PAR CHRISTIAN BOBIN | PHOTO : MARION PERRAUDIN
J’éprouve de la méfiance vis-à-vis d’un imaginaire un peu trop chaleureux, romantique, « sucré ». Noël n’est pas une jolie histoire, un joli rêve.
A Noël, je vois venir à ma rencontre un nouveau-né qui, déjà, est mon maître. Un enfant
qui va me donner à manger comme on donne à manger à un nourrisson. Un enfant qui va m’apprendre des vérités élémentaires et pourtant tellement essentielles.
Il va m’apprendre que d’un côté il y a les stratégies, les calculs, la force, la puissance, l’argent, la jalousie. Et que, de l’autre, il y a l’attention à l’autre, l’oubli de soi, le don, l’ouverture, la bonté.
A Noël arrive un enfant qui va nous rendre la vie impossible, mais sans cet impossible, il n’y a rien.
