Quel cadeau pour moi de vivre le Carême au Togo ! Le Carême s’appuie sur 3 piliers : la prière, l’aumône et le jeûne. J’essaie de le vivre chaque année de mon mieux, mais cette année il a résonné de manière très différente et surtout de manière concrète pour moi !

Texte et photos par Gérard Dévaud
Tout d’abord, la prière. Avec l’abbé Antoine et une amie, nous avons pris cinq jours de retraite au monastère l’Ascension de Dzogbegan, au nord-est de Lomé. Un cadre somptueux, au milieu de la forêt tropicale et des plantations de poivre, café, ananas, bananes, mangues et autres délicieux fruits. Cinq jours rythmés par la prière des moines, par les balades dans le parc, par la lecture de la Bible et la méditation. Quel cadeau !
Ce fut aussi pour moi l’occasion de jeûner un peu de mon téléphone portable ! C’est vrai que c’est un outil très pratique, surtout lorsque l’on est à des milliers de kilomètres de chez soi pour garder le contact avec ses proches. Mais dans ce cadre si calme et serein, mon téléphone n’a plus ou moins servi qu’à faire quelques photos !
Visite staviacoise
En ce qui concerne l’aumône, j’ai l’occasion de le vivre presque quotidiennement au travers de rencontres. Mais le moment le plus fort pour moi fut certainement le jour de la visite de Nathalie et Matthieu Angelini, membres de l’association God-is-love Saint-Laurent Estavayer. A cette occasion, l’abbé Antoine, avec le comité de gestion, avait mis sur pied une magnifique journée de découvertes et de remerciements. Quel accueil extraordinaire par les filles-mères, leurs enfants et toute l’équipe accompagnante ! « Le bien que nous faisons à l’autre nous revient toujours d’une manière ou d’une autre ! » C’est par ces mots que l’abbé Antoine a débuté son discours de bienvenue. « Je peux être bien mais si quelqu’un à côté de moi est affamé, ma vie n’a pas de sens. Ma vie ne vaut rien. Je ne peux pas être rassasié seul et être indifférent. L’indifférence est un poison qui détruit nos sociétés ! » a-t-il ajouté, faisant écho à l’évangile de Matthieu au chapitre 25 : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire […]. Amen je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
Il en a profité de remercier tous les généreux donateurs de la Suisse qui ont permis de réaliser ce superbe projet. Projet qui va bientôt être complété par un nouvel atelier : une boulangerie. Après un délicieux repas et les cadeaux apportés par les P’tits Suisses, ce fut le moment pour tous de danser. Oui, je peux vous l’affirmer : Dieu était vraiment présent au milieu de nous ce jour-là à travers les rires de ces filles-mères, de leurs enfants et de toutes les personnes présentes, ainsi qu’à travers tous les moments magiques d’échanges et de partages. « A chaque fois que tu mets les pieds ici, tu repars joyeux ! Merci les filles pour votre joie de vivre ! » a conclu l’abbé Antoine. Mais le temps passe vite, et ce fut déjà le moment de quitter le centre, avec des souvenirs et des images plein la
tête.
A l’heure où je vous écris, il me reste exactement un mois avant mon retour en Suisse… et j’appréhende déjà le moment où je devrai quitter mes nombreux amis d’ici. Mais pour le moment je profite de chaque instant qui m’est donné et je me dis que j’y reviendrai certainement un jour !

