La politique : même pas peur !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), février 2021

J’ai rencontré Céline Lugon et Mathilde Michellod lors d’une soirée cinéma où était diffusé un reportage à l’occasion du 50e anniversaire de l’obtention du droit de vote des femmes au niveau fédéral. Le sourire jusqu’aux oreilles et pleines d’enthousiasme, elles étaient à l’époque en campagne électorale. Entretemps, Céline est devenue conseillère communale (Les Verts) à Martigny-Combe et Mathilde conseillère générale (Les Verts) à Martigny. Toutes deux assument pour la première fois des responsabilités politiques. Elles en parlent…

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Cartes d’identité

Mathilde Michellod
24 ans, originaire de Bagnes,
vit à Charrat.
Naturopathe de formation.
Caractère : A l’écoute, bienveillante, dynamique.
Passions : Equitation, randonnées botaniques.
Céline Lugon
30 ans, originaire de Finhaut,
vit à Martigny.
Logisticienne, employée de commerce avec un bachelor en psychologie.
Caractère : calme, enthousiaste, ambitieuse et bienveillante.
Passion : la politique.

Peut-on parler de « vocation politique » selon vous ?

MM : Je suis arrivée un peu par hasard en politique en 2016 et j’ai très vite accroché. Avec mon tempérament, j’ai très vite voulu m’investir, proposer des projets et les mener à bien. J’ai sûrement hérité cette « fibre » politique de mes grands-pères, l’un fut un grand défenseur de l’environnement et l’autre a confondé une section de parti à Sierre.

CL : Dès mes 18 ans, j’ai cherché à quoi pouvait servir ma vie sur terre et ce que je pourrais apporter à ma communauté. J’ai peu à peu découvert que la chose politique me correspondait vraiment. Quand je fais de la politique, je me sens vraiment à ma place. Je pense qu’on peut dire que c’est une vocation, oui.

Quels ont été les déclencheurs de votre engagement ?

MM : Un esprit de découverte ! Les partages thématiques jouent un grand rôle, mais aussi et surtout cette grande amitié au sein du groupe. Alors que se préparaient les listes pour le Grand Conseil en 2017, l’opportunité m’a été offerte de vivre l’expérience d’une campagne électorale. Ce fut une première expérience magnifique.

CL : Durant une soirée (souper de soutien), une femme membre du parti m’a invitée à une de leur réunion. Lors de celle-ci, je me suis tout de suite sentie bien. J’avais enfin rencontré des gens avec la même vision du monde que moi. Ç’a été pour moi une vraie révélation. En 2015, sont arrivées les élections fédérales pour lesquelles je me suis portée candidate. L’amitié présente dans ce groupe m’a convaincue de me lancer.

Comment s’est passée votre campagne ?

MM : Vu le covid, nous avons dû faire preuve de davantage de créativité, notamment en allant distribuer des figues aux éco-points de Martigny. Ce sont toujours des moments forts en émotions, qui nous permettent de rencontrer de nouvelles personnes et de nous ouvrir de nouveaux horizons.

CL : J’ai donné toute mon énergie et mon temps pour aller à la rencontre de la population, dans un contexte où toutes les manifestations communales étaient annulées (covid). Je suis aussi beaucoup sortie de ma zone de confort. Cette élection me tenait particulièrement à cœur, car c’était non seulement une chance de pouvoir faire avancer la cause environnementale concrètement dans ma commune d’origine, mais également une sorte de revanche sur mon passé et mes années d’école difficiles.

Quels regards portent les élu-es plus expérimenté-es sur vous ?

MM : Je les ressens plutôt bienveillants et heureux de voir que des jeunes s’intéressent au monde politique, au fonctionnement de notre société, et à l’envie de s’engager pour changer les choses. Nous recevons des félicitations inattendues de membres d’autres partis et c’est toujours très gratifiant.

CL : Un regard bienveillant, toutes les personnes rencontrées, indépendamment de leur parti sont heureuses de voir qu’il y a de la relève et des jeunes qui s’intéressent à la politique. Je n’ai toujours reçu que des encouragements de ce côté-là.

Concrètement, quels sont les défis pour des jeunes qui, comme vous, se lancent ?

MM : Je pense que nous rencontrerons des défis non seulement dus à notre âge, mais aussi du fait que nous soyons des femmes et en plus appartenant à un parti longtemps critiqué en Valais. Plusieurs facteurs nous forcent à montrer que nos
idées ont leur place dans le champ politique.

CL : Le plus grand défi est de se faire connaître. Quand on est jeune, on n’a pas encore beaucoup de réseau dans la région. Il faut alors se mettre en avant, aller à la rencontre de la population, faire des actions et être visible peut-être plus que d’autres personnes déjà bien implantées dans la région.

Quel type de « foi » faut-il pour tenir en politique ?

MM : Pour ma part, je pense que la politique est un des moyens permettant de réaliser l’utopie selon la pensée de Gandhi : « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde. » Je pense donc qu’il faut mettre en pratique ses idées pour fonder un socle solide et ensuite essayer de faire évoluer les mentalités. Je pense aussi qu’il faut avoir foi en ses propres valeurs, actes et en la capacité humaine de changer ses habitudes.

CL : Croire que notre engagement servira à améliorer ne serait-ce qu’un peu la vie sur terre. Pour ma part, il me semble possible d’amener de l’amour, de la bienveillance et du respect dans ma communauté par le biais de la politique. C’est cette possibilité-là qui me fait « tenir » en politique.

Vous êtes-vous préparées à affronter des conflits ?

MM : Je pense que la vie nous apprend à affronter des conflits. C’est en nous y confrontant que nous apprenons à les gérer de manière bienveillante et calme, tant que possible. La communication est la clé de tous conflits.

CL : Dans la vie, je fais le maximum pour qu’une situation ne se transforme pas en conflit. Je ne m’y suis pas forcément préparée mais, lorsque j’en rencontrerai, j’utiliserai certainement les outils à disposition en psychologie et en communication (non violente) pour résoudre la situation.

Quels dossiers espérez-vous pouvoir influencer ?

MM : Je souhaiterais surtout proposer des projets protégeant la santé humaine et environnementale, notamment grâce à l’utilisation de produits d’entretiens naturels dans les établissements publics, ainsi qu’une alimentation locale.

CL : J’aimerais faire en sorte que la nature ne soit pas lésée lors des différentes décisions prises quant à la gestion de la commune. J’aimerais également sensibiliser la population à l’importance de la nature dans notre vie, à sa force et sa beauté.

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