A l’affût du renouveau

A l’affût du renouveau
Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Ma passion pour la photographie animalière est née à la suite d’une période difficile et m’a permis de vivre au plus profond de moi un renouveau, un retour à la vie.

TEXTE ET PHOTOS PAR MARION PERRAUDIN

Au fil des saisons, durant mes heures d’attente et d’affût, j’entre dans un cœur à cœur avec Dieu, afin de lui laisser me montrer ses trésors. Je laisse résonner en moi sa Parole qui me renouvelle comme l’aube de Pâques.

Durant ces heures, j’apprends et j’approfondis la patience. J’expérimente également la notion de « démaîtrise ». En effet, je n’ai aucun pouvoir, aucun contrôle sur l’animal que je voudrais photographier dans le cadre et la lumière idéal. J’essaye simplement de vivre l’instant présent. Tous ces moments m’aident à vivre mon quotidien rythmé par les joies et les bonheurs, mais aussi par le deuil de mon mari, ce temps de pandémie avec toutes les contraintes que l’on connaît.

Tout dans la nature est annonce de renouveau. Tel un arbre qui, dans la froidure de l’hiver, tend ses branches vers le haut et espère le printemps, tout notre être doit se tendre vers le Très Haut et refonder sa confiance dans la promesse de la lumière du matin pascal. Car tout ombre dévoile la Lumière et laisse transparaître la beauté. Toute nuit s’incline devant le jour nouveau pour que la vie surgisse. Il suffit d’ouvrir les yeux du cœur, d’accueillir le moment présent des mains du Père et de laisser jaillir sa Vie dans ma vie. Cette nature, cette montagne, avec tous les animaux, est un écrin où la force et la lumière de la vie peuvent être contemplées et accueillies.

A travers les animaux que j’observe, je laisse le Seigneur me parler et me rejoindre. Chaque observation du gypaète barbu – qui avait disparu jusqu’au début des années 90 – est pour moi symbole de renouveau. En regardant ce grand rapace, à la fois fort et fragile, je laisse la Lumière de la Vie éclairer toutes mes fragilités pour qu’à sa clarté, elles se transforment en force. Au passage de l’aigle royal, un verset de l’évangile de saint Jean me revient en mémoire et habite ma prière. Au travers de la douceur d’une chèvre de chamois envers son cabri, d’une biche qui se désaltère au ruisseau, d’un bouquetin qui se couche près de moi, devant la beauté des ailes du tichodrome échelette, je médite les psaumes.

En partageant mes photos, j’essaie simplement de partager non seulement les beautés de la création, mais aussi ma foi et mon espérance en la Résurrection de Jésus Christ, en la force de sa Vie offerte à chacun.

Et Dieu dit : « Que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi… Et Dieu vit que cela était bon. (Gn 1, 20-25)

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