Fresque de Severini, Basilique Notre-Dame, Lausanne

Les codes sont proches de ceux de l’icône : le fond doré, les personnages hiératiques et peu expressifs.

Par Amandine Beffa
Photo : Jean-Claude Gadmer

La fin des travaux de restauration de la basilique Notre-Dame de Lausanne, prévue pour fin 2024, est l’occasion de redécouvrir l’extraordinaire fresque de Severini qui s’y trouve. La surface de plus de 200 m2 et la voûte dorée à la feuille en font une œuvre unique en Suisse.

Comme souvent avec le Groupe Saint-Luc, l’œuvre est tout à la fois très traditionnelle et très moderne. Les codes de l’art byzantin sont traduits dans une langue cubiste et futuriste.

Aujourd’hui, nous sommes surpris par les églises entièrement décorées. Mais, ce sont nos édifices sobres qui déconcerteraient les hommes et les femmes de la période byzantine. En effet, il était impossible de laisser un mur vide. Toute paroi était nécessairement peinte ou recouverte d’une mosaïque.

Les codes sont proches de ceux de l’icône : le fond doré, les personnages hiératiques et peu expressifs. De manière très traditionnelle, la Vierge à l’Enfant est le point focal de l’abside.

La couleur de l’arrière-plan, symbole de la sainteté et de la lumière divine, fait le lien avec les scènes qui entourent la Mère de Dieu.

A notre gauche, l’ange désigne la colombe de l’Esprit Saint. Nous entendrions presque Marie, les mains ouvertes, déclarer : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »

Au premier registre, elle est présente aux pieds de la croix. Contrairement aux codes byzantins, elle est très expressive jusque dans le mouvement des bras qui recouvrent le bas de son visage.

La scène du couronnement de la Vierge, située sur la droite, n’est pas biblique. Elle est toutefois très commune dans l’art sacré, tant en orient qu’en occident.

Le décor citadin de l’œuvre est une note de modernité. Au-dessus de la scène de l’Annonciation, nous reconnaissons la cathédrale de Lausanne. En symétrie, se trouve la basilique Saint-Pierre de Rome.

Dans cette œuvre, la Vierge Marie présente le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour nous sauver. Est-ce que la présence d’un édifice protestant et de l’église catholique par excellence ne vient pas nous rappeler que le Salut est donné pour tous en Jésus-Christ ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Votre commentaire s’affichera après notre approbation. Les champs obligatoires sont marqués d’un *

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp