
Par Thierry Schelling | Photo : DR
Grâce à Paul VI
« Et ne nos inducas in tentationem », vous vous rappelez ? On priait le Notre Père en latin jusqu’au Concile – même si, depuis quelques années, cette langue morte revient sur le devant de la scène liturgique ! – et personne ne se demandait ce que « inducas » pouvait signifier…
En 1966, le tutoiement à Dieu et le « ne nous laissez pas succomber à la tentation » sont adoptés par la bienheureuse adaptation de la liturgie selon saint Paul VI. Un peu rude ? Qu’à cela ne tienne, on change et écourte en « ne nous soumets pas ». Toujours dans cette grande réforme du regard de l’Eglise vis-à-vis du monde qu’a été le Concile.
Pape François
Arrive le 3 décembre 2017 où l’on est invité, et ce aussi avec nos sœurs et frères d’autres Eglises francophones, à adopter le « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Comme un retour à l’esprit de 1966 ? Dieu ne tente pas, mais on peut Le prier pour nous éviter de céder… Dieu ne nous éprouve pas pour nous faire chuter, mais accompagne tous nos détours pour nous inspirer le chemin droit.
Aux origines
Mais que dit le texte des Evangiles ? « μὴ εἰσενέγκῃς ἡμᾶς » translitéré « mē eisenénkēis hēmâs », d’un verbe qui dit « amener vers, mener à ». Donc l’idée qui vient de l’Ancien Testament où Dieu conduit son peuple y compris dans les affres de la vie pour l’éprouver, y est simplement reprise… Or, avec le Christ et 2000 ans de maturation théologique des croyant.e.s, la précision que « la vie » nous tente, et que Dieu peut nous éviter de « succomber » est plus adéquat spirituellement avec un Dieu appelé Père, Mère…
