Découvrir la bible, cent textes essentiels commentés

Durant le confinement, des membres des Editions Robert Laffont se sont rendu compte que les libraires vendaient un nombre de bibles plus important que d’ordinaire. Les lecteurs cherchaient peut-être des clés pour comprendre ce moment de crise particulier, seulement voilà… en ouvrant la bible, ils ne comprenaient rien !

PAR FRANÇOISE BESSON
PHOTO : JURAPASTORAL.CH

C’est ainsi qu’est né le projet de ce livre, pour «offrir une lecture de la bible en partant de la vie, et pour vivre plus!» 1

Philippe Haddad, Bernard Miserez «Découvrir la bible – 100 textes essentiels commentés» Ed. Robert Laffont, Paris, novembre 2021.

Les auteurs. – Deux auteurs se partagent les commentaires des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament en respectant les proportions initiales des deux parties : Philippe Haddad, rabbin de l’Union
Libérale Israélite de France, très investi dans le dialogue interreligieux, commente les soixante premiers textes et Bernard Miserez, prêtre de la chapelle du Vorbourg 2 et animateur de retraites, les quarante suivants.

La Première Alliance. – Quand nous ouvrons la bible au hasard, dans sa première partie, il n’est pas rare que nous fassions la même expérience que les lecteurs lambda dont il était question : on n’y comprend pas grand-chose… Dans ses commentaires, Philippe Haddad relie les personnages et les histoires, par exemple Caïn et Juda, frère de Benjamin ou encore Noé et Abraham… De nombreux termes sont mentionnés en hébreu avec leurs différents sens possibles. La lecture proposée est à l’opposé du fondamentalisme et le rabbin relève les avantages liés à une compréhension contemporaine des textes. Par exemple, à propos de la « chute de Jéricho » il commente avec humour : « L’archéologie nous soulage, ces faits n’ont jamais eu lieu. » (p. 94) Puis il explique les motivations que pouvaient avoir les auteurs du livre de Josué en parlant au peuple de cette manière-là : « Montrer la puissance de l’Eternel par rapport aux divinités cananéennes et […] mettre en garde Israël contre ses infidélités à Dieu. » Et de conclure ainsi : « A défaut d’être historique, le livre de Josué se veut pédagogique. Si l’homme ne supprime pas l’idole, l’idéologie, alors l’idole, l’idéologie supprimera l’homme. A ce niveau de lecture, le texte demeure éloquent. » (p. 96) Grâce à ces commentaires, ces textes deviennent plus compréhensibles et peuvent nourrir notre réflexion.

Le Nouveau Testament ou Nouvelle Alliance. – Ces textes nous sont évidemment plus familiers, du moins ceux des évangiles, mais il est intéressant de les découvrir éclairés par les tournures de phrases très incarnées de Bernard Miserez (➱ vous en trouverez quelques exemples dans les encarts). Les commentaires ouvrent aussi sur une actualisation et ne font pas l’impasse sur les remises en question : « Prendre soin des plus fragiles et des plus pauvres n’est pas une option caritative ou humanitaire. […] Tout geste de compassion atteint le Christ en l’homme souffrant. » (p. 204) Lire ces textes et se laisser interpeller nous aidera peut-être à répondre joyeusement à l’invitation que nous fait l’auteur : devenir des « contagieux de la Bonne Nouvelle » !


Interview de Bernard Miserez à Radio Fréquence Jura (RFJ) le 25 novembre 2021.
2 Lieu de pèlerinage près de Delémont.

La Samaritaine: «Jésus vient nous trouver au milieu de nos tâches quotidiennes.» (p. 191)

La résurrection de Lazare: «La parole de Jésus va jusque dans la mort. Elle fait de la vie avec ce qui est mort. Seulement, encore faut-il enlever la pierre du tombeau.» (p. 211)

La multiplication des pains: «Rien de ce que nous donnons n’est dérisoire ni insignifiant.» (p. 194)

La guérison du paralytique: «Le pardon est un acte de résurrection. Il est une renaissance où tout est donné pour se recevoir de Dieu.» (p. 182)

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp