Depuis le 2 octobre dernier, le Père Innocent Baba Abagoami occupe officiellement sa nouvelle fonction de provincial de la congrégation des spiritains de Suisse, à Fribourg. Le Père Patrice Gasser, qui a occupé cette place pendant trois ans, est désormais curé du secteur Haut-Lac.

Propos recueillis par Yasmina Pot | Photos : Yasmina Pot
Le chapitre s’est tenu en juin dernier à La Pelouse sur Bex, dans la communauté des Sœurs de Saint-Maurice. Le Père Innocent a été élu provincial pour les quatre prochaines années.
Père Innocent, parlez-nous de cette nouvelle responsabilité de provincial que vous avez acceptée après avoir été curé du secteur Haut-Lac pendant trois ans.
J’ai été ordonné prêtre en 2007 et à partir de là je n’ai jamais refusé un poste. Tout ce qui m’a été accordé comme responsabilité, je l’ai toujours accepté. Par exemple après avoir quitté l’Egypte où j’ai étudié, j’étais destiné à l’enseignement au Ghana, mais là ma congrégation m’a demandé d’aller au Bénin pour la pastorale ; j’ai été bouleversé mais j’ai accepté et finalement j’ai trouvé le bonheur là-bas. L’enseignement et le travail en paroisse sont des activités parallèles, qui présentent de nombreux points communs, ce qui m’a plu.
Je viens dans ma mission de provincial avec un esprit, une confiance, une force de faire avancer les choses. Et je ne suis pas seul : avec quatre autres personnes nous formons un conseil et c’est ensemble que nous allons diriger la province des spiritains en Suisse. Le chapitre nous a déjà donné l’orientation, là où nous devons aller.
Vous avez quitté le Haut-Lac ; quel regard portez-vous sur cette étape de votre vie ?
Ces six dernières années passées sur le Haut-Lac ont été merveilleuses, excellentes ! J’y ai rencontré de très belles personnes, qui m’ont aidé à m’intégrer dans chacune des paroisses du secteur. Je me suis senti chez moi, dans chaque église et chapelle, en plaine et à la montagne, parmi des paroissiens fraternels.
Dans la vie je vois toujours le côté positif. Lorsque je rencontre des défis ou peut-être des difficultés, j’essaie de les transformer pour mon bien et celui de ceux qui m’entourent. Je sais que là où j’irai, je trouverai d’autres belles personnes. Tout dépend de soi en réalité. Je trouverai des personnes que Dieu a placé là et qui m’attendent. J’ai déjà préparé mon esprit à les rencontrer.

Père Patrice, après trois ans de provincialat et de ministère sur le secteur d’Aigle, quelles sont vos impressions en retrouvant le Haut-Lac où vous avez déjà été curé ?
Je vous réponds dans l’esprit du synode… je suis heureux de retrouver les chorales et les baptisés du Haut-Lac et de travailler avec les différents agents pastoraux. Comme je vivais à Vouvry j’ai pu croiser des enfants, des adultes et des retraités lors de différentes célébrations sur le secteur. En fait, je n’ai pas l’impression de vous avoir quittés…
Par contre, en visitant mes confrères à Genève, à Marly et dans nos communautés de retraités, il me semble que j’ai mieux pris conscience de combien nos vies sont précieuses, belles et fragiles. Il y a des personnes et des familles magnifiques partout, et c’est un plaisir de voir des vivants qui se posent des questions et veulent se mettre en marche. Mais il y a aussi des personnes compliquées avec des relations difficiles. C’est tout ce monde que le Seigneur veut surprendre comme il l’a fait pour ses apôtres lorsqu’il a voulu leur laver les pieds.
Je vois mon rôle comme celui qui nous rappelle que nous sommes aimés et servis par ce Seigneur à genoux qui est le maître de la mission…
