Le pilote des Ecoles de l’Arpille

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), mai 2021

Originaire de Martigny-Combe, Mathieu Moser (33 ans), époux de Jenny et père d’une petite Nina est, depuis la rentrée 2020-2021, le nouveau directeur des Ecoles de l’Arpille. Ce pool scolaire regroupe les centres scolaires de Bovernier, Martigny-Combe, Salvan, Trient et Finhaut. Mathieu a succédé à celui de qui il fut l’adjoint, Pierre-André Ramuz. Pour mieux le connaître, lui ainsi que les défis qui l’occupent, je lui laisse la parole…

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Cher Mathieu, merci d’accorder à L’Essentiel ce petit entretien. Jeune déjà, votre métier d’enseignant vous chevillait-il au corps ?

J’ai toujours apprécié le contact avec les enfants. J’ai travaillé à la Colonie de Ravoire où j’ai passé des moments géniaux. Le lien qui se crée avec eux est merveilleux. Les accompagner sur les chemins du savoir et dans le « monde des adultes » était la suite logique. J’ai besoin dans ma vie de variété et l’enseignement est un défi passionnant, mais aussi difficile.

Comment en êtes-vous arrivé à diriger les Ecoles de l’Arpille ?

Lorsque les écoles de l’Arpille ont été créées, j’étais vice-président de la commune de Martigny-Combe et je ne pouvais pas postuler en raison de la loi sur les incompatibilités. Le directeur adjoint a démissionné après une année et, en discutant avec Pierre-André Ramuz, je me suis dit que ce défi m’intéresserait. J’ai donc démissionné de mon poste de conseiller communal pour assumer cette nouvelle charge. Au début, j’effectuais mon travail d’adjoint sur deux après-midi et, petit à petit, j’ai pris davantage de responsabilités, jusqu’à la démission de Pierre-André Ramuz l’an dernier. J’ai ainsi pu faire valoir mon expérience comme adjoint pour lui succéder.

Personnellement, qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur dans votre mission de direction ?

Le bien-être de mes collaborateurs et des élèves qui fréquentent notre école. Je pense sincèrement que, si tout le monde vient avec le sourire pour enseigner et / ou apprendre, tout est plus facile. Le plaisir de se côtoyer, d’apprendre, de vivre ensemble ou de faire des erreurs contrecarre complètement le souvenir que bien des adultes ont de l’école. Les enfants y passent un bon bout de leur vie… Alors autant que ça soit des moments agréables, sources de souvenirs heureux.

Quelles sont les valeurs pédagogiques qui, selon vous, sont les plus importantes ?

La bienveillance et le respect sont les valeurs qui me parlent le plus. Nous devons accompagner chaque enfant en respectant son rythme, l’environnement dans lequel il grandit, ses difficultés et ses particularités. En l’accueillant tel qu’il est, sans le comparer à une norme dictée par on ne sait qui, l’enfant pourra se sentir en sécurité et s’épanouir pleinement.

Aujourd’hui, l’école est au confluent de beaucoup d’attentes et les enseignants sont souvent mis sous pression. Qu’est-ce qui vous inquiète à ce niveau ?

J’ai la chance d’avoir des collaborateurs engagés et bienveillants. C’est plus facile à les soutenir quand ils sont confrontés à des difficultés, car je sais qu’ils sont compétents et très professionnels. De nos jours, les attentes de la société et des parents sont parfois exagérées. On doit réussir, point ! Alors qu’il n’y a jamais eu autant de passerelles pour arriver au travail de nos rêves. Les enfants ne sont plus enfermés dans des cases et un élève qui passe par un apprentissage peut aussi aller à l’université !

Ma plus grande inquiétude demeure le manque de confiance envers les enseignants, en particulier ceux du primaire. Chacun a été à l’école et chacun pense savoir comment ça fonctionne. Je ne vais pas dire à un menuisier que je sais faire son métier parce que j’ai des portes à la maison ! La formation des enseignants est de niveau tertiaire depuis plus de 20 ans. Les enfants travaillent avec des professionnels, des gens formés pour accompagner leurs apprentissages. Les croyances de certains adultes par rapport à l’école ont été bien mises à mal pendant la période de confinement.

Constatez-vous une recrudescence des cas de violence, de racket, de harcèlement ? Qu’en est-il dans vos centres scolaires sur ce plan ?

Je crois que la violence a toujours existé dans les cours d’école. Elle fait partie de l’apprentissage de la vie. Je ne dis pas que c’est bien, je dis qu’on doit essayer de vivre avec et d’outiller les élèves pour l’éviter. Le harcèlement existe depuis longtemps, les élèves les plus populaires se nourrissent de la vulnérabilité des plus faibles pour asseoir leur réputation. Je sais de quoi je parle pour avoir été à la place des victimes et des harceleurs…

Je reste persuadé que l’école fait beaucoup pour donner des outils de gestion de conflits pour élèves. Je vois de nombreux projets qui émergent dans mes centres notamment avec l’appui de notre médiatrice, Raphaèle Perruchoud-Maret. En donnant des outils aux élèves, nous les rendons autonomes dans la gestion de cette violence et leur estime croît. J’ai bon espoir pour la suite.

Et pour vous-même, enfin, que vous souhaitez-vous pour ces prochaines années ?

Je me souhaite de pouvoir conserver cet équilibre épanouissant entre ma vie familiale, sociale, professionnelle et sportive. Au niveau professionnel, si les éléments que nous mettons en place dans le pilotage de l’école permettent à nos élèves d’apprendre mieux et en ayant du plaisir, je pense qu’on aura réussi quelque
chose.

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