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Philippe Fleury tenant l’ouvrage fraîchement sorti de presse.

Huit ans après l’incendie qui a ravagé l’église du Sacré-Cœur à Genève, le bâtiment a retrouvé une nouvelle vie. Un livre retrace l’aventure hors norme de cette « renaissance » et raconte comment une catastrophe est devenue l’occasion de réinventer le lieu.

Par Myriam Bettens 
Photos : Philippe fleury / ECR, Service d’incendie et de secours (SIS)

Les portes du Sacré-Cœur franchies, on ne peut manquer d’admirer les marbres installés sur le sol du lieu de culte. Différents tons ont été choisis pour élaborer les motifs, dont de l’orange. « Est-ce une bizarrerie de souhaiter du marbre pour le sol d’un édifice religieux ? », s’interroge Philippe Fleury. Ce qui semblait aller de soi pour le président du conseil de la paroisse du Sacré-Cœur a été considéré comme une extravagance du point de vue patrimonial. Entre obstacles administratifs et normes à respecter, la reconstruction du Sacré-Cœur n’a rien eu d’une promenade de santé. 

Il y a huit ans, l’incendie qui avait ravagé le bâtiment n’avait laissé debout « que ses murs extérieurs ». Paradoxalement, cet événement, vécu de prime abord comme une catastrophe, est devenu, Philippe Fleury en est convaincu, une chance pour le bâtiment. « Jamais une transformation d’une telle ampleur n’aurait été entreprise. Ça a été la chance du Sacré-Cœur », résume-t-il. Aujourd’hui, l’édifice a été entièrement repensé et accueille, en plus du lieu de culte, des activités et des espaces qui en font un endroit singulier. Restaurant, bureaux, salles de conférence et salle des fêtes cohabitent avec l’église. Un concept qui « n’a pas d’équivalent en Europe ». Même après cette renaissance, le Sacré-Cœur n’a pas été épargné par les épreuves. Vitres brisées, difficultés administratives, bataille pour le financement et, récemment, profanation du tabernacle : le parcours aura décidément été semé d’embûches. « Notre chemin est pavé de gravier », lance-t-il, une pointe d’ironie dans la voix.

Toutefois, se remémorer de tels souvenirs n’assombrit en rien la fierté des promoteurs du projet, Philippe Fleury en tête. Pour mesurer le chemin parcouru et « ne pas laisser cette histoire disparaître », un ouvrage collectif retraçant l’aventure hors norme de cette reconstruction vient de paraitre. L’église Sacré-Cœur à Genève : l’histoire d’une reconstruction. De l’incendie de 2018 à l’inauguration du 31 mai 2024, se veut à l’image du bâtiment qu’il raconte : « beau, riche en illustrations et attentif aux détails ». Les textes et les photographies ont ainsi été rassemblés au fil des années, jusqu’à l’achèvement des derniers espaces. Le Cercle du Sacré-Cœur, situé au sous-sol et terminé quelques mois avant la parution de l’ouvrage, a notamment pu être photographié pour figurer dans ses pages.

L’ouvrage entend être plus qu’un simple témoignage de chantier. Il est bien entendu question des étapes de la « renaissance » du bâtiment et de la manière de regarder autrement un lieu marqué par son histoire, mais aussi de rendre hommage à toutes les mains qui ont porté cette tâche « titanesque » et de relever les nombreux gestes de solidarité qui ont durablement marqué les esprits.

Vue de la toiture après l’incendie.

A mettre dans toutes les mains

Le livre, L’église Sacré-Cœur à Genève : l’histoire d’une reconstruction.
De l’incendie de 2018 à l’inauguration du 31 mai 2024,
Editions Saint-Augustin, 2026, 188 p.,
est disponible à la vente directement aux éditions ou à l’église du Sacré-Cœur.

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