Restaurer les entrailles

L’école des femmes propose des rencontres en ligne pour ouvrir un chemin de restauration profonde. Traumatismes, agressions sexuelles, pertes de grossesse… Dieu veut guérir et relever les femmes afin de les rendre fortes, libres et enracinées. Plus de mille deux cents participantes ont déjà répondu à l’appel. Le besoin est grand et Sandra Dubi, la fondatrice de ce mouvement, l’a bien senti.
Sandra Dubi et son mari Julien sont pasteurs et parents de six garçons.

L’école des femmes propose des rencontres en ligne pour ouvrir un chemin de restauration profonde. Traumatismes, agressions sexuelles, pertes de grossesse… Dieu veut guérir et relever les femmes afin de les rendre fortes, libres et enracinées. Plus de mille deux cents participantes ont déjà répondu à l’appel. Le besoin est grand et Sandra Dubi, la fondatrice de ce mouvement, l’a bien senti.

Elle propose des podcasts sur des thématiques liées à son ministère lors desquels elle reçoit un invité.

Par Myriam Bettens
Photos : DR

En quoi consistent les rencontres que vous proposez ?
C’est un programme structuré sur six mois, de janvier à juin, comprenant six soirées thématiques sur Zoom. L’objectif est d’aider les femmes à « se lever » pour devenir celles que Dieu désire. Pour ce faire, nous les encourageons à s’engager activement dans l’appel [ndlr. la vocation] qu’Il a déposé sur leur cœur et à cultiver leur foi chrétienne au quotidien. Dieu m’a montré que, pour qu’une femme se lève, il faut travailler à la guérison de ses entrailles. 

Qu’est-ce que la « guérison des entrailles » ?
Les entrailles sont le « lieu très saint » du corps de la femme, là où Dieu dépose la vie. Le ministère se concentre donc sur la guérison des traumatismes qui affectent cette sphère : les pertes de grossesse (avortements, fausses couches, décès d’enfants en bas âge) et les agressions sexuelles. Lorsque les femmes permettent à Jésus de guérir ces blessures profondes, leur « levée » devient inévitable. Elles s’engagent alors pour leur couple, leurs enfants et souvent d’autres causes que Dieu leur met à cœur. 

Six cents inscriptions la première année, puis mille deux cents la deuxième. Un tel succès montre, en filigrane, que le besoin est grand…
Pour changer la vie des gens, il faut atteindre leurs profondeurs en osant traiter ces secrets douloureux avec discernement et de manière non jugeante. Par exemple, en parlant des pertes de grossesse en général plutôt que de stigmatiser l’avortement, cela libère les femmes de la honte et leur permet d’entamer un processus de guérison. En abordant les sujets qui « ouvrent les entrailles », on ne peut pas faire l’impasse sur une aide sérieuse par le biais de toute la batterie thérapeutique, en collaboration avec la puissance du Saint-Esprit.

… mais qu’il n’est pas entendu…
Non, car nous vivons dans un déni sociétal collectif. La perte de grossesse, volontaire ou non, n’est pas un problème. Quant aux agressions sexuelles, il ne suffit pas de dénoncer, cela implique aussi d’apporter aux femmes l’aide nécessaire pour se relever. Je crois sincèrement que dans ces domaines-là, l’Eglise peut faire la différence et j’ai vraiment à cœur d’outiller les Eglises dans ce ministère. Mais on ne va pas dire qu’elles courent toutes à ma porte. Il est plus facile de parler des choses qui ne dérangent pas trop.

De quelle manière la guérison permet-elle aux femmes d’entrer dans leur appel ?
La philosophie de ce ministère pourrait se résumer par le slogan : « Dieu veut faire de ta misère ton ministère. » Souvent, la guérison personnelle est le prélude à la mission. Les femmes ayant traversé des épreuves deviennent les mieux placées pour en aider d’autres vivant des situations similaires. Elles transforment leur propre douleur (perte d’un enfant, avortement, agression) en une « vengeance » vertueuse contre l’Ennemi. Et pour moi, cette « vengeance de l’Eternel », décrite dans Esaïe 61, consiste à apporter guérison, délivrance et restauration.

Sandra Dubi se déplace beaucoup pour donner des conférences à travers le monde. Celles-ci sont souvent traduites en plusieurs langues.

Le « réveil » des femmes

L’école des femmes s’organise autour des soirées Zoom thématiques, conçues comme des « émissions télé » (tables rondes, invités, temps de prière). Les participantes ont aussi accès à d’autres ressources, dont un parcours de guérison en ligne et des podcasts sur des sujets non traités lors des soirées. Des suivis de groupe en présentiel sont proposés deux fois par an, mais ils sont pris d’assaut. Une version en ligne (quatre soirées) a donc été développée. Le dispositif est complété par une conférence annuelle en présentiel pour toute la famille et par une cinquantaine de groupes WhatsApp locaux, permettant aux femmes de se retrouver géographiquement. Une nouvelle session de L’école des femmes débutera en janvier 2027. Les autres ressources et formations sont disponibles sur esaie61.fr

Bio express

Sandra Dubi est née en Suisse en 1973, dans une famille catholique traditionnelle. Touchée par Jésus lors de sa première communion, il vient à nouveau frapper à sa porte alors qu’elle mène une carrière effrénée de mannequin chez Elite. Elle quitte cette vie de paillettes pour le suivre, se marie avec Julien, termine des études en psychologie à l’Université de Lausanne et, avec lui, ils accueillent six garçons. Aujourd’hui, ils sont pasteurs au Gospel Center d’Annecy.

Athanase le Grand

Athanase est né vers 295 à Alexandrie, en Egypte. Enfant, il a vécu les persécutions sanglantes des chrétiens sous l’empereur Dioclétien, qui l’ont rendu dur et intransigeant.
Saint Athanase, cathédrale Sant’Agata de Catane.

Par Paul Martone | Photo : DR

Athanase est né vers 295 à Alexandrie, en Egypte. Enfant, il a vécu les persécutions sanglantes des chrétiens sous l’empereur Dioclétien, qui l’ont rendu dur et intransigeant. 

Il reçut une éducation classique dans sa jeunesse et devint diacre et secrétaire de son évêque Alexandre d’Alexandrie. En 325, il participa en tant qu’expert au concile de Nicée, qui reste encore aujourd’hui fondamental pour le développement de la théologie chrétienne. Après la mort de l’évêque Alexandre, Athanase lui succéda en 328 et occupa cette fonction pendant presque 50 ans. Cependant, en raison de son opposition farouche à l’arianisme, il se heurta rapidement à des difficultés ecclésiastiques et politiques, car d’innombrables évêques, ainsi que l’empereur, adhéraient à la doctrine hérétique des Ariens. 

Aucun compromis

Ceux-ci croyaient que Jésus n’était qu’une créature, tandis que le concile de Nicée affirmait la consubstantialité du Christ, Fils de Dieu, avec le Père. Athanase, qui ne faisait aucun compromis en matière de foi, fut donc plusieurs fois destitué de sa fonction d’évêque, chassé et exilé. 

Au total, il passa 17 ans en exil, dont une partie à Constantinople (aujourd’hui Istanbul) et à Trèves, puis à Rome et enfin dans la clandestinité à Alexandrie. Son dernier exil, décrété par l’empereur Valens en 365, dut finalement être levé suite aux protestations de la population. De 366 à 373, Athanase put exercer librement son patriarcat. Il mourut le 2 mai 373 à Alexandrie.

Athanase a rédigé une multitude d’écrits, de nombreuses lettres et des ouvrages sur l’interprétation de la Bible. Ses écrits sur l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ ainsi que sur l’unité et l’égalité du Père et du Fils, ont marqué la théologie jusqu’à aujourd’hui. Sa biographie sur la vie de saint Antoine d’Egypte, écrite vers 370, est considérée comme un projet programmatique du monachisme et a largement contribué à sa diffusion. 

Son destin et sa fermeté face aux interventions impériales et aux hérétiques ont fait de lui un héros du monde catholique de son époque. Sa grande influence sur la théologie ultérieure s’exprime dans des qualificatifs tels que « pilier de l’Eglise » et « père de l’orthodoxie ». Le pape Pie V l’a nommé docteur de l’Eglise en 1568. Il est aujourd’hui vénéré dans toutes les Eglises chrétiennes et occupe une place de premier plan parmi les docteurs de l’Eglise. Il est invoqué en cas de maux de tête.

Sa fête est célébrée le 2 mai.

Citations d’Athanase

« Dieu est devenu ce que nous sommes afin de pouvoir nous rendre ce qu’il est. »

« Le Christ ressuscité fait de la vie des hommes une fête ininterrompue de la foi. »

« Pour les justes, il n’y a pas de mort, mais seulement un passage. »

L’hydrogène

L’eau est très présente dans les Evangiles. Elle apparaît dans des épisodes clés de la vie de Jésus et porte une forte charge théologique, liée à la vie, à la purification, à la foi et à la transformation spirituelle.
L’Hippomobile d’Etienne Lenoir se déplaçait avec un moteur à hydrogène.
François Isaac de Rivaz.

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

L’eau est très présente dans les Evangiles. Elle apparaît dans des épisodes clés de la vie de Jésus et porte une forte charge théologique, liée à la vie, à la purification, à la foi et à la transformation spirituelle.

Du point de vue chimique, l’eau est composée de deux atomes d’hydrogène pour un atome d’oxygène. C’est pourquoi, en réalisant une combustion de l’hydrogène, la réaction chimique produit une molécule d’eau en associant hydrogène et oxygène. Le résultat est extrêmement séduisant, car non polluant (production de vapeur d’eau).

Cependant, l’utilisation de l’hydrogène comporte de nombreux risques limitant son exploitation comme carburant :

Inflammabilité et explosion : la principale menace est l’incendie ou l’explosion en cas de fuite et de confinement. La flamme d’hydrogène est quasiment invisible en plein jour.

Fuites et perméation : molécule très petite, l’hydrogène s’échappe plus facilement que les combustibles fossiles, notamment à travers certains matériaux (perméation).

Stockage haute pression : utilisé sous haute pression (généralement 700 bars pour les véhicules) ou en forme cryogénique (-253 °C), ce qui impose des réservoirs renforcés et des précautions extrêmes pour éviter les ruptures et les brûlures froides.

Risque acoustique : une fuite à haute pression (200 bars) peut générer un bruit dépassant les 140 décibels. 

Technologiquement, on ne peut pas considérer que le moteur à hydrogène soit particulièrement révolutionnaire… Les premières expériences dans le domaine remontent au début du XIXe siècle. En 1806, François Isaac de Rivaz a conçu le premier moteur à combustion interne, fonctionnant avec un mélange hydrogène/oxygène. L’Hippomobile (1883) d’Etienne Lenoir se déplaçait avec un moteur à hydrogène.

De nos jours, la filière hydrogène est vue comme une excellente solution pour les véhicules lourds (camions, trains) qui sont plus à même de sécuriser le processus de gestion des risques tout en réduisant considérablement le niveau de pollution généré. Citons le fabricant suisse Stadler Rail qui est à la pointe de la technologie avec son train à hydrogène, le FLIRT H2, qui a établi un record du monde en parcourant 2 803 km sans ravitaillement. De même, de grands distributeurs suisses intègrent des camions à hydrogène dans leurs flottes logistiques pour réduire leurs émissions de CO2.

L’eau, c’est la vie et c’est aussi une source d’énergie remarquable grâce à ses composants hydrogène et oxygène.

La réponse à un appel

Elle est toujours aussi souriante et avenante. J’éprouve une grande joie à revoir Karin Hämmerli. Nous nous connaissons depuis fort longtemps. Nous nous sommes croisées pour la première fois lors d’un pèlerinage avec les jeunes à Lourdes en 1995 ! Rencontre avec une femme très investie au sein de son unité pastorale (UP) de Notre-Dame de La Brillaz, dans le canton de Fribourg.

Elle est toujours aussi souriante et avenante. J’éprouve une grande joie à revoir Karin Hämmerli. Nous nous connaissons depuis fort longtemps. Nous nous sommes croisées pour la première fois lors d’un pèlerinage avec les jeunes à Lourdes en 1995 ! Rencontre avec une femme très investie au sein de son unité pastorale (UP) de Notre-Dame de La Brillaz, dans le canton de Fribourg.

Karin Hämmerli est infirmière de formation. Elle a débuté son engagement en répondant à un appel. « La cousine de Bruno (ndlr. son compagnon) est venue me voir en me disant que l’unité pastorale cherchait des catéchistes. J’ai d’abord travaillé en binôme avec une ancienne catéchiste, puis je me suis lancée toute seule avec une classe de 3H. Actuellement, j’ai quatre heures de catéchèse par semaine. Par la suite, je me suis mise au service du parcours de préparation à la première communion. Cette année, je suis responsable du nouveau parcours de préparation au sacrement de la réconciliation. »

Depuis peu, Karin Hämmerli est  engagée à 20 % pour le catéchuménat dans son UP. Elle est membre du Conseil de communauté et s’occupe des servants de messe. Depuis 2023, elle siège également au Conseil de paroisse de Cottens, sa commune de domicile.

Karin donne généreusement de son temps pour l’Eglise, mais également pour la société comme assistante parentale pour Famiya. 

Pour elle, c’est un vrai bonheur de rencontrer des enfants et de voir leur désir d’apprendre à connaître Jésus. « Les enfants sont généralement très motivés et très curieux. Souvent ils nous disent qu’ils ne peuvent pas venir à la messe parce qu’ils n’ont pas le temps. Dans la société actuelle, les familles et les enfants font tous énormément d’activités. Pourtant, 60 minutes sur une semaine qui en compte plus de dix mille, ce n’est pas grand-chose ! »

Pour devenir catéchiste, Karin Hämmerli a suivi le parcours Galilée puis la formation Emmaüs. « Ce furent des moments très enrichissants tant au niveau du contenu que des rencontres que j’ai faites. »

Le quotidien de Karin Hämmerli est fait de multiples entrevues avec des enfants, des adultes ou des personnes âgées. Dans son engagement ecclésial, elle retrouve le côté social de son métier d’infirmière et c’est ce qui la motive. Son sourire est le reflet d’une joie profonde, une joie qui va à la
rencontre de l’autre pour être partagée.

Karin avec les enfants lors de leur entrée en catéchuménat.

Un souvenir marquant de votre enfance ?

Le pèlerinage à Lourdes, en 1995, avec mon frère, un copain et une copine. J’avais 16 ans, j’ai rencontré le groupe des jeunes de Lourdes. C’est un souvenir mémorable.

Votre moment préféré de la journée ou de la semaine ?

Je n’ai pas de jour ou d’heure préféré dans la journée. Mais dès que les beaux jours sont là, je sors ma moto et je m’en vais là où la route me mène. C’est une passion que je partageais avec mon papa et qui continue actuellement avec mon compagnon et mes enfants. 

Votre principal trait de caractère ?

La générosité et le fait d’être toujours souriante.

Un livre que vous aimez particulièrement ?

J’aime beaucoup les livres d’Eric-Emmanuel Schmitt. Je citerai également celui d’une amie : L’invisible de Danielle Dousse. 

Une personne qui vous inspire ?

Mes grands-mères ont été pour moi des modèles. Je me souviens aussi des années de MADEP, avec notre accompagnateur Frère Charles et Solange qui jouait de la guitare et chantait.

Votre citation préférée ?

J’aime particulièrement cette phrase de Mère Teresa : « Nous savons bien que notre action n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais sans notre action, cette goutte manquerait. »

Karine Hämmerli

• Karin Hämmerli habite Cottens. En couple avec Bruno depuis près de 30 ans, elle est maman de trois grands garçons qui ont 16, 18 et 20 ans. 

• Infirmière de formation, elle a arrêté son métier après la naissance de son troisième enfant. Elle est assistante parentale pour Famiya, l’Association d’accueil familial de jour de la Sarine.

• Elle est catéchiste et depuis peu, elle est engagée pour le catéchuménat des adultes en lien avec la Région diocésaine Fribourg francophone. 

• A l’automne 2026, Karin reprendra la responsabilité du parcours de confirmation sur l’UP Notre-Dame de La Brillaz et augmentera son pourcentage de travail à 50 %.

En librairie – mai 2026

A 53 ans, Valérie Mazeau entame son itinéraire de catéchumène en lisant les Evangiles. Elle y découvre le Christ. Pour elle, c’est une révélation, une déflagration en plein cœur.

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Cheminer vers la Lumière
Valérie Mazeau

A 53 ans, Valérie Mazeau entame son itinéraire de catéchumène en lisant les Evangiles. Elle y découvre le Christ. Pour elle, c’est une révélation, une déflagration en plein cœur. Une expérience intime qu’elle restitue avec beaucoup de sensibilité et d’allégresse, heureuse de partager cette aventure qui a bouleversé sa vie. Ce livre retrace son cheminement spirituel commencé à l’adolescence, alors qu’elle cherchait Dieu à travers les récits chrétiens et les lieux sacrés.

Editions Salvator

Acheter pour 27.60 CHF

La vie de Jésus commentée par le pape François
Andrea Tornielli

Qui est Jésus ? Que savons-nous de lui, de sa vie, de sa mort ? Qu’en disent les évangiles ? De Bethléem à Jérusalem en passant par le sermon sur la montagne, la résurrection de Lazare et la trahison de Judas, cet ouvrage sans précédent nous fait vivre page après page dans l’intimité, la destinée et l’épopée de celui qui a changé l’histoire de l’humanité. Une vie de Jésus accessible, lumineuse, magistrale. Un superbe récit. Une aventure exceptionnelle. Un livre événement.

Editions Cerf

Acheter pour 16.40 CHF

Le Messie
Marie-Noëlle Thabut

A la question « Quelle est la différence entre les juifs et les chrétiens ? », la réponse est apparemment simple : les juifs attendent encore le Messie, les chrétiens l’ont trouvé : c’est Jésus de Nazareth ; d’ailleurs, ils l’appellent publiquement « Jésus Christ », qui veut dire « Jésus le Messie ». Mais est-ce si évident ? La Bible évoque en effet la figure du Messie en termes qu’il convient d’éclairer. Quelles étaient les attentes des hommes de la Bible ? A partir de quand et de quelle manière ont-ils commencé à parler d’un Messie ? Pourquoi les chrétiens ont-ils identifié Jésus de Nazareth avec le Messie qu’ils attendaient ?

Editions Desclée De Brouwer

Acheter pour 12.30 CHF

La belle histoire de Jésus
Maïté Roche

De l’Annonciation à la Pentecôte, ce très beau livre raconte l’histoire merveilleuse du Christ à partir des principaux épisodes des évangiles. Tout le talent et l’expérience de Maïte Roche pour raconter l’Evangile aux enfants avec des mots et des illustrations qui savent toucher les cœurs. Un livre indispensable pour mieux connaître Jésus, au plus près des textes des Evangiles. A partir de trois ans.

Editions Mame

Acheter pour 26.10 CHF

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Qui est Jésus pour moi

Dans la prière du Notre Père… ne dit–on pas… Notre Père ? Ne sommes-nous pas tous frères et sœurs en Christ ? Donc, Jésus est mon frère, votre frère… aurais-je aimé avoir un frère, moi qui n’ai eu qu’une sœur ?

Par Astrid Belperroud | Photo : DR

Dans la prière du Notre Père… ne dit–on pas… Notre Père ? Ne sommes-nous pas tous frères et sœurs en Christ ? Donc, Jésus est mon frère, votre frère… aurais-je aimé avoir un frère, moi qui n’ai eu qu’une sœur ? Je ne me suis jamais posé vraiment la question…mais ne dit-on pas que notre famille, on ne la choisit pas ? 

Jésus est avant tout mon ami, infaillible, que j’ai choisi. Pas à mon baptême, mes parents l’ont fait pour moi, mais à ma confirmation et à maintes reprises dans ma vie. Je lui renouvelle ma confiance chaque jour et je le rencontre dans le regard de chaque jeune que j’accompagne.

Il est ma tête pensante, mon intelligence, il est des oreilles qui m’écoutent, il est la bouche qui me nourrit par sa Parole, il est ce regard qui me rend unique, il est cette épaule qui me console ; ses bras et ses jambes sont là pour me porter et me supporter quand je n’en peux plus, et il est ses pieds qui marchent pour moi quand alors je me repose dans ses bras.

Il est mon bâton de pèlerin qui m’invite chaque matin à me mettre debout physiquement et ou mentalement et qui me murmure de l’imiter pour à mon tour me mettre au service de mes amis.

Le pape Léon XIV nous dit que, pour lui, le Christ est avant tout le « Roi de la paix », un sauveur apportant une paix désarmée, humble et universelle. Il est le centre de la vie, l’unique médiateur et rédempteur, et le visage de l’amour de Dieu pour les pauvres, exigeant des fidèles un engagement actif pour la justice et le pardon. Au lendemain de Pâques, la vie est jaillissante et nous rappelle que Christ est vivant ! A nous de poursuivre notre engagement pour que la paix advienne.

Qui est Jésus pour moi ? il est vivant en moi et par moi et pour chacun de nous. Gratitude.

Les 12 promesses au Sacré-Cœur

Saviez-vous que, chaque premier vendredi du mois, la communauté polonaise à Champel se réunit pour une messe, disons, spéciale : elle répond à la demande d’une Sainte française, Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), dévote de Paray-le-Monial, qui a expérimenté Dieu-charité au plus profond de son cœur.

Par Thierry Schelling
Photo : DR

Saviez-vous que, chaque premier vendredi du mois, la communauté polonaise à Champel se réunit pour une messe, disons, spéciale : elle répond à la demande d’une Sainte française, Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), dévote de Paray-le-Monial, qui a expérimenté Dieu-charité au plus profond de son cœur. Pour inviter les fidèles à Lui être tout dévoués à leur tour, en pratiquant la célébration de l’eucharistie le premier vendredi du mois. 

Et voici le résumé des promesses :

« Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état. Je mettrai la paix dans leur famille. Je les consolerai dans toutes leurs peines. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde. Les âmes tièdes deviendront ferventes. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection. Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, où il ne sera jamais effacé. »

A Puplinge, le 28 février dernier, la communauté locale a proposé, après la messe de 18h, de visionner le film documentaire sur la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus ; franc succès pour elle et les spectateurs ont appris et / ou découvert que Dieu appelle personnellement pour le bien de tous !

L’œcuménisme pas à pas

En cherchant comment parler d’œcuménisme à ses catéchumènes, l’abbé Thierry Schelling s’est dit que Genève, avec son patrimoine historique et religieux, serait un bon exemple en la matière. Il a donc organisé, mi-mars, une promenade guidée pour découvrir l’histoire de la Grande Eglise au travers des édifices religieux qui jalonnent la ville.
Une pause méritée contre un pan ensoleillé de la cathédrale Saint-Pierre.

En cherchant comment parler d’œcuménisme à ses catéchumènes, l’abbé Thierry Schelling s’est dit que Genève, avec son patrimoine historique et religieux, serait un bon exemple en la matière. Il a donc organisé, mi-mars, une promenade guidée pour découvrir l’histoire de la Grande Eglise au travers des édifices religieux qui jalonnent la ville.

Texte et photos par Myriam Bettens

« Je viens profiter des connaissances de Thierry [ndlr. Schelling]. Il est d’ailleurs bien trop modeste », glisse Joëlle avec un sourire. Elle-même guide pour l’antenne romande de l’association Eglises + Tourisme Suisse, elle est venue participer à la promenade guidée que propose régulièrement l’abbé Thierry Schelling à ses catéchumènes. Dans le cadre du parcours de catéchuménat, le responsable de la paroisse Saint-Joseph invite ses aspirants au baptême à expérimenter l’œcuménisme au travers d’édifices du patrimoine religieux genevois, témoins d’une longue histoire en la matière. Enzo, lui, y assiste pour la seconde fois. « Pour me rafraichir la mémoire », plaide-t-il, avec un haussement d’épaule, lorsque l’abbé le lui fait remarquer.

« Lors de la promenade, faites connaissance, discutez, échangez… Car « faire Eglise », c’est aussi cela », enjoint-il à la dizaine de participants réunis autour du bénitier de l’entrée de la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives. Symboliquement, six d’entre eux passeront bientôt de cet « espace de transition », le narthex – historiquement réservée aux catéchumènes et aux pénitents – à la nef – lieu du peuple rassemblé pour la célébration commune – lors de la prochaine Vigile pascale. Toutefois, Thierry Schelling souligne que « depuis le Concile Vatican II, cette séparation stricte est dépassée : l’Eglise se doit d’être ouverte sur le monde et à son service ».

Pour le guide, c’est pareil lorsqu’on parle d’œcuménisme : ni séparation ni uniformisation. L’idée d’une Eglise où toutes les confessions chrétiennes deviendraient identiques est « un idéal autrefois envisagé par Rome, mais aujourd’hui considéré comme irréalisable et même regrettable ». De même, l’histoire des Eglises (protestantes, catholiques, orthodoxes) « ont permis de développer des manières riches et variées de célébrer le Christ, sans pour autant être opposées ». L’orateur précise que le terme « les Eglises chrétiennes » désigne une multitude de familles et de branches et établit une distinction fondamentale entre « une église », au sens de communauté confessionnelle spécifique dans laquelle on entre par le baptême, et « l’Eglise », qui représente la communauté universelle de tous les chrétiens. Une double dimension essentielle pour comprendre son identité au sein de la foi chrétienne.

Après la visite de Saint-Joseph, la promenade s’est poursuivie en direction de l’église orthodoxe russe, par chance, ouverte en cette période de Grand Carême. Les participants ont pu prendre part à une partie de la célébration pour les défunts qui s’y déroulait. Le petit groupe s’est ensuite rendu chez les luthériens, puis à la cathédrale Saint-Pierre, pour enfin terminer l’excursion à la paroisse Saint-Germain, lieu de culte de la communauté catholique chrétienne. Loin de vouloir pousser ses futurs baptisés « à la concurrence », Thierry Schelling les a néanmoins exhortés à se rendre à une messe. D’une part, « vous ne remarquerez peut-être aucune différence entre leur célébration et la nôtre » et, d’autre part, « l’œcuménisme c’est aussi cela ».

Rencontrer Jésus aujourd’hui? Un chemin de transformation

Du 13 au 15 mars 2026, une mini-retraite a eu lieu à la paroisse Sainte-Thérèse. Elle avait pour thème de réflexion : « Rencontrer Jésus aujourd’hui ? Un chemin de transformation ».

Par le Père Gabriel Ghanoum | Photos : DR

Du 13 au 15 mars 2026, une mini-retraite a eu lieu à la paroisse Sainte-Thérèse. Elle avait pour thème de réflexion : « Rencontrer Jésus aujourd’hui ? Un chemin de transformation ». Parmi les nombreuses rencontres de Jésus rapportées dans l’évangile, deux d’entre elles éclairent particulièrement la manière dont Jésus rencontre les personnes et le chemin de transformation qui s’opère en elles : au puits de Jacob avec la Samaritaine et avec la veuve de Naïm à la porte de la ville. Après avoir approfondi la culture et la spiritualité de la rencontre et son chemin de transformation, la présentation de l’Exhortation apostolique du Pape Léon XIV « Dilexi Te » a permis d’aborder la pratique de la rencontre.

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui a besoin du Christ pour le transformer. 

Faire humanité ensemble, c’est ce que Jésus nous enseigne. Faire ce que Jésus a fait, suivre son exemple, l’imiter, devrait devenir notre programme quotidien. Après chaque rencontre, Jésus a fait sentir à la personne qu’elle avait de la valeur. Il l’a écoutée et a toujours choisi la voie de l’amour même lorsqu’il était confronté à la division et la haine.

Jésus a pratiqué 3 choses qui ont rendu sa mission féconde :

1. Il a su trouver un chemin d’entente avec les gens.

2. Il n’a jamais attendu que les gens viennent à lui, il est allé lui-même à leur rencontre et a établi une relation avec eux. 

3. Il aimait les personnes de telle manière qu’elles se sentaient reconnues, comprises, appréciées, valorisées.

Sa rencontre avec la Samaritaine nous montre que le Christ l’a valorisée et qu’il a franchi le « mur » des préjugés sociaux, culturels, religieux pour la trouver, alors qu’elle s’est perdue à cause de ses choix de vie. Cela nous apprend comment, nous aussi, nous pouvons franchir ce mur afin de construire avec l’autre un pont de retrouvailles. 

La première caractéristique de la rencontre est qu’elle met en présence deux personnes dans la vérité et la liberté. Dans la rencontre au puits de Jacob, se retrouvent face à face un homme (étranger au pays, juif de surcroît) et une femme (à la réputation douteuse), le divin et l’humain. Mais, dans l’évangile, il ne s’agit pas seulement d’apprivoiser les différences. Jésus demande à boire, une requête qui semble humainement naturelle à cette heure du jour, mais c’est pour susciter notre soif d’une eau vive qui vient de plus haut et que lui seul peut nous donner. Entre le puits et la source, il y a moins une opposition qu’un approfondissement, une intériorisation : la source réveillée nous révélera à nous-mêmes, en même temps qu’elle révélera Dieu en nous.

Cette conversation a pour but une conversion intérieure et, par conséquent, une transformation par le Seigneur. La Samaritaine parle de la dimension physique du puits, « il est profond » et le Christ parle de la dimension divine « La profondeur de soi… où se trouve l’image de Dieu », l’aventure de notre rencontre avec le Christ, avec ses risques et ses incertitudes.

Ce premier volet s’est achevé sur une question : comment faire preuve de la miséricorde de Dieu envers les autres dans notre vie quotidienne, pour devenir un vrai missionnaire ? 

Faire comme Jésus a fait : 

• Pas seulement en voyant mais en regardant ;

• Pas seulement en entendant, mais en écoutant ;

• Pas seulement en croisant les personnes mais en s’arrêtant avec elles. 

C’est de cette proximité dont il a été question lors de la deuxième session. La rencontre du Christ avec la veuve de Naïm. 

Dans sa mission, Jésus met la rencontre au premier plan. Sa compassion et sa tendresse sont un baume pour l’âme et un réconfort pour le cœur brisé par la douleur. 

Jésus est « saisi de compassion » en voyant la veuve. Elle a tout perdu : son mari, son fils unique, mais elle n’a pas perdu sa foi ni son espérance. Par cet acte de compassion, il rétablit les liens. Benoît XVI disait que « fermer les yeux sur son prochain rend aveugle devant Dieu ». La mission de l’Eglise est d’imiter le Christ : s’arrêter, regarder, écouter, vivre la proximité, restaurer les liens brisés et intégrer les personnes isolées dans leur communauté. 

La dernière séance a été dédiée à l’Exhortation apostolique du pape Léon XIV « Dilexi Te »  (« Je t’ai aimé »). Le pape Benoît parlait « d’un cœur qui voit ». L’Exhortation nous appelle à la conversion afin de sortir de notre zone de confort, à la compassion. Elle nous invite à passer de la culture de l’indifférence à la culture de la rencontre.

L’abbé Thierry Fouet conclut le cycle des 3 conférence en remerciant le Père Ghanoum de ces temps d’enseignement et de partage.

Depuis le banc du fond

Quel plaisir de rencontrer ce jeune homme souriant, qui a accepté avec générosité de partager pour nous l’expérience d’un pèlerinage. Merci Matheus !

Quel plaisir de rencontrer ce jeune homme souriant, qui a accepté avec générosité de partager pour nous l’expérience d’un pèlerinage. Merci Matheus !

Propos recueillis par François Riondel 
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Après avoir terminé ses études gymnasiales et bouclé ses obligations militaires, Matheus recherche, dans une période difficile, une forme de calme et de stabilité en s’offrant la possibilité d’un face à face avec lui-même. C’est ainsi qu’il décide de partir seul en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce choix n’est pas essentiellement religieux, mais plus largement spirituel, d’ailleurs, bien que se sentant très proche de Dieu, Matheus n’as pas de pratique religieuse.

Parti de Genève en mars 2025, les premiers jours sont éprouvants ; douleurs, froid et solitude s’invitent. Le doute s’installe, de plus, ce n’est qu’après une semaine qu’il rencontre enfin un premier groupe de pèlerins.

Cependant, Matheus, qui pensait boucler ce projet le plus rapidement possible, décide de persévérer en s’efforçant de lâcher prise, « donner le temps au temps » se dit-il. Alors, peu à peu, les rencontres et les événements s’intensifient. Impossible de résumer 76 jours de pèlerinage et 2100 km de marche, alors zoom sur quelques moments marquants : 

Une fin de journée, au terme de ses premiers jours de voyage, Matheus arrive très découragé dans une bourgade. L’office du tourisme lui donne quelques indications d’hébergement, finalement erronées. C’est à ce moment que Matheus rencontre fortuitement un monsieur âgé, prénommé Jean-Claude, qui l’invite chez lui pour la nuit. La soirée est délicieuse, l’accueil magnifique. Depuis ce beau moment, le pèlerinage commence à s’éclairer.

Quelques jours plus tard, Matheus s’assied en face d’une église et commence à manger son modeste repas, constitué d’un peu de terrine. Mais il n’a pas de pain. A ce moment, surgit un fourgon qui freine devant Matheus. La conductrice lui lance : « Vous voulez du pain ? » Cette dame récupérait en fin de journée les invendus des boulangeries. Dès ce moment, Matheus ne doute plus qu’il est accompagné et qu’il parviendra au bout de son chemin. Il comprend alors qu’avoir été poussé à bout, tant physiquement que moralement, était un passage nécessaire avant de pouvoir vivre des moments d’assistance providentiels : « Ceci fait partie du parcours à 100%, il ne faut n’y vouloir s’en débarrasser, ni s’en plaindre. »

Dans toutes les rencontres, Matheus réalise qu’on reçoit, mais qu’on peut donner tout autant. Pour exemple, offrir une écoute attentive à une dame amère et négative qui l’a hébergé avec réticence, a certainement apporté du réconfort. Preuves en sont les larmes et le sourire de cette dame au moment du départ : « C’est peut-être à travers moi qu’il se passe quelque chose. Eh bien, ce chemin, je souhaite qu’il ne soit que comme ça. Je n’ai pas envie que ce pèlerinage soit une performance, mais plutôt un don de soi qui nous porte jusqu’au bout. »

Ce long parcours a permis beaucoup de rencontres, donc tout autant d’adieux, parfois accompagnés de tristesse, vu les beaux moments partagés. Lors de l’une de ces séparations, assis devant un beau paysage, Matheus se voit accidentellement dans l’écran de son portable. Il réalise alors que c’est bien avec lui-même qu’il voyage et que toutes ces rencontres sont des passages éphémères à accepter. A cet instant, Matheus réalise qu’une nouvelle dimension s’offre à lui : « On doit s’aimer pour pouvoir aimer l’autre, avoir un peu de tolérance et d’amour envers soi-même. A ce moment, on peut partager cet amour. » Et dès lors, il se sent aimé…

Matheus arrive enfin à Saint-Jacques-de-Compostelle le week-end de l’Ascension. C’est un beau moment festif, joyeux et accueillant, mais ce n’est pas l’essentiel. Le parcours est lui-même la clé. Chaque pas accompli n’est pas une performance, mais une avancée sur un chemin de patience et de contemplation. Les moments pénibles sont une part importante de l’expérience, un véritable apprentissage.

Matheus est rentré chez lui avec la conviction qu’on fait partie d’une chaîne, qu’on est un maillon pour recevoir et donner, partager et aimer. Dorénavant, il se sent en contact avec le Seigneur, accepte bien mieux les moments difficiles et n’hésite pas à demander, par la prière, un soutien pour aller de l’avant !

Le visage de Jésus

Lors d’une discussion avec une amie non croyante, celle-ci me pose cette question : « Ton Jésus, quel visage a-t-il ? » Interloquée, j’avoue : je ne le sais pas, je n’ai pas vu son visage.

Par Sœur Franzisca Huber
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Lors d’une discussion avec une amie non croyante, celle-ci me pose cette question : « Ton Jésus, quel visage a-t-il ? » Interloquée, j’avoue : je ne le sais pas, je n’ai pas vu son visage. L’interrogatoire se poursuit : « Et comment peux-tu aimer quelqu’un sans visage ? »

C’est vrai, je ne saurais décrire l’apparence de Jésus. Aucun Evangile ne donne de description détaillée, ni de couleur des yeux ou de peau, ni de taille. Pourtant, je suis sûre de le connaître puisqu’il se révèle à travers ses actes, ses paroles, sa vie, sa passion et sa Résurrection : mon Seigneur et mon Dieu, c’est ma foi ! L’homme qui, en son temps, fascinait ses disciples, captivait les foules, guérissant, prêchant, interpellant… Les uns l’ont côtoyé de son vivant et pour moi, il est le Seigneur au-delà de toute représentation. 

Néanmoins, j’ai eu tort, Jésus a bien un visage : celui de cette femme qui aime, cette mère qui souffre, cet enfant qui sourit, cet homme qui lutte, pleure, pardonne… Voilà quelques traits de son visage !

Qui est le Christ ?

« Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. » (Matthieu 1, 18) Cette phrase nous semble si familière que nous ne nous demandons même plus qui est ce « Jésus-Christ ».

« Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. » (Matthieu 1, 18) Cette phrase nous semble si familière que nous ne nous demandons même plus qui est ce « Jésus-Christ ». 

Les représentations du Christ sont diverses et variées.

Par Paul Martone
Photos: Unsplash, DR

Qui est Jésus ? 
Jésus est un personnage historique qui intéresse beaucoup de gens. Il n’y a personne dans l’Antiquité qui ait fait l’objet d’autant d’écrits que lui. Outre les quatre Evangiles, plusieurs auteurs qui n’étaient pas ses amis relatent sa vie. Aucun historien sérieux ne remet aujourd’hui en question son existence. « Mais Jésus est plus qu’un personnage historique : il est le Messie que les apôtres, à commencer par Pierre, ont reconnu et proclamé. Israël l’attendait et plus encore : le monde entier. Il est le christos, le Christ, l’Oint, celui qui est distingué du peuple, qui a la dignité royale. Il est le Fils de l’homme, qui est au-dessus de la création. Et Jésus-Christ est encore plus que cela : le Fils de l’homme est le Fils de Dieu, Dieu incarné, oui, Dieu lui-même en la personne du Verbe éternel, le Logos », comme le dit le philosophe et journaliste allemand Josef Bordat dans son livre Von Ablasshandel bis Zölibat (Rückersdorf 2017, S. 108).

Christ
« Jésus-Christ » est la forme la plus ancienne et la plus courte de la profession de foi chrétienne : Jésus de Nazareth est en sa personne le Christ promis, c’est-à-dire le Messie. Le nom « Jésus » signifie « Dieu sauve ». L’enfant de la Vierge Marie est appelé « Jésus », « car il sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). « Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. » (Ac 4, 12)

Très vite cependant, Jésus-Christ n’a plus été compris que comme un double nom. C’est à partir de cette conviction religieuse que Jésus est le Christ promis, et que les sources chrétiennes ont été rédigées sur sa vie et son œuvre. Les épîtres de Paul et les évangiles sont avant tout des témoignages de foi dans lesquels l’histoire et l’interprétation religieuse, la vie et la légende s’entremêlent. Comme le disait Josef Ratzinger : « Le Christ n’est pas simplement un grand homme ayant vécu une expérience religieuse importante, il est Dieu, Dieu qui s’est fait homme afin de jeter un pont entre l’homme et Dieu, et afin que l’homme puisse véritablement devenir lui-même. Celui qui ne voit dans le Christ qu’un grand homme religieux ne le voit pas vraiment. Le chemin du Christ et vers le Christ doit aboutir là où aboutit l’Evangile de Marc, à la confession du centurion romain devant le Crucifié : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu. » (15, 39) Pour connaître le Christ, il faut suivre le chemin que nous tracent les Evangiles. »

Le Messie
Nous croyons que Dieu a créé le monde entier et, le sixième jour, l’être humain comme point culminant et aboutissement de la création. Le premier couple, Adam et Eve, avait le bonheur de pouvoir vivre dans le jardin d’Eden, où il ne manquait de rien. Tout était à sa disposition, seul l’arbre de la connaissance était réservé à Dieu. Mais Eve, séduite par le serpent, cueillit un fruit de l’arbre, le mangea et en donna aussi à Adam. Par conséquent, le premier couple humain a dû quitter le jardin et travailler pour subvenir à ses besoins. Mais le pire était la séparation d’avec Dieu, qui conduisit rapidement au meurtre et à la mort. Dieu n’abandonna toutefois pas l’homme. Il restait une lueur d’espoir grâce à la promesse divine : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité. Il te frappera à la tête et tu le frapperas au talon. » (Genèse 3, 15) De nombreux prophètes de l’Ancien Testament ont fait référence à cette promesse et ont parlé d’un Messie particulier qui devait venir en tant que sauveur et pourvoyeur de paix. On l’appellera : Conseiller merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Isaïe 9, 6). La tradition chrétienne voit également dans Genèse 3,15 l’annonce du Messie rédempteur, le nouvel Adam. Pour les chrétiens, ce Messie a un nom : Jésus, né enfant à Bethléem, qui, par son obéissance jusqu’à la mort sur la croix, a réconcilié Dieu et les hommes. Jésus lui-même se considérait comme le Messie promis. 

L’Oint
Le mot Messie signifie « l’Oint ». Dans l’Ancien Testament, les prêtres, les prophètes et les rois étaient oints pour leur rappeler qu’ils devaient leur pouvoir à Dieu.

Déjà les premiers chrétiens voyaient en Jésus un descendant de David et le Messie attendu par les Juifs, l’Oint de la fin des temps, dont le retour et le royaume futur étaient imminents. Jésus fut oint par Marie, qui versa de la précieuse huile de nard sur ses cheveux. Par cette onction, elle a rendu témoignage à sa foi, affirmant que Jésus n’était pas seulement un orateur doué, un guérisseur miraculeux puissant et un homme aimable. Elle a intuitivement compris qu’il était le Sauveur attendu et espéré de Dieu. Jésus-Christ signifie donc : l’Oint de Dieu, dont les actes et les signes ont confirmé l’investiture et l’habilitation par Dieu. Par l’onction avec le saint chrême lors du baptême, nous sommes devenus un peuple royal, prophétique et sacerdotal, sur lequel repose la bénédiction de Dieu.

La Résurrection du Christ
Le Fils de l’homme est le Fils de Dieu, Dieu incarné, Dieu lui-même en la personne du Verbe éternel. 

Jésus lui-même en témoigne – en paroles et en actes. Il convient de mentionner ici sept formules par lesquelles Jésus se définit lui-même : « Je suis le pain de vie, la lumière du monde, la porte, le bon pasteur, la résurrection, la route, la vrai vigne. » Ces paroles résument tout ce qui constitue la foi chrétienne : « La certitude que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, qu’il nourrit notre vie de pain, de vin et de lumière, qu’il nous rend capables de nourrir et d’éclairer le monde et qu’il nous conduit vers le Père lorsque nous quittons ce monde – non pas vers la mort définitive, mais vers la résurrection et la vie éternelle. » (Josef Bordat)

Mais Jésus ne s’est pas contenté de paroles, il a aussi accompli un acte qui a complètement changé le monde : sa Résurrection d’entre les morts. Tout repose sur la Résurrection de Jésus, elle est déterminante pour la foi chrétienne. « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi notre foi, écrit Paul, avant de poursuivre : Mais non ; le Christ est ressuscité… » Il peut dire cela parce que Jésus est apparu à ses disciples en chair et en os, qu’il a mangé avec eux et s’est laissé toucher et qu’il est également apparu à Paul lui-même aux portes de Damas et l’a appelé à être le messager de la résurrection. 

Nous aussi, nous devons être de tels messagers !

Le mot Messie signifie Oint. Dans l’Ancien Testament, les rois notamment étaient oints, comme ici David.

« Pour vous, qui suis-je ? » (Marc 8, 27-30)

Située au milieu du deuxième évangile, la double interrogation de Jésus envers ses disciples sur le chemin de Césarée de Philippe continue de retentir telle une invitation à nous situer en vérité dans notre foi profonde.
Pierre – ici à genoux – au nom du groupe des apôtres désigne Jésus du titre royal et divin de « Christ ».

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Située au milieu du deuxième évangile, la double interrogation de Jésus envers ses disciples sur le chemin de Césarée de Philippe continue de retentir telle une invitation à nous situer en vérité dans notre foi profonde. « Qui suis-je au dire des gens ? Et pour vous, qui suis-je ? » Elle occupe donc une place centrale et débouche dans les trois synoptiques sur les annonces de la Passion.

Nous ne pouvons pas nous contenter de réponses toutes faites désignant le Fils de l’homme comme « Jean le Baptiste », le plus grand personnage de l’Ancien Testament, ou « Elie », la figure du messager qui devait revenir annoncer le Messie, ou un « prophète » parmi d’autres porte-parole de Dieu.

Si nous le faisions, nous serions « envoyés dans les cordes » de notre conscience par le Saint Esprit, qui exigerait de nous une prise de position personnelle et vitale. Car il s’agit là du petit point central sans lequel la roue de notre existence tourne à vide et autour duquel s’organisent tous les rayons de nos convictions.

Si nous nous limitions à voir en lui un homme, même exceptionnel, sa mort et sa Résurrection paraîtraient inimaginables ou anecdotiques et nous serions les plus à plaindre parmi les êtres humains (1 Corinthiens 15, 19). Si nous le placions au même niveau que d’autres « fondateurs de mouvements religieux », comme Moïse ou Mahomet, nous passerions à côté de l’essentiel.

Seule vaut la réplique de Pierre l’impulsif qui, au nom du groupe des apôtres, le désigne du titre royal et divin de « Christ », c’est-à-dire le Messie, le Fils de Dieu. Sinon, la Trinité serait simple affabulation et notre destinée éternelle dans le Royaume des cieux, une illusion.

A chacun(e) de nous donc de nous situer en toute authenticité face à cette question décisive. S’il est notre Créateur et notre Rédempteur, notre trajectoire trouve sa pleine signification, à condition que nous nous unissions à lui dans l’intimité de notre cœur et de notre prière. « Si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous nous attachons à lui, avec lui nous régnerons. » (2 Timothée 2, 11)

Vicaire du Christ

Vraiment ? Le pape serait « vicaire », c’est-à-dire, selon la définition du mot, « qui exerce en second les fonctions attachées à un office ecclésiastique » ou « le suppléant », « le remplaçant ».
Inoccent III ira jusqu’à signer ses textes au titre de «vicaire de Dieu».

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Vraiment ? Le pape serait « vicaire », c’est-à-dire, selon la définition du mot, « qui exerce en second les fonctions attachées à un office ecclésiastique » ou « le suppléant », « le remplaçant ». Donc, par syllogisme, le pape remplacerait ou suppléerait le Christ…

Histoire

C’est Gélase qui introduit l’expression à la fin du Ve siècle, qui va remplacer petit à petit les « Vicaire de Pierre » ou « Vicaire de Pierre et Paul » avec lesquels il a longtemps cohabité. Qui plus est, maints évêques et prêtres (oui, oui !), au cours des siècles, se sont dotés du même titre, « vicaire du Christ » en tant que successeur apostolique. Mais le sens théologique perd de son importance au profit du juridique – une constante dans l’Eglise latine occidentale – visant à asseoir le pouvoir universel temporel de l’évêque de Rome sur toute l’Eglise. Innocent III ira jusqu’à signer « vicaire de Dieu » ! Le remplaçant de Dieu ?

Vatican II

Lumen gentium affirme que les évêques dirigent les Eglises particulières (comprendre les diocèses qui leur sont affiliés) comme vicaires du Christ « par leurs conseils, leurs encouragements, leurs exemples, mais aussi par leur autorité et par l’exercice du pouvoir sacré » (n. 27).

Cela nous fait donc plus de 5000 « vicaires du Christ » au vu du nombre d’évêques catholiques en 2023. Plus de 5000… plus 1, celui de Rome qui « est le chef du collège des évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Eglise tout entière » (canon 331 du Droit canonique). 

Et comme Dieu, il « possède le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement » (ibid). Un peu comme Dieu, mais uniquement par métaphore, car le pape n’est qu’un homme en somme…

Celui qui nous apprend à regarder autrement

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Roberto De Col, représentant de l’évêque pour l’écologie intégrale du diocèse de LGF, est l’auteur de cette carte blanche.

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Roberto De Col, représentant de l’évêque pour l’écologie intégrale du diocèse de LGF, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Roberto De Col | Photos : Josimoes, Unsplash

Le Christ, c’est qui ? La question paraît simple et pourtant, elle touche au cœur de la vie chrétienne : qui est-il pour moi, quelle relation j’entretiens avec lui et qu’est-ce que cela change dans ma vie ? Et si le Christ était d’abord Celui qui nous apprend à regarder autrement : à voir le monde non comme une réserve à exploiter, mais comme une maison commune où chaque être vivant a sa place, sa dignité et sa mission.

Dans l’Evangile, laissé en héritage pour éclairer nos vies, Jésus ne parle pas explicitement d’écologie. Pourtant, tout son chemin en porte la trace : il contemple le
lys des champs, admire les oiseaux du ciel, partage le pain, guérit les corps, restaure les relations et redonne à chacun la possibilité d’habiter la Terre en paix. Il relie ce que nous séparons volontiers : la nature, les pauvres, la justice, la communauté, Dieu. En ce sens, il révèle un principe que Laudato si’ rappelle avec force : tout est lié.

L’écologie intégrale ne consiste pas seulement à protéger l’environnement ; elle demande d’adopter une attitude intérieure renouvelée : vivre en frères et sœurs, prendre soin des fragilités, renoncer à la logique de possession pour entrer dans celle du don. Le Christ replace ainsi la personne humaine au cœur de la création, non pas au sommet pour dominer, mais au centre pour servir et relier.

Alors, « le Christ, c’est qui ? » C’est Celui qui fait naître en nous un regard nouveau. Celui qui nous sort de l’indifférence, nous apprend à reconnaître la valeur de ce qui est humble, vivant, blessé. Celui qui tisse une alliance entre l’humain, le vivant et Dieu. Et peut-être aussi Celui qui nous murmure aujourd’hui que la conversion écologique commence quand nous retrouvons notre juste place dans la création : ni maîtres, ni consommateurs, mais gardiens émerveillés.

Jeunes, humour et mot de la Bible – mai 2026

Jésus monte au ciel, page "Jeunes, humour et mot de la Bible" de mai 2026 par Marie-Claude Follonier

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Rendre à César ce qui est à César

La formule intégrale est la suivante : « Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » C’est elle que, d’après les Evangiles de Matthieu (22, 21), Marc (12, 13-17) et Luc (20, 25), Jésus prononça en réponse à l’insidieuse question des pharisiens : « Devons-nous payer l’impôt à l’empereur ? » Si la réponse de Jésus était affirmative, il passerait pour un collaborateur, la Galilée étant alors sous domination romaine. Si elle était négative, il serait aussitôt dénoncé auprès de l’occupant. Jésus déjoua le piège en disant aux pharisiens : « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils répondirent : « De César. » Alors Jésus leur dit : « Eh bien ! Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Il s’agit de faire la part des choses, de rendre un bien à son propriétaire légitime, dont les droits sont ainsi rappelés.

Par Véronique Benz

Humour

A l’époque des églises pleines durant les offices, deux gaillards qui avaient un peu trop abusé de la dive bouteille pénètrent dans l’église avec un bon quart d’heure de retard. Ne trouvant pas de place dans la nef, ils montent à la tribune dépourvue de sa chorale, pour une fois. Petit à petit, le prêche du curé aidant, ils s’endorment dans les bras de Morphée. La messe finie, les paroissiens quittent le lieu sacré. Après quelques minutes, l’un des deux avinés se réveille, secoue son compagnon et lui dit : « C’est vide ! » Et l’autre, sans réfléchir, lui rétorque : « Eh bien, verse ! »

Par Calixte Dubosson

Rayonner ensemble

Dans sept ans, les chrétiens commémoreront les 2000 ans de la Résurrection du Christ. L’association JC2033 aspire à mobiliser les Eglises du monde entier pour préparer la plus grande fête jamais organisée sur terre. Rencontre avec Anita Francioli et Martin Hoegger.
Anita Francioli et Martin Hoegger.

Dans sept ans, les chrétiens commémoreront les 2000 ans de la Résurrection du Christ. L’association JC2033 aspire à mobiliser les Eglises du monde entier pour préparer la plus grande fête jamais organisée sur terre. Rencontre avec Anita Francioli et Martin Hoegger.

Par Myriam Bettens
Photos : DR, JC2033

Concrètement, à quoi ressemblera cette fête mondiale ?
Anita Francioli : La fête est un élément important. Elle va exprimer la richesse, la diversité, la beauté de la foi. Cela peut se faire de différentes manières. Avec de la musique, des images, des prières, des danses, des offices religieux, dans des églises, sur des places en plein air. Il n’y a pas de limite !
Martin Hoegger : La partition est écrite dans le ciel et on ne sait pas à quoi cela ressemblera, mais petit à petit, en marchant, en discernant ensemble, on peut déjà en deviner les contours.

C’est un projet titanesque, voire un peu utopique diront certains…
AF : Je parlerais plutôt de « vision » et, aujourd’hui, nous en avons besoin ! Cela ouvre notre esprit et aide à aller vers un futur plus grand que nous. D’ailleurs, ce n’est pas un « projet », mais un mouvement, qui veut animer d’autres personnes, créer des liens, encourager.
MH : C’est un chemin spirituel vers 2033, sur lequel nous devons établir des relations de fraternité en Christ, se réconcilier aussi, c’est nécessaire.

Justement, une telle image d’unité aura un impact sur la fécondité du témoignage…
MH : C’est un appel à se centrer sur celui qui est notre unité, le Christ, mort et ressuscité et c’est ce que l’Eglise a à offrir au monde. Notre rêve serait qu’à Pâques 2033, chaque être humain entende dans sa langue maternelle la salutation pascale.
AF : Le témoignage ne peut être que commun. C’est la seule façon d’être crédible pour le monde d’aujourd’hui, marqué par la fragmentation et la polarisation. Cela suppose l’amour et l’estime mutuels entre les croyants, les Eglises chrétiennes et les communautés ecclésiales. Laissons-nous guider par le Saint-Esprit, qui nous est donné à tous.

Du côté de la Conférence des évêques suisses, comment le projet est-il soutenu ?
AF : La première personne catholique qui représentait la Conférence des évêques était l’évêque Denis Theurillat. Suite à sa retraite, on m’a demandé de reprendre la main. Je fais le lien avec les Eglises et lorsque nous organisons des rencontres internationales et régionales, l’Eglise catholique est toujours représentée. C’est une formidable occasion de témoigner que le Christ accompagne les hommes sur tous les continents depuis deux mille ans. Un événement d’une telle ampleur ne doit pas être célébré dans l’ombre.

Il reste encore sept ans jusqu’à la célébration. Comment faites-vous pour ne pas vous faire oublier ?
MH : Les rencontres internationales font partie de la manière de se rappeler à la mémoire des gens. Mais maintenant, nous ne sommes plus « seuls ». Beaucoup de mouvements ont rejoint ce chemin vers 2033, comme le mouvement catholique « Global 2033 » et « Agenda 2033 », proposé par « Charis », le service international du Renouveau charismatique catholique. 
AF : Cela passe par des rencontres dans ma paroisse, des événements œcuméniques. Ce sont des occasions, certes pas spectaculaires, d’avancer ensemble vers cet événement et qui peuvent ensuite avoir un impact plus large.

Rassemblement JC2033 à Genève.

Un anniversaire qui compte!

En 2007, Olivier Fleury, un pasteur pentecôtiste vaudois, reçoit la vision « d’une explosion de joie et de lumière à travers le globe » et « d’un peuple célébrant les deux mille ans de la résurrection de Jésus ». Depuis, il encourage, avec le mouvement JC2033, à vivre l’événement de manière planétaire, sur la base d’initiatives locales. Il s’est entouré d’une équipe, autant locale qu’internationale, garante de la vision de départ et de sa continuité jusqu’à Pâques 2033.

Bio express

Anita Francioli fait partie du Comité consultatif JC2033, apportant réflexions et propositions en vue du jubilé. Elle a pour mandat d’informer la Conférence des évêques suisses sur les activités de JC2033. A titre personnel, elle fait partie du Mouvement des Focolari.

Martin Hoegger est responsable des relations avec les Eglises au sein de l’association JC2033. En outre, il est pasteur réformé dans le canton de Vaud et très actif dans l’œcuménisme.

Plus d’informations : www.jc2033.world/fr/

Catherine de Sienne

« Ne vous contentez pas de peu, Dieu attend beaucoup de vous ! » Cette exhortation vient de Catherine de Sienne et elle semble avoir été écrite sur mesure pour sa vie !
Catherine de Sienne s’est immiscée dans la politique ecclésiastique et a changé le cours de l’histoire.

Par Paul Martone | Photo : DR

« Ne vous contentez pas de peu, Dieu attend beaucoup de vous ! » Cette exhortation vient de Catherine de Sienne et elle semble avoir été écrite sur mesure pour sa vie ! Elle fait partie des femmes exceptionnelles de l’Eglise catholique : elle s’est immiscée dans la politique ecclésiastique, a exhorté papes et rois et a ainsi changé le cours de l’histoire. Ce n’est pas un hasard si elle a été élevée au rang de docteur de l’Eglise en 1970 et qu’elle compte ainsi parmi les quatre femmes des 38 docteurs de l’Eglise. 

Contre la décadence de l’Eglise

Caterina Benincasa est née en 1347 à Sienne. Lorsque ses parents sévères voulurent la marier à l’âge de 12 ans, elle s’opposa avec succès à ce projet. En 1363, elle devint membre du Tiers-Ordre de Saint Dominique. A une époque marquée par les meurtres, la haine et la guerre civile, elle se sentit appelée par Dieu à s’engager énergiquement contre la décadence de l’Eglise et en faveur de réformes. Elle n’hésita pas à s’exprimer en termes clairs. « Ce que le Christ a acquis sur la croix est gaspillé avec des prostituées », telle était sa critique sans équivoque du déclin moral du clergé. 

Même les évêques n’étaient pas épargnés : « Dans le jardin de l’Eglise, les plantes pourries doivent être arrachées et remplacées par des plantes fraîches et parfumées. » De tels propos provocateurs étaient très inhabituels pour une femme, à l’époque, et étaient considérés avec méfiance par les hommes. Mais Catherine a su convaincre : elle a été autorisée à prêcher et publier officiellement. En 1375, elle a reçu les stigmates du Christ.

Depuis 1309, les papes résidaient « en exil » à Avignon. Finalement, Grégoire XI envisagea de retourner à Rome. Pour le conforter et le soutenir dans sa décision, Catherine écrivit : « Ne soyez pas un nourrisson craintif, mais un homme. » En 1377, le Pape retourna à Rome. Un an plus tard, Catherine s’installa à Rome, où elle réclama des réformes de l’Eglise, qui ne furent cependant jamais vraiment mises en œuvre par le Pape. Catherine mourut à Rome le 29 avril 1380, fut canonisée en 1461 et nommée sainte patronne de l’Europe en 1999. Sa fête est célébrée le 29 avril.

La saison des asperges

Traditionnellement, les asperges sont récoltées en avril dans nos pays. Mais, si le verbe « asperger » et le légume « asperge » partagent la même écriture, ils n’ont pas la même origine étymologique.
Quand les bienfaits de l’asperge et de l’aspersion (selon saint Augustin) se retrouvent par-delà l’étymologie…

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Traditionnellement, les asperges sont récoltées en avril dans nos pays. Mais, si le verbe « asperger » et le légume « asperge » partagent la même écriture, ils n’ont pas la même origine étymologique.

• « Asperger » vient du latin « aspergere » qui signifie « saupoudrer », « répandre ».

• « Asperge » vient du latin « asparagus » qui désigne une jeune pousse et plus directement ce légume.

Mais, au-delà de leur orthographe similaire, « asperger » et « asperge » nous apportent de nombreux bienfaits ; c’est là leur trait commun.

Le naturel et le spirituel

Chez saint Augustin, l’acte d’asperger ou l’aspersion (aspersio) n’est pas traité comme un rite autonome, mais comme une purification étroitement liée au baptême, à la grâce de Dieu. 

Les bienfaits de l’aspersion résident dans sa signification spirituelle : elle rappelle que Dieu purifie, mais pas l’homme ; elle renvoie à la grâce baptismale ; elle invite à la conversion intérieure ; elle enseigne l’humilité.

L’asperge est un légume aux nombreux bienfaits nutritionnels et médicaux, reconnu pour ses effets positifs sur l’organisme. 

Elle est riche en vitamines et minéraux essentiels et contient notamment : des vitamines du groupe B (B1, B2, B9) ; de la vitamine C, antioxydante ; de la vitamine K, importante pour la coagulation sanguine et la santé osseuse ; des minéraux comme le potassium, le phosphore et le magnésium.

L’asperge est connue pour ses propriétés diurétiques, favorisant l’élimination de l’eau et des déchets par les reins, ce qui contribue au bon fonctionnement du système urinaire. 

Grâce à sa teneur élevée en fibres alimentaires, l’asperge améliore le transit intestinal et prévient la constipation. 

L’asperge contient des antioxydants. Ces composés contribuent à protéger les cellules contre le vieillissement prématuré et peuvent réduire le risque de certaines maladies chroniques.

Des sources de bienfaits

Grâce à sa richesse en potassium et en folates (vitamine B9), l’asperge participe à la régulation de la pression artérielle et à la réduction du taux d’homocystéine, un facteur de risque cardiovasculaire contribuant ainsi à la santé du cœur et des vaisseaux sanguins.

L’asperge est une excellente source de folates, indispensables au développement du système nerveux du fœtus, prévenant certaines malformations congénitales.

L’asperge est un légume complet, à la fois léger, nutritif et protecteur pour la santé. Intégrée régulièrement dans l’alimentation, elle contribue au bon fonctionnement de nombreux systèmes de l’organisme, tout en apportant saveur et variété aux repas.

Etre aspergé selon saint Augustin et manger des asperges nous procurent de tels bienfaits qu’il serait donc dommage de nous en priver !

Alexandre Ineichen : artisan d’unité

Une journée d’hiver comme les autres à Saint-Maurice. Le soleil qui illumine de ses rayons les sommets enneigés ne semble pas atteindre l’imposante abbaye vieille de plus de 1500 ans. Vêtu de la traditionnelle soutane noire, ayant troqué le rochet blanc pour la croix pectorale, le chanoine Alexandre Ineichen avance à ma rencontre. Le nouveau Père-Abbé a reçu la bénédiction abbatiale le 19 mars dernier, jour de la fête de saint Joseph.
L’Abbé est le visage de la communauté à l’extérieur.

Une journée d’hiver comme les autres à Saint-Maurice. Le soleil qui illumine de ses rayons les sommets enneigés ne semble pas atteindre l’imposante abbaye vieille de plus de 1500 ans. Vêtu de la traditionnelle soutane noire, ayant troqué le rochet blanc pour la croix pectorale, le chanoine Alexandre Ineichen avance à ma rencontre. Le nouveau Père-Abbé a reçu la bénédiction abbatiale le 19 mars dernier, jour de la fête de saint Joseph.

Par Véronique Benz | Photos : Olivier Roduit

Né en 1967 à Berne, Alexandre Ineichen a vécu toute sa jeunesse dans le Chablais, entre Monthey et Ollon. Il est originaire de Suisse allemande par son papa et du Gros-de-Vaud par sa maman.

Détendu, d’aspect jovial, il parle ouvertement. A sa manière de s’exprimer, on devine l’ancien enseignant et à sa façon de soupeser les mots le recteur fraîchement retraité.

Alexandre Ineichen a fait ses études à Saint-Maurice. « Mes parents étaient catholiques, j’ai fait ma première communion et ma confirmation, mais c’est à l’adolescence que j’ai redécouvert la foi en Jésus Christ. Deux questions m’habitaient : devenir religieux et me mettre au service de l’Eglise. » Pour répondre à cet appel du Seigneur, il cherche un peu partout pour finalement réaliser que tout était là sous ses yeux. « Les chanoines de Saint-Maurice ont la particularité, ce ne sont pas les seuls, d’associer ce double aspect de vie religieuse et de vie sacerdotale. Nous vivons au sein d’une communauté tout en nous engageant au service de l’Eglise comme prêtre. » 

En 1988, sa maturité en poche, Alexandre Ineichen entre au noviciat chez les chanoines de Saint-Maurice. Il prononce ses premiers vœux en 1989 et est ordonné prêtre le 21 mai 1994.
Il étudie la théologie, les mathématiques et la physique à l’Université de Fribourg. A partir de 1996, il commence à enseigner au collège de l’Abbaye les maths, la physique, l’éthique et la culture religieuse. Il a travaillé quelque temps à l’internat, puis il fut prorecteur et recteur depuis 2007. 

Alexandre Ineichen est un chanoine heureux. « La prière et l’étude remplissent une existence, même s’il y a parfois des hauts et des bas. Puis il y a l’apostolat dans lequel nous avons beaucoup de joies : mariages, baptêmes, etc. Pour moi, il fut également réjouissant de participer à la vie du collège. » Le chanoine relève que dans cette vie apostolique, il y a des échecs. « Nous aimerions faire mieux, différemment. Il faut reconnaître que c’est souvent les rapports humains qui sont compliqués. » Pour Alexandre Ineichen, c’est justement au cœur des difficultés que nous trouvons quelque chose d’enrichissant.

L’Abbé, un artisan d’unité

Quel est le rôle de l’Abbé ? « Il s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs. Un autre élément essentiel : l’Abbé fait l’unité. L’abbaye est à la fois un lieu de vie, un lieu de prière et une PME. » L’Abbé Ineichen doit créer des liens entre toutes ces réalités. Il est également le visage de la communauté à l’extérieur. 

Alexandre Ineichen avoue ne pas être un révolutionnaire dans l’âme. « Pour moi le plus important est de réussir à amener chaque membre de la communauté, les gens qui travaillent avec nous et ceux qui viennent nous rencontrer, à s’épanouir. Je ne suis pas Abbé pour dire ce qu’il faut faire, mais plutôt pour susciter les charismes et surtout pour permettre à chacun de développer ce qu’il est réellement. C’est la fameuse phrase d’Augustin : « Deviens ce que tu es. » L’Abbé doit être le facilitateur de cette expression-là. » 

Bâtir l’unité dans la confiance, voilà le challenge du nouvel Abbé de Saint-Maurice.

Rome a confirmé le 31 octobre 2025 l’élection du chanoine Alexandre Ineichen comme nouvel Abbé de Saint-Maurice.

Un souvenir marquant de votre enfance ?

Mes meilleurs souvenirs d’enfance sont les vacances chez ma grand-maman dans le Gros-de-Vaud. 

Votre moment préféré de la journée ?

Je suis un lève-tôt. J’apprécie ce moment, tôt le matin, où tout est calme et paisible.

Votre principal trait de caractère ?

Je pense que c’est la fidélité, la loyauté.

Votre livre préféré ?

Je lis énormément. J’aime me perdre dans les grands récits classiques comme Dostoïevski ou Soljenitsyne.

Une personne qui vous inspire ?

Emmanuel Levinas que j’ai eu comme professeur à l’université ainsi que certains chanoines que j’ai eus comme enseignants ou confrères. 

Votre prière préférée ?

L’Office divin est la prière par excellence. Chaque jour, je découvre les psaumes. Je trouve qu’ils ont une richesse et une profondeur très importantes.

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