
Eliane et Marcel Comby sont bien connus des fidèles de la paroisse de Martigny… et pourtant, ils ne font rien pour l’être… Merci à eux de m’avoir reçue et de nous permettre de faire plus ample connaissance.
Propos recueillis par Françoise Besson
Photos : DR
Marcel : le carillonneur des rogations
« Dans les petits villages, on avait une tradition religieuse très ancrée. On allait à la messe ; on priait en famille, le soir. A l’école, on avait un très gentil vicaire, le chanoine Paul Simon-Vermot 1. Il venait tous les mardis matin pour le cours de religion, la messe et, une fois par mois, pour la confession – où on disait toujours la même chose…
Une des seules fois où j’ai fait un trajet sur un deux-roues, c’était avec lui, avec sa Vespa. Il m’a emmené de Vens jusqu’au col des Planches parce que j’avais de la peine à marcher. Avec lui, on avait un contact très familier. Ce n’était pas un curé « au-dessus » des autres… J’ai aussi été longtemps servant de messe à Vens et je me souviens bien du temps des rogations.
Les autres du village descendaient à Vollèges pour le début de la procession. Ils avaient de grands drapeaux, des étendards ! C’était très solennel. Moi j’attendais à Vens et quand je les voyais arriver sur la crête, en bas du bistrot, je commençais à sonner la cloche : j’étais le « carillonneur des rogations »… Après la messe ce jour-là, pour le repas, on invitait dans les familles les personnes venues des autres villages. C’était très festif !
Je n’ai pas eu d’interruption dans ma foi, mais le chemin a évolué, avec le droit de penser… Avant on ne se posait pas la question si on allait à la messe le dimanche ou pas, on y allait et c’était tout. C’était une obligation.
Eliane : pèlerinage à Lourdes, en remerciement
Je viens aussi d’une famille très religieuse. Mais on n’avait pas les mêmes liens avec le curé. J’habitais au fond de la vallée d’Hérens, à La Luette et le prêtre vivait à Saint-Martin. Il venait tous les lundis nous faire le catéchisme, mais il était tellement sévère ! Si on avait ri à la messe du dimanche, on se retrouvait le lundi à genoux derrière le fourneau de l’école ! Ce prêtre est resté plus de 40 ans dans la paroisse. Quand j’ai voulu me marier, il ne voulait pas entendre parler d’un mariage en dehors de Saint-Martin ou encore que j’épouse quelqu’un d’une autre vallée !
Je suis très attachée à Lourdes où j’ai fait de nombreux pèlerinages. La première fois que je suis allée à Lourdes, j’avais 16 ans… Plus jeune, j’avais eu une péritonite et je suis restée cinq jours dans le coma. J’ai passé cinq semaines à l’hôpital. Mes parents avaient fait la promesse d’un voyage à Lourdes (si je guérissais) et quand j’ai eu 16 ans, j’ai enfin fait ce voyage.
Par la suite, je suis allée quelques fois avec les jeunes, puis comme hospitalière avec les malades. C’est là que j’ai rencontré Marcel… Ensuite, on a continué à faire ces pèlerinages des années durant.
Pour moi, Marie est très importante. Elle l’a toujours été… Mon papa y était très attaché. Il chantait beaucoup de chants à Marie. A côté du village, il y a une petite grotte à Marie, aux mois de mai et d’octobre, on faisait le chapelet tous les soirs. Quand on était ados, c’était intéressant d’y aller car on pouvait sortir ! Actuellement, c’est encore ma sœur qui s’occupe de fleurir la grotte avec une autre personne du village. Cette grotte reste un lieu de prière…
Marcel : la figure du Berger, et Marie, bien sûr
J’ai un psaume qui me touche chaque fois que je l’entends, c’est le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Les images de ce psaume me rattachent à quelque chose de familier, les prés d’herbe fraîche, le troupeau… C’est proche de nous. Comme Eliane, je suis très attaché à Marie. C’est un peu grâce à elle qu’on s’est rencontré. C’est notre maman, c’est plus facile de lui parler !
Eliane
J’aime beaucoup le pape François. Je lis toujours les mots, les messages qu’il met sur Facebook. Parfois, il en met plusieurs par jours. Je le fais depuis trois ou quatre ans. Je ne vais pas tellement sur internet, mais j’aime lire ses mots. Ce sont des paroles qui nous font réfléchir. Ça s’appelle « Notre Dame des internautes ».
Le Père Adrien et l’association « Amis de Bukavu »
Depuis 1996, le Père Adrien 2 vient chez nous chaque deux ans. On a eu envie d’apporter notre aide, plus particulièrement en lien avec son ministère en milieu carcéral. Au début, la situation était très difficile en Rép. dém. du Congo, en guerre ouverte avec le Rwanda. Les gens étaient démunis, la population manquait de tout. En juin 2000, on a envoyé un premier container avec des produits de première nécessité, des vêtements. Vingt containers ont été envoyés jusqu’en 2013. Maintenant la situation est différente. Si on leur envoie un peu d’argent, ils trouvent la marchandise sur place. Ça permet aussi de faire travailler les gens de là-bas. Le but de cette association, c’est de soutenir des petits projets à travers le relai du Père Adrien. Par exemple, il est aumônier d’une prison qui compte plus de 2000 personnes détenues et qui ne sont pas assez nourries. Cette année, il nous a dit : « Il faudrait pouvoir leur offrir un repas avec de la viande pour Noël. » Alors nous avons financé l’achat de deux vaches : ils les ont abattues et ont ainsi pu faire un repas de fête ! Les prisonniers ont été enchantés…
1 Né le 27 novembre 1924, le chanoine Simon-Vermot, chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, d’origine neuchâteloise fêtera ses 100 ans cette année
2 Le Père Adrien Tshishugi est un prêtre congolais de l’archidiocèse de Bukavu dans l’est de la Rép. dém. du Congo. Il est actif dans les milieux carcéraux et notamment aumônier de la prison centrale de Bukavu où il est de notoriété publique qu’il y règne une misère effroyable.
L’association « Association Amis de Bukavu » a été constituée en avril 2001. Son siège est à Martigny. Selon ses statuts, l’association a pour but de récolter et de distribuer du matériel ainsi que des fonds, à titre d’aide humanitaire, à destination des habitants de la région Idjwi-Bukavu.
Web : https://amisdebukavu.com

Le Père Adrien Cishugi, aumônier de prisons en Rép. dém. du Congo. 
Des vaches, offertes en nourriture à Noël, qui ont fait le bonheur de centaines de personnes détenues et le plus souvent mal nourries.
