Bas les masques devant Notre Père…

Bas les masques devant Notre Père…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

Quelle est la véritable couleur de mon (véritable, mais invisible) masque, sa taille réelle sur mon visage ? Combien a-t-il de plis pour me protéger des autres qui me dérangent tellement, et surtout pour me permettre d’invectiver autrui sans retenue ?

PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY

Qui sont vraiment ces êtres humains en fait depuis longtemps masqués par des attitudes de rébellion, de violence, de revendications idéologiques exacerbées par le besoin devenu fou d’être « comme je veux », sans que personne n’en dise quoi que ce soit ? Ce masque, arboré de manière ostensible, est bien plus laid, défigurant et dissimulateur que ces masques bleus, noirs, roses ou bariolés que l’Etat nous impose de porter ces derniers mois.

Quel visage donne-t-on ainsi aux enfants et aux jeunes de l’importance des contraintes de la vie sociale, tandis que l’Etat nous prie quotidiennement de respecter les règles du jeu actuel : être solidaires, faire preuve de respect envers autrui et les biens communs ?

Nous, chrétiens qui prions le Notre Père, à l’invitation de Jésus, sommes-nous conscients que ce « Notre » nous fait entrer dans une posture de fraternité, dans un lien fraternel, comme fils et filles du même royaume en construction ? Tout au long de la prière donnée par Jésus qui nous constitue dans cette fraternité, on jongle avec les mots « notre », « nous », « nos »… La vie n’appartient plus seulement à chacun… Mais elle se construit, se partage avec le Père, avec les frères et les sœurs. Cette fraternité à développer doit s’exprimer davantage dans un respect réel de la différence, plutôt que dans une simple tolérance qui n’engage pas trop.

Lorsque nous, chrétiens, prions le Notre Père, sommes-nous conscients combien Jésus, à travers cette prière qu’il a lui-même enseignée à ses apôtres, nous veut unis, toutes et tous, en un seul et même Corps relié par cette fraternité de laquelle le Père est garant et dont Jésus est le centre nerveux ? Cela n’implique-t-il pas…

• fraternité par Jésus sous le regard d’un même Père,

• responsabilité fraternelle dans le respect,

• bienveillance affectueuse,

• responsabilité dans la correction mutuelle,

• visée plus large de la défense de ce qui est juste pour la vie de tous et non pas seulement pour le bien de nos petits enclos de vie privée,

• encouragement à la responsabilité collective, en faveur de la vie de tous et de chacun ainsi que de la Maison commune, la terre.

Jésus enseignait en disant : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Lc 20, 25) L’intelligence de Jésus était profondément liée au bon sens de la vie et, on peut s’en étonner, au respect envers les autorités. La prière du Notre Père nous conduit sur ce chemin exigeant de fraternité, d’élargissement de ce « nous » fraternel dont nous sommes part constitutive et dont il est si crucial de prendre soin. Prendre soin de cette fraternité est un de nos devoirs majeurs en ce temps de pandémie. Sans faire aucune distinction dans cette fraternité, acceptons-nous les uns les autres plutôt comme solidaires que comme adversaires.

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp