« Vicaire dominical » ! Il est peut-être le seul à porter ce titre dans tout le diocèse LGF ! L’abbé André Helle est, depuis la rentrée pastorale de septembre, « vicaire dominical » dans notre paroisse. Rencontre avec un prêtre engagé.
Par Claude Jenny
Photos : Francis Roulin
Après avoir officié durant un mois à Payerne, l’abbé Helle a rejoint notre paroisse début octobre et chaque week-end, il célèbre plusieurs messes, venant ainsi prêter main-forte à nos deux prêtres. Lorsque nous l’avons rencontré, ce week-end d’octobre, il a officié à quatre reprises, et notamment au home des Mouettes où, nous a-t-on dit, les résidents ont vivement apprécié son contact chaleureux. Prêtre africain, venant du même diocèse togolais que l’abbé Bernard, l’abbé André « vibre à l’africaine », met beaucoup de cœur et d’élan dans ses paroles et chante volontiers !
« Je veux aller aux champs ! »
La semaine, l’abbé André est étudiant à l’Université de Fribourg. Après avoir suivi tout le cursus – 10 ans – pour être ordonné, son évêque l’a envoyé en Suisse pour poursuivre ses études théologiques. Il effectue un master en exégèse du Nouveau Testament. Il devrait le terminer en juillet prochain. Et après ? « J’attends une décision de mon évêque, c’est lui qui décidera » dit-il. Mais il ne cache pas qu’il aimerait rentrer au pays. D’abord pour transmettre ce qu’il a appris et enseigner dans les divers séminaires et écoles catholiques du Togo.
« Mais, s’empresse-t-il de préciser, je ne veux pas faire qu’enseigner ! Je veux aussi aller aux champs ! »
Un beau projet personnel
Aux champs ? oui, oui ! Car l’abbé André est très préoccupé – c’est peu dire – par la situation alimentaire d’une grande partie de la population togolaise. « Plus des deux tiers de la population de mon pays vivent en-dessous du seuil de pauvreté. C’est un peuple qui a soif de la Parole divine, mais qui a d’abord faim et manque de nourriture. L’Eglise est porteuse de lumière mais elle doit aussi aider l’homme à se nourrir à la sueur de son front » explique celui qui espère pouvoir mener à bien un projet personnel.
Son projet ? Tout simple en théorie et l’abbé André espère en être le leader. Ce que veut ce prêtre engagé, c’est cultiver de nombreux champs qui ne le sont pas actuellement. Notamment des champs situés sur des parcelles appartenant à son diocèse. « Cultivons ces champs pour que ce soient des champs communautaires contribuant à aider la population à se nourrir » clame-t-il. « Si un recours à des outils mécaniques est possible, tant mieux. Sinon, il faudra cultiver ces champs de manière ancestrale. L’important est qu’ils apportent de la récolte » dit-il, pragmatique.
« Et, hors de mes attributions de prêtre, je serai là pour aider. Je ne vais pas rester les bras croisés dans un bureau alors qu’il y a tant à faire » dit ce prêtre dans la droite ligne du pape François pour dire que l’Eglise doit sortir de ses sacristies et, en l’occurrence, aller aux champs… Et l’abbé André économise chaque petit sou pour permettre à deux jeunes Togolais de se former en agronomie.
Une façon de préparer le terrain pour une Eglise qui fasse au mieux ce que l’Etat ne fait pas ! « Je ne veux plus voir des enfants aller à l’école en ayant faim ! » dit-il, se rappelant que lui, s’il n’avait pas été recueilli par des religieuses d’une congrégation, il aurait aussi eu faim, n’aurait pas pu faire des études, devenir prêtre, etc.
« Il faut inventer l’avenir et être engagé sur tous les terrains en faisant confiance à Dieu qui va nous aider à conduire nos chantiers » dit ce prêtre trentenaire qui vit avec beaucoup d’ardeur sa foi et son engagement de prêtre.

