Béni soit mon cartable!

Le cartable fait le lien entre l’école et la maison. C’est toute la vie chrétienne de l’enfant qui est habitée par l’espérance.

Lancée à la rentrée 2023, l’initiative pastorale de la bénédiction des sacs d’école ou des cartables pour les élèves de 3H à 8H connaît un grand succès en Suisse romande. Il s’agit de bénir les enfants et de confier à Dieu leur nouvelle année scolaire. Cette année, plus de 12’000 badges seront distribués aux écoliers des cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel, Valais et Fribourg. 

Par Véronique Benz | Photos : Catherine Soldini, Marcel Julmy, René Delley, Christelle Gaspoz-Donnet, DR

Sur le chemin de l’école, je rencontre deux élèves que je connais. Ils sont très fiers de me montrer leur sac tout neuf et spécialement le badge qui y est accroché. Je leur demande ce qu’il signifie. « Nous l’avons reçu à la bénédiction des cartables », me dit Noah. « Nous sommes témoins d’espérance », répond son camarade Léo en me désignant le slogan inscrit sur le badge. Chemin faisant, les deux comparses m’expliquent la démarche qu’ils ont vécue le dimanche précédent. 

« C’était la messe de la rentrée pastorale, tous les enfants de l’école étaient invités. Nous avons déposé nos sacs au pied de l’autel. Presque à la fin de la messe, M. le curé nous a demandé de venir devant. Il a fait la prière de bénédiction. Puis, il nous a aspergés d’eau. Ensuite, la catéchiste nous a distribué les badges et les livrets. » J’ai appris dans la discussion que les élèves du village voisin avaient vécu cette célébration de bénédiction des cartables dans le cadre de la catéchèse. 

Le badge reçu lors de la bénédiction montre que le sac a été béni.

« Le badge montre que notre sac a été béni et que nous avons une mission », relève Léo. Quelle est cette mission ? « Cette année, nous devons être témoins d’espérance. » Très bien ! Et en quoi cela consiste-t-il ? Parler d’espérance a été un peu difficile à mes deux compagnons. Ils m’ont expliqué que, pour remplir leur mission, ils devaient chaque mois relever un défi. « Tu vois, me dit Noah, notre premier défi pour ce mois de septembre c’est d’offrir de la joie avec une colombe. » « En janvier, le défi sera de transmettre une bénédiction et une parole de paix », renchérit Léo. 

J’apprends qu’en plus du défi mensuel, il y a les défis bonus que les élèves peuvent faire quand ils le souhaitent, comme ramasser des déchets au bord du chemin en rentrant de l’école ou aider un camarade à faire quelque chose qui lui demande un effort. Les défis peuvent être préparés et vécus en famille, ce qui a l’air de contrarier Noah et d’enchanter Léo. 

« C’est vraiment trop cool ! exulte Noah. En plus, cette année, nous avons un calendrier de l’Avent et pour le Carême. » Du 1er au 24 décembre, les enfants sont invités à accomplir chaque jour un défi comme s’ils ouvraient une porte d’un calendrier de l’avent. Durant le temps du Carême, du mercredi des Cendres au dimanche de Pâques, la démarche leur propose de petits défis pour se rapprocher de Dieu. En écoutant leurs explications, je dois avoir l’air sceptique, car Léo me dit, plein d’entrain : « Je passerai chez toi te montrer mon livret. »

En les écoutant parler, je découvre que la mission se déroule sur toute l’année pastorale. Il y a une célébration d’envoi en début d’année et une de clôture, en fin d’année scolaire. Les deux garçons échangent sur la fabrication de leur boîte. « Vous avez besoin d’une boîte ! J’ai plusieurs jolies boîtes en fer chez moi, je peux vous en passer une. » « Tu n’as rien compris ! s’exaspère Léo. Nous devons la faire nous-mêmes, c’est pour déposer les étiquettes de chaque défi que nous aurons relevé. » Noah complète : « La catéchiste a insisté sur le fait que nous devions prendre la boîte à la célébration de clôture, ainsi on verra tous les défis qu’on a faits et l’on pourra remercier Jésus. »

Il poursuit en m’expliquant : « En plus nous pouvons inventer nos propres défis. » « Je vais mettre notre discussion comme défi », réplique Léo : « Non, je ne crois pas qu’expliquer à Véronique notre démarche soit un défi ! » « Moi, je te dis que si ! » Arrivés devant l’école, les deux camarades n’avaient pas réussi à se mettre d’accord. Est-ce un défi d’expliquer ce qu’est la bénédiction des cartables ? Je n’en sais rien, mais pour moi, écrire cet article en fut un !

Témoin d’espérance

La bénédiction des cartables est une initiative des pastorales des familles de Suisse romande. Après avoir été « porteurs de joie » et « porteurs de lumière » les années précédentes, les écoliers sont cette année « témoins d’espérance ». Dans le cadre de l’année jubilaire durant laquelle les catholiques sont conviés à devenir des pèlerins d’espérance, les enfants sont invités à partager cette espérance par de petits gestes. 

« Le cartable fait le lien entre l’école et la maison. C’est toute la vie chrétienne de l’enfant qui est habitée par l’espérance », relève Anne-Claire Rivollet, responsable de la pastorale des familles dans le canton de Genève et représentante de l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg pour la pastorale des couples et des familles. « Cette proposition clef en main s’adresse autant aux paroisses qu’aux groupes de catéchèse. », souligne Adeline Wermelinger, de la pastorale des familles dans le canton de Fribourg.

Toutes les informations pour les défis se trouvent sur le site prierenfamille.ch

prierenfamille.ch

Ce site des pastorales des familles de Suisse romande offre des ressources spirituelles et créatives pour dynamiser la relation entre Dieu et la famille. Vous y trouverez les défis de l’action de bénédiction des cartables, mais aussi des prières, des chants, des célébrations pour vivre un temps fort en famille, des propositions en lien avec le temps liturgique. Vous pourrez également commander les deux livrets réalisés par la pastorale des familles de Suisse romande : « Vivre la prière en famille » et « Comment dire à-Dieu à une personne que j’aime ».

Bénir

Les bénédictions font partie de la vie de l’Eglise. Il en est question lors de la messe, au moment de la célébration des sacrements ou lors des temps forts de la vie. On fait bénir les objets que l’on rapporte de pèlerinage, son logement lorsqu’on emménage ou son cartable à la rentrée des classes ! Bénir vient du latin bene dicere, « dire du bien ». Il nous rappelle que bénir, c’est aussi louer Dieu et recevoir de lui ses bienfaits. La bénédiction n’est pas unilatérale : elle appelle une réponse humaine, à un acte de foi. Elle relie Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. Bénir quelqu’un est une manière de reconnaître la présence du Seigneur dans la vie de cette personne. Lorsqu’on bénit un objet, ce n’est pas tant l’objet que l’on bénit que la personne qui le possède ou qui va le recevoir. Attention, un lieu ou un objet béni ne doit pas faire l’objet de superstition : l’Eglise rappelle que ces bénédictions ont pour but la sanctification des personnes qui en feront usage.

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