A l’école de la vie

Yasmine Richon a 44 ans et est domiciliée à Vouvry. Depuis l’âge de 3 mois, elle vit avec une différence appelée hémiplégie. Assez solitaire, elle partage son temps entre des visites chez ses parents – Françoise et Jean – à Martigny-Croix et l’écriture, un art qui la passionne depuis plus de 20 ans. Son souhait le plus cher, c’est de profiter de la vie pour grandir: «à l’école de la vie», comme elle aime à dire.

PROPOS RECUEILLIS
PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

En ce mois de février vous fêtez 20 ans d’écriture avec 39 titres à la clé. Qu’est-ce qui est à l’origine de cette passion pour l’écriture ?

J’ai toujours aimé écrire et je voulais rédiger un livre. A 9 ans, j’ai été encouragée par mon institutrice à m’exprimer par écrit. Lorsqu’Alexandre Jollien – avec qui je suis allée à l’école – a publié son premier livre « Eloge de la faiblesse », ç’a été pour moi comme un déclic. Je me suis dit que moi aussi je pouvais écrire mon livre.

En 20 ans vous avez exploré une quantité de thèmes. D’où tirez-vous votre inspiration ? Quels sont vos sujets de prédilection ?

Je puise mon inspiration dans mon vécu tout simplement. J’écris uniquement sur ce que je connais de l’intérieur. J’aime tout spécialement écrire sur ma foi en la Vie. J’ai publié plusieurs livres traitant de ce sujet.

Vous m’expliquez que la survenue de cette hémiplégie remonte à l’âge de 3 mois des suites de l’inoculation d’un banal vaccin. Quel regard portez-vous sur la situation pandémique actuelle ?

Bien sûr, je ne vais pas me faire vacciner. Mais je pense que le vaccin contre la Covid-19 est tout à fait au point si l’on prend en compte que seul 10% des gens hospitalisés sont vaccinés. Le vaccin est un bon moyen de lutter contre le virus.

Vous avez vécu en foyer une partie de votre vie. Que retenez-vous de positif de cette période ?

A l’institut, j’ai eu les meilleurs soins possibles pour traiter mon hémiplégie. J’ai également rencontré cette institutrice qui m’a encouragée à écrire et qui aujourd’hui encore est très importante pour moi.

Vous avez insisté pour dire que dans la vie, « on fait ce qu’on peut ». Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Parfois on ne réussit pas très bien ce qu’on fait. J’ai loupé ma scolarité. Mais il faut voir les circonstances du moment. A ce moment-là je ne pouvais pas faire mieux. Parfois on n’a pas les moyens de faire bien. Alors on fait ce qu’on peut.

Vous parlez du fait que la souffrance a été pour vous une maîtresse de vie, comment cela ?

La souffrance m’a amenée à réfléchir et à travailler sur moi. C’est à la suite de souffrances que j’ai appris à me connaître et à m’aimer beaucoup.

Vous m’avez parlé aussi de « l’abandonnisme ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Il s’agit d’une pathologie qui consiste à toujours se sentir abandonné et à toujours craindre d’être abandonné par les êtres qui nous sont chers. Nul besoin d’avoir réellement été abandonné pour déclencher cette maladie. Il suffit d’une séparation précoce avec des êtres importants tels que les parents. Une séparation mal vécue prise comme un abandon peut être l’élément déclencheur.

Etre heureuse qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Je pense qu’être heureux, c’est comme le bonheur. C’est l’idéal. C’est très difficile à atteindre. J’ai une vie qui n’est pas facile. Mais elle m’a permis de faire de belles rencontres, de beaux voyages. J’ai la chance de pouvoir écrire et publier mes livres depuis 20 ans. Je pense que j’ai malgré tout une belle vie. Je peux dire que j’ai beaucoup de chance.

Quel rôle joue la foi dans votre vie ? Comment la vivez-vous ?

La foi, c’est la base pour moi. C’est ce qui m’aide à tenir debout et en vie quand c’est trop difficile. Je la vis tout simplement dans mon cœur, chez moi et je la partage avec joie dans mes livres.

Vous appelez Dieu « la Vie », pourquoi ?

Il y a quelqu’un que j’ai beaucoup aimé mais qui m’a fait très mal en me disant : « C’est Dieu qui agit en moi. » Je sais aujourd’hui que c’est faux ! Mais voilà pour moi, parler à Dieu à ce moment-là je ne pouvais pas. J’ai également été violentée par des hommes. Alors la Vie, au féminin, ça me convient très bien.

Vous m’apprenez que vous n’écrivez pas pour gagner de l’argent. Vous donnez vos livres pourquoi ?

Je vends parfois mes livres à des gens qui tiennent à me les payer. Je fais publier
30 exemplaires à la fois. Mon but n’est pas de les commercialiser. Mes livres, c’est un bout de moi. Les vendre ne me plaît pas. Je préfère les donner à des gens de mon entourage comme on confie un petit chat qu’on aime.

Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur aujourd’hui ?

M’épanouir dans l’écriture. Evoluer et me faire des amis, même si j’en ai déjà.

Pour découvrir et commander un des livres de Yasmine. Rendez-vous sur le site des Editions « A la carte » à Sierre : www.editions-carte.ch ou appelez Yasmine au 079 321 65 90.

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