Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2020
Propos recueillis par Pascal Tornay | Photo: DR
C’est en 1972 que le destin a emmené le Père Gabriel Carron en Argentine. De son travail sont nées les fondations « Casa San Dimas », « Casa Juan Diego » et, plus tard, l’association « El Abrazo » que préside actuellement Lucien Carron. Il nous emmène sur les pas du Père Gabriel Carron…Le Père Gabriel est né en Suisse en 1938. Dès le début de sa formation au séminaire, il découvre dans l’Evangile, la prédilection de Jésus pour les expulsés de la société civile et religieuse de son époque. Dès son arrivée en Argentine, il commence à travailler auprès des plus nécessiteux et participe ensuite à la création de diverses institutions œuvrant pour la jeunesse marginale.La fondation « Casa San Dimas », basée en Argentine, se charge de soutenir les projets de la Pastorale des prisons du diocèse de Santa Fe. De nombreux volontaires argentins visitent chaque semaine les différents lieux de détention de la ville, dans le but d’apporter soutien et espoir aux personnes privées de liberté. Il peut alors s’agir d’ateliers culturels spécifiques ou de simples discussions autour d’un maté, la boisson traditionnelle argentine.
La fondation « Casa Juan Diego » est la fondation suisse qui soutient financièrement les projets de la pastorale pénitentiaire et également des quartiers défavorisés. Après le décès du Père Gabriel, Aline Glassey et Pablo Duarte ont pris en charge les projets menés par la fondation. De nouveaux projets ont vu le jour, notamment pour soutenir des enfants en quartiers défavorisés, soit pour de l’appui scolaire, de l’animation ou différents ateliers culturels.
L’association « El Abrazo », elle, est composée de différents volontaires ayant œuvré pour la fondation au cours des années précédentes. Elle se charge de rencontrer et préparer les éventuels futurs volontaires suisses, qui logeront à la maison de la fondation, au sein de la communauté « Santa Rita », composée d’étudiants argentins.
Joël Beney a été volontaire de l’association. Il a voyagé en Argentine en 2018 et explique : « A l’heure de vous dépeindre mon expérience, je viens de sortir du pavillon 8 de l’Alcaídia (prison de Las Flores) où j’ai pris part à l’atelier d’art du mardi après-midi. Je dois vous avouer que je suis toujours en recherche de mes aptitudes artistiques. Malgré tout, je vais chaque semaine en essayant de faire de mon mieux et de discuter avec les prisonniers, tout en réapprenant les bases artistiques.
Aujourd’hui, avec un petit refroidissement dû au changement de saison, j’ai dû me retrousser les manches et me motiver pour aller passer deux heures dans l’Alcaídia où l’isolation n’est pas une qualité première du lieu. Pourtant, à la fin de l’atelier, après avoir salué tous les participants avec un abrazo 1 chaleureux, j’ai le sourire et me sens bien. Finalement, il ne faisait pas si froid dans la salle. Sûrement que l’abrazo est un remède bien plus fort que des médicaments. Mes ressentis du jour dévoilés, ils représentent bien mon expérience de volontariat depuis mon arrivée, il y a de cela un mois.
En effet, dans toutes les activités auxquelles je participe – ateliers d’art, de réflexion, de guitare, de football, dans les prisons et dans les quartiers de San Agustín et de Yapeyu – si je m’arrête au contexte de précarité, d’insécurité et d’insalubrité qui y règnent, je passerais à côté de l’essentiel. Je n’ai pas la prétention de définir l’essentiel mais ce que j’ai appris depuis le début de mon expérience est que je termine chaque activité le sourire aux lèvres. »
1 Ce terme espagnol peut prendre le sens d’accolade ou d’étreinte fraternelle.
Vos dons sont les bienvenus pour encourager les activités et buts de la Fondation « Casa Juan Diego », Banque Raiffeisen, 1926 Fully, PostFinance 19-1454-1 ou IBAN CH02 8059 5000 0002 8784 7
Informations : Lucien Carron, président, 079 504 96 02
