle « inspirée » de certaines de ces fictions ? Ces fictions servent souvent à vulgariser des projets théologiques, à mettre en scène des débats conciliaires – on assiste à des Conciles Vatican III – et à « catéchiser » un avenir souhaité. Alors je ne sais pas si l’Eglise s’en est inspirée, mais les Papes ont lu ces romans. Une fois ou deux, François a fait des allusions à ces romans avec des gags géniaux. Un journaliste a demandé à François s’il allait se rendre dans un lieu donné lors d’un voyage. Il lui a répondu : « Non, pas moi, mais Jean XXIV. »
Le choix du nom de règne du Pape annonce tout un programme, dit-on souvent… Le choix d’un nom trace une ambition implicite, mais le pontife « remotive » ce nom en cours de route par sa personnalité et ses actes. L’histoire de Pie IX illustre bien cette ambivalence. Perçu comme moderniste à son élection, il se durcit en cours de règne – le plus long de l’histoire – inversant durablement l’aura progressiste-rigoriste rattachée aux séries des « Pie » dans les perceptions ultérieures.
L’humoriste revendique une position « antipapolâtre ».
Pontifictionnologue et papoclaste
Selon la terminologie inventée par Daniel Rausis, l’expertise dans le domaine des papes de fiction se nomme la pontifictionnologie. Il revendique une position antipapolâtre. La « starification » du pontife heurte sa compréhension postconciliaire d’une Eglise « dépapalisée » et synodale. Le journaliste et humoriste a étudié la théologie en vue de l’utiliser comme une « boîte à outils critique » et sa conception des sacrements autant que des rites illustre cette posture. Il défend, par exemple, une lecture mémorielle et symbolique des rites, tout comme une théologie « déverrouillante » : elle ne doit pas faire des confirmés de « petits soldats du Christ », mais permettre d’accueillir le « désordre vivifiant de l’Esprit Saint ». A rebours des parcours standardisés, il assume toute la friction que cela peut causer avec les routines institutionnelles. Par sa liberté de ton, il veut aussi rappeler que l’humour peut servir une foi intelligente.
Bio express
Daniel Rausis, humoriste, journaliste et écrivain, est né à Martigny en 1959. Il entame des études de théologie à l’Université de Fribourg en 1980, discipline qu’il enseignera de 1984 à 1999 à Sierre. Sa voix et son humour caustique entrent ensuite dans les foyers romands par le biais d’Espace 2 (1987), La Première (1993) et Les Dicodeurs (1995), dont il est l’un des fondateurs. Depuis la fin des années 70, il a constitué une gigantesque collection de documents de tous types concernant les papes fictifs, les antipapes, les papesses, les papes autoproclamés et les papes de prophéties. Sa collection a même été mentionnée en 2013 dans L’Osservatore Romano.
Né en Toscane vers l’an 400, Léon le Grand devint Pape en 440 et se révéla un défenseur résolu de la vraie foi contre les hérésies, ainsi qu’un ardent défenseur des droits de la papauté.
Léon le Grand se révéla un défenseur de la vraie foi contre les hérétiques.
Par Paul Martone | Photo : DR
Né en Toscane vers l’an 400, Léon le Grand devint Pape en 440 et se révéla un défenseur résolu de la vraie foi contre les hérésies, ainsi qu’un ardent défenseur des droits de la papauté. Plus que tout autre, il marqua profondément la fonction pontificale. Son pontificat, qui dura plus de vingt et un ans, fut sans aucun doute l’un des plus importants de l’histoire de l’Eglise.
Dès le début de son pontificat, Léon réorganisa l’Eglise dans plusieurs pays et combattit les hérésies qui troublaient les fidèles de son temps. C’est en grande partie grâce à lui que le « Siège de Pierre » devint le centre de l’Eglise catholique, assumant une responsabilité et une autorité à l’égard de chaque évêque et de chaque prêtre.
Il exerça également une influence considérable sur la doctrine de l’Eglise lors du concile de Chalcédoine en 451. La question centrale était d’ordre christologique : comment comprendre la relation entre la nature divine et la nature humaine en Jésus-Christ ? Le concile définit ce que l’on appelle la doctrine des deux natures : le Christ est une seule personne en deux natures, divine et humaine. Ces deux natures sont « sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation ». Cette foi en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, fut affirmée par le pape Léon dans un texte doctrinal qui fut lu à Chalcédoine et accueilli avec grand enthousiasme par les évêques.
Ses sermons et ses lettres témoignent à la fois de sa profondeur théologique et de sa sagesse pastorale. Léon accordait également une grande importance à la liturgie : pour lui, elle n’était pas simplement le souvenir d’événements passés, mais rendait présentes des réalités invisibles qui agissent dans la vie de chacun. Ce que nous célébrons n’appartient donc pas simplement au passé : à travers la liturgie, Dieu veut se rendre proche de nous et nous donner, par sa grâce, une vie nouvelle.
En 452, le roi des Huns, Attila, traversa l’Italie avec son armée en semant la dévastation. Lors d’une rencontre entre le pape et le roi, Léon parvint à le convaincre de renoncer à poursuivre la guerre.
Léon mourut le 10 novembre 461 et fut enseveli dans la basilique Saint-Pierre. En 1754, il fut proclamé docteur de l’Eglise.
Dans la Bible, la foudre n’est pas seulement un phénomène météorologique : elle est surtout un signe de la manifestation de Dieu, de sa puissance divine.
Par Pierre Guillemin | Photo : Unsplash
Dans la Bible, la foudre n’est pas seulement un phénomène météorologique : elle est surtout un signe de la manifestation de Dieu, de sa puissance divine. Les auteurs bibliques utilisent l’éclair et le tonnerre pour exprimer la puissance, la majesté et la présence divine avec des images compréhensibles pour les peuples de leur temps.
Scientifiquement, la foudre est une gigantesque décharge électrique qui se produit entre un nuage et le sol, entre deux nuages ou à l’intérieur d’un nuage. Elle naît au cœur des orages, lorsque les mouvements violents de l’air (dus par exemple aux courants ascendants et descendants générés par la différence de température et donc de pression entre la base et le sommet du nuage) séparent les charges électriques. Les cristaux de glace et les gouttelettes d’eau s’entrechoquent : les particules légères deviennent généralement positives et montent vers le sommet du nuage, tandis que les plus lourdes, chargées négativement, s’accumulent à sa base (elles possèdent un électron de plus que les particules légères).
Cette différence de charges crée une tension électrique immense, pouvant atteindre plusieurs centaines de millions de volts. Lorsque l’air ne parvient plus à jouer son rôle d’isolant, un canal ionisé se forme : c’est le début de l’éclair. Une première décharge descend par étapes vers le sol, puis une décharge très intense remonte depuis un objet élevé ou directement depuis le sol. Ce retour de courant produit la lumière éclatante que nous appelons la foudre. L’éclair chauffe instantanément l’air à près de 30’000 °C, soit environ cinq fois la température de la surface du Soleil. Cet échauffement fulgurant dilate brutalement l’air, créant une onde de choc qui se propage sous forme de tonnerre.
La foudre rappelle ainsi que l’atmosphère est un immense environnement où la physique, l’énergie et les forces de la nature s’expriment avec une puissance extraordinaire, d’où l’association bien naturelle entre la foudre, le tonnerre, l’orage et cette même puissance divine.
« J’invoque chaque jour Dieu comme "arbitre" de notre planète, ainsi que le décrit la vision du prophète Isaïe (2, 1-5). J’attends avec impatience le jour où l’ensemble des nations convergeront vers Sion et transformeront leurs épées de guerre en faucilles de paix, pour la moisson éternelle », souligne François-Xavier Amherdt. A bientôt 70 ans, il n’a rien perdu de sa passion pour l’étude et l’écriture.
Par Véronique Benz | Photos : DR
« J’invoque chaque jour Dieu comme « arbitre » de notre planète, ainsi que le décrit la vision du prophète Isaïe (2, 1-5). J’attends avec impatience le jour où l’ensemble des nations convergeront vers Sion et transformeront leurs épées de guerre en faucilles de paix, pour la moisson éternelle », souligne François-Xavier Amherdt. A bientôt 70 ans, il n’a rien perdu de sa passion pour l’étude et l’écriture.
L’abbé François-Xavier Amherdt a toujours été un homme au cœur du monde notamment grâce à ses activités musicales et sportives. L’écriture lui permet de mettre des mots sur la recherche de Dieu qui l’habite, grâce aux trésors de la Tradition scripturaire et théologique. « J’y vois comme une forme d’accompagnement spirituel des lecteurs, dans la mesure où je nourris mes thématiques des questions que me posent les personnes que je rencontre dans mon ministère diversifié. Je continue de penser que la Révélation et les écrits des Pères de l’Eglise et des témoins de la foi gagnent en pertinence et en force d’interpellation à mesure que les femmes et les hommes de notre temps donnent l’impression de s’en désintéresser. J’essaie par mes ouvrages tout public ou mes recherches de trouver des formulations pour frayer un chemin de découverte du Seigneur dans l’Esprit Saint. »
Ce qu’en dit la Bible
« Depuis tant d’années, en tant que coordinateur de l’Animation biblique catholique de Suisse romande, je vois dans la rubrique « Ce qu’en dit la Bible » de L’Essentiel un excellent moyen d’essayer de répondre à la soif de la Parole de Dieu dans toute sa richesse. » Fort de ce constat, l’abbé François-Xavier a cru bon de réunir ses billets, afin de mettre certaines connaissances exégétiques à la portée de tout un chacun. « Le moment me semblait adéquat de regrouper quelques-uns de ces textes, qui se laissent chacun consommer de manière indépendante, afin de redire comment « lire la Parole pour en vivre ». »
Son nouveau livre, Ce que dit la Bible : écouter et vivre, est paru aux éditions Saint-Augustin.
Un souvenir marquant de votre enfance
Peut-être le voyage de la Schola des Petits Chanteurs de Notre-Dame de Valère de Sion à Rome au début des années 1970, conduit par son aumônier de l’époque, le futur évêque de Sion Henri Schwery, avec une eucharistie quotidienne chantée chaque fois dans une église romaine différente. Une splendeur !
Votre moment préféré de la semaine
Actuellement, c’est le dimanche soir, moment de détente « psychologique » au terme de la semaine de ministère paroissial, à la veille du lundi de ressourcement, de prière, de lecture et de face-à-face renouvelé avec le Seigneur.
Votre principal trait de caractère
J’essaie d’être « témoin d’espérance », de rester dans l’action de grâce, de discerner en chacun ce qu’il possède de beau et de vrai, et de favoriser ainsi la communion entre les êtres comme « agent de réconciliation ».
Un livre que vous avez lu plusieurs fois
Evidemment la Bible (dont je n’ai lu certains passages qu’une seule fois), cette symphonie plurielle aux voix multiples : récits et paraboles, oracles et proverbes, exhortations et invitations à la conversion, psaumes et poèmes, etc.
Une personne qui vous inspire
Le Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie à Venasque. Ce carme est l’auteur d’une somme prodigieuse sur les enseignements de Thérèse d’Avila, Jean de la Croix et Thérèse de Lisieux, intitulée Je veux voir Dieu (2014).
Votre prière préférée
Ma devise d’ordination, que je garde précieusement sur mon cœur : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8, 31)
François-Xavier Amherdt
• François-Xavier Amherdt est né à Sion.
• Il est originaire du Val d’Hérens par sa mère et du Haut-Valais par son père.
• Il a été ordonné prêtre en 1984 à Sion par Jean-Paul II.
• Il a fait un doctorat de philosophie puis de théologie biblique et une habilitation en théologie pratique.
• Il a été successivement : préfet aux études et vice-directeur du séminaire, vicaire épiscopal, curé-doyen de Sierre, directeur de l’Institut romand de formation aux ministères à Fribourg, professeur de théologie pastorale, pédagogie religieuse et homilétique à l’Université de Fribourg et, depuis quatre ans, curé de Savièse.
Alors que tout concourt à nous laisser penser que le Ciel est vide ou inaccessible, les expériences de mort imminente (EMI) témoignent du contraire. Dans cet ouvrage, Patrick Theillier s’attache à montrer combien ces phénomènes concordent avec la doctrine chrétienne de la mort.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Les expériences de mort imminente pour tous Dr Patrick Theillier
Alors que tout concourt à nous laisser penser que le Ciel est vide ou inaccessible, les expériences de mort imminente (EMI) témoignent du contraire. Dans cet ouvrage, Patrick Theillier s’attache à montrer combien ces phénomènes concordent avec la doctrine chrétienne de la mort. En écho à l’enseignement de l’Eglise, beaucoup d’« expérienceurs » décrivent l’existence d’une vie éternelle. Tous les témoignages rapportés ici et leur analyse nous permettent d’appréhender cette Vie après la vie, et nous rappellent surtout l’urgence de nous y préparer. Tel est le défi de notre espérance !
La loi sur « le droit à l’aide à mourir » concerne tous les Français sans exception, puisqu’elle statue sur la vie et la mort de chacun. En particulier, elle instaure l’euthanasie et le suicide assisté comme solutions – voire comme soins – face à la maladie, à la souffrance, au vieillissement, au handicap, à la dépression. Cet essai dénonce vigoureusement le cynisme et le nihilisme d’une loi qui se présente sous des abords flatteurs en invoquant la liberté de choix, la dignité et la fin de la peur et de la souffrance, alors qu’en réalité, l’idéologie mortifère qu’elle recèle montre que l’homme, réduit à sa biologie et à son utilité économique, est remplaçable, et que son existence ne vaut pas grand-chose. Elle aboutit ainsi au meurtre légalisé, et ouvre la voie à l’eugénisme.
Où s’en vont les gens qui meurent ? Vinciane Despret
La philosophe Vinciane Despret nous emmène dans un tour du monde des rites funéraires, pour mieux comprendre ce lien invisible, mais tenace, que nous entretenons avec les morts. Cet essai rappelle que les morts ne sont pas seulement des corps, mais aussi des personnes avec qui les relations sont possibles, et même nécessaires, ne serait-ce que lors des funérailles, quand émergent anecdotes et souvenirs.
Né au milieu du IVe siècle en Afrique du Nord, Augustin s’intéresse aux philosophes et aux théories religieuses qui fleurissent dans l’Empire romain, avant de se convertir au christianisme. Un long cheminement vers le mystère du Salut, de la Grâce et de l’amour de Dieu qui influencera les plus grands penseurs durant des siècles et suscitera aussi de nombreuses controverses religieuses. Une BD intégralement réalisée par Dominique Bar qui rend humaine et proche cette figure de Père de l’Eglise, pris en permanence entre ses tâtonnements dans la Foi et sa recherche de la Vérité.
« Petit, mais costaud », ce n’est pas juste un slogan publicitaire des années 80, mais l’expérience d’Astrid, Laurent et l’abbé Karol lors des trois jours au Simplon les 10, 11 et 12 septembre derniers.
« Petit, mais costaud », ce n’est pas juste un slogan publicitaire des années 80, mais l’expérience d’Astrid, Laurent et l’abbé Karol lors des trois jours au Simplon les 10, 11 et 12 septembre derniers. Alexandre, Alexander, Diana, Elisa, Sofia, Flora, Valentina ont répondu PRéSENT.E ! Pour monter à l’hospice afin de mieux préparer leur confirmation à l’automne. Et de fait, « costaud » ! Retour.
Les perles : l’harmonie, le respect, vivre un week-end ailleurs, être dehors, se rapprocher de Dieu, les messes, d’avoir des animateurs pas trop stricts, d’être moins sur son téléphone, plus près des copines, être ensemble, rando incroyable et trop courte, adorer la confession, parler aux prêtres, adorer la balade sous les étoiles.
Les cailloux : le matelas, la balade fatigante, le réveil trop tôt, pas assez de temps libre, météo trop froide le matin, les chaises de la salle 400, la fin de la rando.
Os à ronger : comment plus profiter du temps et de la fraternité, plus prier pour être plus près de Dieu, se rencontrer davantage, la confession (à vivre plus souvent, ça fait du bien), encore plus me rapprocher de la nature, diminuer mon temps d’écran.
Pour 2026-2027, l’Equipe pastorale de la Région Voie Verte a choisi de modifier un tant soit peu les Tables du partage qui nous ont réuni.e.s quatre fois ces deux dernières années.
Par Thierry Schelling Photos : Pascal Voide, Mélanie Knuchel
Pour 2026-2027, l’Equipe pastorale de la Région Voie Verte a choisi de modifier un tant soit peu les Tables du partage qui nous ont réuni.e.s quatre fois ces deux dernières années.
En effet, privilégiant l’aspect convivial, toujours fort apprécié, et se rappelant que le Concile Vatican II s’est beaucoup réalisé aux pauses-cafés et autres apartés hors sessions officielles – nous proposons toujours TROIS Tables de la façon suivante:
Le 22 novembre à Saint-Paul, allons à la rencontre de la communauté greco-catholique ukrainienne. Tout le monde sait que notre confrère le Père Sviatoslav y célèbre la Divine liturgie les dimanches à 14h30. Il nous est proposé, ce dimanche de novembre, de se joindre à eux pour la célébration et / ou de nous rejoindre au sous-sol de Saint-Paul, vers 16h, pour un temps d’échanges: sur l’Ukraine, l’histoire et l’actualité de l’Eglise greco-catholique, la cuisine et la musique. Un buffet garni dont ces dames ont le secret conclura ce temps de partage. Fin à 17h30.
Venez, sortez de votre zone de confort un dimanche après-midi, et rencontrez !
Une deuxième sera proposée au printemps 2027 sur le thème de la Pologne puisque deux membres de notre EP en viennent, et que la communauté polonaise célèbre à Sainte-Thérèse depuis bien longtemps: ils seront contents de collaborer, et nous vous donnerons la date dès que programmée. D’ailleurs, je crois qu’un voyage en Pologne se préparerait pour septembre 2027…
Inspiré des Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola, cette retraite s’inscrit au cœur des activités quotidiennes. Il s’agit de privilégier un temps de rencontre avec soi-même et avec Dieu par la méditation de sa Parole et par un temps de relecture au travers d’un accompagnement individuel au quotidien.
Les retraites dans la vie s’adressent à toute personne désireuse d’entrer dans une démarche de foi et de prière avec la Parole de Dieu et d’y faire une expérience spirituelle dans le quotidien.
Le temps à consacrer à cette retraite, quotidiennement, est d’environ trente minutes pour la méditation et environ trente minutes pour la rencontre avec son accompagnateur. S’ajoutent à cela deux rencontres en groupe au début et à la fin de la retraite.
Du dimanche 22 novembre, de 18h30 à 20h au dimanche 29 novembre, 18h30 à 20h30
A la cure de Notre-Dame des Grâces (5, Av. des Communes-Réunies, 1212 Grand-Lancy). Renseignements et inscriptions auprès de Catherine Menoud, au 079 772 74 16 ou à retraitedanslavie.geneve@gmail.com
La mort est partout, mais reste à distance. Cet aspect encore « dérangeant » de la vie est bien souvent pris en charge par des professionnels du domaine. Les transformations des pratiques funéraires, le vieillissement de la population et la pandémie ont pourtant rendu particulièrement visibles les questions que la mort pose à notre société. L’exposition Telling Death, présentée au Jardin Botanique de Genève, invitait à considérer la pluralité des manières de mourir, de faire ses adieux et de continuer à vivre avec les absents.
La mort est partout, mais reste à distance. Cet aspect encore « dérangeant » de la vie est bien souvent pris en charge par des professionnels du domaine. Les transformations des pratiques funéraires, le vieillissement de la population et la pandémie ont pourtant rendu particulièrement visibles les questions que la mort pose à notre société. L’expositionTelling Death,présentée au Jardin Botanique de Genève, invitait à considérer la pluralité des manières de mourir, de faire ses adieux et de continuer à vivre avec les absents.
Les panneaux de l’exposition proposaient au visiteur d’écouter des témoignages grâce à des codes QR.
Texte et photos par Myriam Bettens
Ceint de tous côtés par le vrombissement de la ville, le calme du Jardin Botanique de Genève n’est troublé que par le pépiement des oiseaux. Les feuilles tombées à terre crissent sous les pas. Quelqu’un lit tranquillement, sur un banc, au soleil. Plus loin, quelques enfants en âge préscolaire jouent dans cet écrin de verdure. Des grenouilles alanguies, dont seul le dos dépasse de l’eau, profitent de cette matinée de fin septembre coincée entre été et automne.
Sur l’allée des platanes, éternité et finitude se côtoient. Cinq spécimens, âgés de plus de trois cents ans, entourent l’exposition itinérante Telling Death (ndlr.Raconter la mort), qui circule en Suisse romande jusqu’en mars 2027. Porté par la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne (HETSL/HES-SO), ce projet de communication scientifique s’appuie notamment sur deux recherches consacrées aux transformations des pratiques entourant la mort et aux conséquences de la pandémie sur le secteur funéraire. Chercheurs, professionnels du funéraire et du soin, personnes endeuillées, enfants, adultes et personnes âgées ont été invités à partager leurs expériences, leurs représentations et leurs interrogations sur la mort. Conférences, ateliers, visites, débats et rencontres participatives ont ainsi permis de faire circuler les savoirs dans les deux sens : de la recherche vers le public, mais aussi du public vers la recherche.
L’installation, née au terme de cette démarche, réunit les productions sonores et artistiques du projet ainsi que des éléments issus des recherches. Six espaces d’écoute permettent de découvrir les podcasts, tandis qu’une installation de l’artiste et photographe Virginie Rebetez rassemble une vingtaine d’objets inspirés de ceux évoqués par les personnes interviewées : une cloche, une couronne, une tasse, autant de traces matérielles auxquelles peuvent être attachés des souvenirs et des affects.
L’exposition fait donc de la parole un lieu de recherche, de partage et de transmission et s’intéresse à ce qui demeure autour de la mort : les gestes, les objets, les lieux, les mots et les relations. L’intérêt de Telling Death réside précisément dans cet espace laissé entre savoir et expérience. En faisant dialoguer enquête ethnographique, témoignages sonores et œuvre artistique, elle donne une place à des expériences souvent peu visibles. La mort devient ainsi moins un événement isolé qu’un phénomène social, culturel et relationnel. Une approche particulièrement significative dans un contexte où les pratiques funéraires évoluent rapidement. Crémation, nouvelles formes de sépulture, transformation des cimetières, personnalisation des cérémonies ou encore recherche du maintien de liens avec les personnes décédées, témoignent d’un rapport à la mort qui n’est pas figé.
Les objets représentés dans les illustrations de l’artiste Virginie Rebetez symbolisent les défunts évoqués dans les podcasts.
Voir et entendre la mort
Les deux projets de recherche, Necropolis et No Lonely Deaths, sur lesquelles s’appuient l’exposition, les podcasts, ainsi que les lieux et prochaines dates auxquelles l’installation sera visible sont consultables sur https://www.tellingdeath.ch/
Les trois mages (Paul Martone) Les trois mages comptent parmi les personnages les plus connus du temps de Noël et continuent de fasciner par leur origine mystérieuse et la riche tradition qui s’est développée autour d’eux. Examinons ce que la Bible dit réellement des mages venus d’Orient et ce que la tradition chrétienne a ajouté au fil des siècles. Leur histoire garde aussi toute son actualité : celui qui cherche le Christ doit être prêt à se mettre en route et à se laisser conduire par lui sur des chemins nouveaux.
Février
L’Arche d’Alliance (Pierre Guillemin) Au-delà de l’imagerie populaire véhiculée par Hollywood, que peut-on réellement dire de l’Arche d’Alliance ? Que contenait-elle ? A quoi servait-elle dans l’ancien Israël ? A-t-elle existé telle que la Bible la décrit et, surtout, quand disparaît-elle des récits et de l’histoire ? Le christianisme lui donnera aussi une portée symbolique nouvelle : pourquoi devient-elle si importante dans la lecture chrétienne de la Bible, et comment Marie en vient-elle à être présentée, dans la tradition, comme la « nouvelle Arche d’Alliance » ?
Mars
L’isolement dans nos communautés (Véronique Benz) L’isolement est devenu un vrai problème de santé publique. Toutes les catégories de la population sont touchées, tant les personnes
âgées que les jeunes. Au-delà du problème sociétal, l’isolement pose aussi une question à nos communautés : est-ce que nous remarquons encore qu’une personne ne vient plus ? Qui prend de ses nouvelles ? Quelle place réelle faisons-nous à celles et ceux qui restent en marge ? Nos communautés savent-elles encore remarquer une absence, franchir un seuil et maintenir un lien dans la durée ?
Avril
Quand la Bible n’existait pas (Nicolas Maury) La Bible n’est pas tombée du ciel reliée en un seul volume. Sa constitution s’étend sur près de mille ans : récits transmis, écrits, repris, complétés puis rassemblés en cette bibliothèque d’une septantaine de livres. Les premiers chrétiens, eux, n’avaient pas encore de Nouveau Testament : ils lisaient les Ecritures juives, recevaient les lettres de Paul et virent peu à peu apparaître les évangiles. Il faudra plusieurs siècles pour stabiliser l’ensemble.
Comment croire, célébrer et transmettre la foi quand tout n’est pas encore « en place » ?
Mai
Le prière, forme d’intelligence (Myriam Bettens) La prière reste une des formes les plus traditionnelles de piété, peut-être même la pratique religieuse par excellence. Elle nous
ramène au sens étymologique du mot religion, c’est-à-dire celui de « relier ». Mais que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous prions ? Peut-on mesurer les effets de cette pratique sur notre esprit, nos émotions, voire nos connexions cérébrales ?
Juin
La transmission de la foi à l’ère de l’IA (Pascal Ortelli) L’intelligence artificielle bouleverse notre manière d’accéder au
savoir religieux : aujourd’hui, elle peut expliquer certains aspects de la foi, commenter la Bible ou répondre à des questions spirituelles. Mais transmettre la foi, est-ce seulement une affaire de connaissances ? A l’heure des robots « confesseurs », de CatéGPT et de Magnifica Humanitas, la dernière encyclique du Pape, l’Eglise est poussée à repenser la manière de transmettre la foi, entre nouveaux outils d’évangélisation et nécessaire rencontre humaine.
Juillet-août
La course aux miracles (Calixte Dubosson) «Dans les évangiles, il est souvent question des miracles de Jésus. Ils sont nombreux : guérison d’un lépreux, d’un aveugle-né, de l’homme à la main paralysée, etc. Aujourd’hui, les miracles – qui sont des événements extraordinaires et inexplicables par la science et que l’on attribue à une intervention surnaturelle – ne courent pas les rues comme au temps de Jésus. Certains affirment pourtant qu’il
y en a toujours mais personnellement, je n’en jamais été le témoin. Affabulation, vision, manipulation ou vérité ? Un ajustement s’avère
indispensable.
Septembre
Jeux dans la catéchèse – La théologie ludique (Thierry Schelling) Jésus a-t-il joué et si oui, à quels jeux ? Entouré d’enfants, il les a laissés venir à lui, et jouer ensemble a dû être un moyen pour les… évangéliser. Aujourd’hui, depuis que la catéchèse a pris en compte le développement psychologique de l’être humain, le jeu a sa place dans l’enseignement de la foi tout autant que pour l’expérience de faire communauté autour d’un but : gagner. Ou du moins participer. Et ce, de 1 à 100 ans !
Octobre
La place des laïcs dans la liturgie (Pascal Ortelli) IEn 2021, le pape François a permis que les ministères institués
du lectorat et de l’acolytat puissent être confiés de manière stable aux laïcs, hommes ou femmes, et a institué le ministère laïc de catéchiste, corroborant une pratique déjà bien répandue dans nos diocèses. A l’aune des derniers développements synodaux, quelles nouvelles places un laïc, au nom de son baptême, peut-il occuper dans la liturgie et comment cela se vit-il en Suisse romande ?
Novembre
Purgatoire, enfer, paradis: sortir des clichés (Nicolas Maury) Des flammes pour l’enfer, des nuages pour le paradis et le purgatoire comme une salle d’attente : notre imaginaire chrétien est tenace. Mais est-ce vraiment ce que croit l’Eglise ? La théologie
catholique invite à dépasser ces représentations. Le paradis désigne la communion avec Dieu ; le purgatoire, une ultime purification ; l’enfer, la possibilité radicale de refuser cette communion. Que reste-t-il alors de nos images traditionnelles ? Et que peut-on réellement dire de « l’après » sans prétendre décrire ce que personne n’a vu ?
Décembre
Au-delà de la messe (Paul Martone) Si l’Eucharistie est certes la source et le sommet de la vie chrétienne, il existe toutefois d’autres formes liturgiques et possibilités d’organisation qui peuvent également aider les fidèles à progresser sur leur chemin vers Dieu. Le point sur plusieurs d’entre elles.
Rubriques 2027
Les rubriques constituent le fil conducteur de chaque magazine. Voici celles que la Rédaction romande vous propose en 2027.
➤ sous la plume de Paul Martone
Allô Docteur – En nommant John Henry Newman docteur de l’Eglise, le pape Léon XIV a remis ces pilliers de l’Eglise au centre des préoccupations des fidèles. Mais qui sont les docteurs de l’Eglise et comment s’appellent-ils? Qu’ont-ils enseigné et quelle est leur importance pour les fidèles d’aujourd’hui?
Cette nouvelle rubrique prend la place de « Au fil de l’art religieux ».
En 2026, pleins feus sur les docteurs de l’Eglise
Magazine au format B5
Pages
Rubrique
Auteur
1
Edito
Tournus de la rédaction
2-5
Eclairage
Tournus de la rédaction
6
Ce qu’en dit la Bible
François-Xavier Amherdt
7
Les Papes ont dit
Thierry Schelling
8
Carte blanche diocésaine
Tournus externe
9
Jeunes, humour et mot de la Bible
M.-C. Follonier Véronique Benz Calixte Dubosson
10-11
Small Talk
Myriam Bettens
12
Allô Docteur
Paul Martone
13
Merveilleusement scientifique
Pierre Guillemin
14-15
Ecclésioscope
Véronique Benz
16
En librairie
Calixte Dubosson
Magazine au format A4
Pages
Rubrique
Auteur
1
Edito
Tournus de la rédaction
2-3
Eclairage
Tournus de la rédaction
4
Ce qu’en dit la Bible
François-Xavier Amherdt
4
Les Papes ont dit
Thierry Schelling
5
Allô Docteur
Paul Martone
6
Small Talk
Myriam Bettens
7
Merveilleusement scientifique
Pierre Guillemin
7
Carte blanche diocésaine
Tournus externe
8
Ecclésioscope
Véronique Benz
Pour les journaux A4, la possibilité existe de reprendre librement les rubriques des magazines B5 qui ne sont pas contenues dans le Cahier romand: Jeunes, humour et mot de la Bible, et En librairie.
Que signifie la demande du Notre Père: «Ne nous laisse pas entrer en tentation»?
Que signifie la demande du Notre Père: «Ne nous laisse pas entrer en tentation»?
Dans son livre Jésus de Nazareth, Benoît XVI distingue l’épreuve de la tentation.
Par Paul Martone | Photos: Unsplash, DR
Jusqu’à il y a quelques années, nous priions dans le Notre Père : « Et ne nous soumets pas à la tentation. »
En 2017, le pape François a estimé que cette traduction n’était pas satisfaisante. Selon lui, ce n’est pas Dieu qui pousse l’être humain à la tentation : « Un père ne fait pas cela ; un père aide aussitôt son enfant à se relever. » Dans plusieurs langues, cette demande a depuis été reformulée et se lit désormais : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation. » Dans les pays germanophones, en revanche, les évêques allemands s’en tiennent à la traduction traditionnelle, car celle-ci est, selon eux, plus précise tant sur le plan théologique que linguistique.
Une traduction imparfaite
Il est important de bien comprendre le propos du Pape, car cette phrase prête effectivement à confusion. Il s’agit toutefois de la traduction littérale, qui correspond au texte que le Vatican lui-même a promulgué comme norme, la Nova Vulgata.
Quelle version correspond à l’intention de Jésus ? Dieu nous soumet-il vraiment à la tentation ?
Il ne s’agit nullement de dire que Dieu voudrait nous pousser à faire le mal. « Que personne, devant la tentation, ne dise : C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut pas être tenté par le mal et il ne tente lui-même personne. » (Jc 1, 13) Dieu veut, au contraire, nous en délivrer. Nous lui demandons de ne pas nous laisser emprunter le chemin qui conduit au péché. Nous sommes engagés dans un combat « entre la chair et l’Esprit ». C’est pourquoi cette demande du Notre Père implore l’Esprit de discernement et de force (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC), n° 2846).
Le théologien juif Pinchas Lapide a fait remarquer que le problème disparaît presque entièrement lorsqu’on retraduit cette phrase en hébreu. Le verbe hébreu הביא correspondant peut signifier non seulement « conduire » ou « amener », mais aussi « laisser venir » ou « laisser entrer ». C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il est encore employé aujourd’hui dans les synagogues, par exemple dans la prière du soir : « Ne me laisse pas tomber sous le pouvoir du péché, ni sous celui de la faute, ni sous celui de la tentation. »
Si Jésus a utilisé ce verbe, il ne pouvait vouloir dire qu’une chose : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation ! » La formulation « Ne nous soumets pas à la tentation » pourrait donc provenir du fait que le traducteur grec a simplement retenu le sens le plus courant du terme hébreu.
Les diverses formes de la tentation
Saint Augustin porte un regard positif sur la tentation lorsqu’il écrit : « Celui qui n’est pas tenté n’est pas éprouvé ; celui qui n’est pas éprouvé ne progresse pas. » (Youcat, n° 525)
Cependant, personne ne devrait s’exposer volontairement et avec naïveté au danger de la tentation. Le Catéchisme distingue clairement entre « être tenté » et « consentir à la tentation » (CEC, n° 2847).
Jusqu’à notre dernier souffle, notre existence demeure un combat contre des tentations qui prennent des formes très diverses. Il y a la tentation de l’orgueil. Il y a la tentation de nuire ou de détruire la réputation d’autrui par des paroles mensongères ou des rumeurs. Il existe des tentations d’ordre sexuel, aujourd’hui omniprésentes. D’autres concernent des réalités plus profondes, susceptibles de détruire durablement la personne : la tentation d’amasser des richesses de manière insatiable, quitte à écraser les autres pour parvenir à ses fins. Enfin, il y a la tentation originelle : vouloir être comme Dieu.
Une décision du cœur
Parce que l’être humain est libre, il peut être tenté ; il lui appartient alors d’assumer cette liberté avec responsabilité. Pour résister à la tentation, une décision du cœur est nécessaire, car c’est dans le cœur que résident le bien et le mal. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur… Nul ne peut servir deux maîtres. » (Mt 6, 21-24)
Par le baptême et la confirmation, nous avons reçu l’Esprit Saint. C’est lui que nous voulons suivre et dont nous désirons vivre.
Dieu ne permettra pas que nous soyons soumis à des tentations dépassant nos forces : « Dieu est fidèle et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Au moment de la tentation, il préparera le moyen d’en sortir pour que vous puissiez y résister. » (1 Co 10, 13)
Pourquoi existe-t-il des tentations ?
Pourquoi Dieu permet-il que nous soyons confrontés à la tentation ?
Dans le premier volume de son ouvrage Jésus de Nazareth, le pape Benoît XVI distingue l’épreuve de la tentation : « Pour parvenir à la maturité, pour passer d’une piété superficielle à une communion toujours plus profonde avec la volonté de Dieu, l’homme a besoin de l’épreuve. De même que le jus du raisin doit fermenter pour devenir un vin noble, l’homme a besoin de purifications et de transformations. Elles comportent un risque : celui de la chute. Mais elles constituent les chemins indispensables pour parvenir à soi-même et à Dieu. L’amour est toujours un processus de purification, de renoncement et de transformation douloureuse de soi ; c’est ainsi qu’il devient le chemin de la maturité. » (Jésus de Nazareth, t. I, p. 197)
Il est cependant réconfortant de savoir que Dieu ne concède au mal qu’un pouvoir limité. Nous ne sommes donc jamais abandonnés sans défense.
Que faire ?
Jésus lui-même a vaincu le tentateur dans le désert. Plus tard, au jardin des Oliviers, il a également affronté son angoisse mortelle dans la prière.
Si Jésus, le Fils de Dieu, a trouvé dans la prière la force de lutter contre la tentation, il nous montre clairement le chemin à suivre. La prière est le meilleur moyen de combattre la tentation.
L’histoire de l’Eglise en offre d’innombrables exemples. Beaucoup de saints ont traversé de grandes épreuves et connu de profondes tentations. Même lorsqu’ils étaient plongés dans les plus grandes obscurités de la foi, ils sont restés fidèles à la prière, jusqu’au jour où la lumière de Dieu est de nouveau apparue au terme de leur nuit.
Il en va de même pour nous : il est essentiel de demeurer fidèles à la prière, même lorsqu’elle devient difficile.
Le pape Benoît XVI a souligné lui aussi l’importance de cette fidélité. A propos de la sixième demande du Notre Père, il écrit : « En disant à Dieu : « Ne nous laisse pas entrer en tentation », nous lui disons en réalité : « Je sais que les épreuves me sont nécessaires pour que mon être soit purifié. Si tu permets ces épreuves, si, comme pour Job, tu accordes au Malin une certaine liberté, alors souviens-toi, je t’en prie, de la limite de mes forces. N’aie pas trop confiance en moi. Ne repousse pas trop loin les frontières dans lesquelles je peux être tenté. Et lorsque cela devient trop lourd pour moi, demeure proche de moi par ta main protectrice. » » (Jésus de Nazareth, t. I, p. 198)
Dieu demeure le Mystère, le Tout-Autre. La prière qu’il nous a donnée et l’image de Dieu qu’elle exprime demandent toujours à être expliquées. Mais cette tâche incombe à la catéchèse et à la prédication.
A Bucarest en 2019, le pape François a commenté le Notre Père devant les orthodoxes. Il développe une lecture montrant que la tentation consiste notamment à se détourner des autres. La prière est le chemin qui permet de résister à la tentation.
C’est par notre désordre intérieur que nous sommes tentés, pas par le Seigneur. « Que nul, s’il est éprouvé, ne dise : "C’est Dieu qui m’éprouve." Dieu ne tente personne, chacun est éprouvé par sa propre convoitise qui l’attire et le leurre. » (Jacques 1, 13-14)
A Massa et à Mériba, la nation sainte avait mis le Très-Haut au défi pour savoir si oui ou non, il se maintiendrait au milieu des siens et répondrait à leurs revendications en leur attribuant de l’eau.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR
C’est par notre désordre intérieur que nous sommes tentés, pas par le Seigneur. « Que nul, s’il est éprouvé, ne dise : « C’est Dieu qui m’éprouve. » Dieu ne tente personne, chacun est éprouvé par sa propre convoitise qui l’attire et le leurre. » (Jacques 1, 13-14) Le désir humain centré sur lui-même agit comme une force d’engendrement qui conçoit la rupture avec Dieu et le péché parvenu lui-même à son terme enfante en nous la mort (Jacques 1, 15).
Si nous nous laissons libérer du mal et nous nous attachons à Dieu, nous fructifierons pour la sainteté, c’est-à-dire pour la relation d’amitié avec le Seigneur et, finalement, nous entrerons dans la plénitude de la vie éternelle. « Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais dans le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Romains 6, 23)
C’est toujours l’homme qui tente Dieu, ainsi que le peuple d’Israël l’avait fait à Massa et à Mériba dans la traversée du désert. La nation sainte avait mis le Très-Haut au défi pour savoir si oui ou non, il se maintiendrait au milieu des siens et répondrait à leurs revendications en leur attribuant de l’eau (Exode 17, 1-7).
L’être humain se détourne de Dieu et manque cruellement de confiance en son Sauveur. Il se met à le provoquer pour tester la fiabilité divine à l’aune de ses désirs déviés. Alors que Dieu ne saurait vouloir le mal ! Dans le Notre Père, nous demandons au Père de ne pas nous laisser entrer en tentation, de ne pas tomber dans le péché et de nous délivrer du mal. Pour nous remettre la récompense de sa présence : Heureux l’homme qui supporte l’épreuve ! Sa valeur une fois reconnue, il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment (Jacques 1, 12).
Heureusement, Dieu reste fidèle : en fin de compte, aucune tentation à laquelle nous succombons ne dépasse la mesure humaine. Jamais il ne permet que nous soyons tentés au-delà de nos possibilités. Et quand nous tombons dans la séduction du mal, il nous octroie la force d’en sortir (1 Corinthiens 10, 12-13). A l’exemple du Fils qui a résisté aux traquenards du Diabolos (Matthieu 4, 1-11 et parallèles).
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