Le progrès est devenu une sorte d’espoir pour l’humanité détachée de la compréhension chrétienne de l’homme. La perspective d’une humanité inscrite dans un monde issu du hasard, mécaniquement orienté vers le progrès, a séduit par son apparent positivisme.
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PAR OLIVIER TARAMARCAZ
Evolutionnisme et matérialisme. – L’idée de l’autonomie humaine qui avance inéluctablement vers sa réalisation est aujourd’hui inscrite dans la pensée de la majorité des contemporains. Il n’y aurait pas de finalité à la vie humaine, il n’y aurait pas de Dieu qui préside à notre destinée. La pensée de Darwin a ouvert le chemin vers une rédemption sans Sauveur : du chaos initial émerge un monde radieux ! Maurice Caullery 1 a mis en cause l’idée d’évolution physiologique dans le règne animal, de même que le principe darwinien de filiation des espèces entre elles : « A l’époque cambrienne, la première dont nous possédions des fossiles un peu abondants, le règne animal a déjà une physionomie qui ne diffère pas essentiellement du monde actuel. […] Les grandes lignes du règne animal sont déjà tracées aux époques les plus anciennes, et les divers groupes sont séparés les uns des autres par des discontinuités de l’ordre de celles que nous constatons aujourd’hui. » 2 Stephen Hawking a écrit avec le physicien Leonard Mlodinow : « La création spontanée est la raison pour laquelle il existe quelque chose plutôt que rien. […] Il n’est nul besoin d’invoquer Dieu pour qu’il allume la mèche et fasse naître l’Univers. » 3 Hawking affirme qu’avant le big-bang, il n’y avait rien. André Comte-Sponville, philosophe, prolonge : « Si rien n’existe que la matière, le bien et le mal, le beau et le laid, le juste et l’injuste n’ont pas d’existence réelle. Il n’y a que la nature, qui n’est ni bonne ni mauvaise, ni belle ni laide, ni juste ni injuste – la nature indifférente, sans valeur ni sens, sans norme ni finalité. » 4 Le rationalisme comme absolu est une idolâtrie de la raison. Le rationalisme absolu ne regarde pas le ciel qui raconte, qui nous raconte. Il ne regarde pas l’univers comme un espace avec une histoire.
La loi de la biogenèse. – La reconnaissance des lois existantes, la reconnaissance par le monde scientifique d’une origine à l’univers, indiquent que l’existence de l’univers est conditionnée par un événement : le big-bang. Mais quelle est la cause qui l’a permis ? Cette cause doit se situer en dehors du big-bang. La loi de la biogenèse comporte le principe que la vie vient de la vie, pas de l’absence de vie. En physique, il est admis de considérer que rien ne peut venir à l’existence à partir de rien. A la question : « Qu’est-ce qu’il y a avant le big-bang ? », doit-on fermer le rideau, ou accepter qu’il y ait une vraie question ? La rationalité observable dans l’univers, indique que l’univers porte dans sa géométrie et dans sa dynamique, une rationalité, mesurable, calculable, que l’univers n’est pas simplement un amas informe et éclaté, sans coordination. S’il y a un début à l’univers, y a-t-il un prélude avant le début de l’univers – comme il y a une réalité qui précède le moment d’un concert ou d’une pièce de théâtre ? Y a-t-il un metteur en scène qui a mis en scène l’univers ?
La Parole du Dieu de la Genèse. – La Bible répond magnifiquement à cette question, en précisant même le déroulement de la mise en œuvre de l’univers depuis le début. Les lois de la nature sont fondées sur une loi spirituelle : le Créateur est à l’origine des lois physiques, mais il ne fait pas partie des objets observables de l’univers. Il en est l’Auteur. Sa Parole, la Bible, commence par ces mots : « Au commencement, Dieu a créé le ciel et la terre. » (Gn 1, 1) Dans la Lettre aux Romains, il est rappelé : « Depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit. » (Rm 1, 20) Le prophète Isaïe pointait déjà l’orgueil de l’homme livré à lui-même : « Mais vous n’avez pas un regard pour ce que l’Eternel a fait, et vous ne voyez pas l’œuvre qu’il accomplit. » (Is 5, 12) La Bible déclare encore : « En Christ se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. » (Col 2, 3) La connaissance repose sur une recherche de vérité qui n’est pas physicaliste. La vie se trouve en Christ. « C’est par lui, Jésus-Christ, que Dieu a voulu réconcilier avec lui-même l’univers tout entier, ce qui est sur la terre et ce qui est au ciel. » (Col 1, 20) Cette parole a une portée extraordinaire dans la vie de toute personne qui accepte humblement de reconnaître que derrière les lois physiques, se tient le Créateur des cieux et de la terre qui dit : « Au commencement, Dieu… »
(Gn 1, 1). Le vrai chemin commence lorsque je reconnais la Parole qui me parle.
1 (1868-1958). Président de la Société zoologique de France en 1915.
2 Maurice Caullery, Le problème de l’évolution, Paris, Payot, 1935 ; cité par Paul Tournier, Désharmonie de la vie moderne, Neuchâtel, Delachaux & Niestlé, 1947, p. 121.
3 Stephen Hawking (1942-2018), Leonard Mlodinow, Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?, Paris, Editions Odile Jacob, 2011, p. 219.
4 André Comte-Sponville, Traité du désespoir et de la béatitude, Paris, Presses universitaires de France, 1984, p. 77.
