Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), mai 2021
Une longue dépression stagne sur nos terres intérieures depuis des mois… La météo de la vie est plombée par ce « grand froid ». Ces « tempêtes en à-coups » qui assiègent le quotidien, nous prennent au dépourvu, nous accablent…
PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY
Lassitude, angoisse, fatigue, solitude, résignation, colère… Sentiments contradictoires qui défilent comme de lourds nuages de mauvais temps sur la tête de tant de personnes. C‘est un long hiver froid qui bouleverse les corps et les cœurs, et étirent ces liens qui nous tiennent les uns aux autres de tant de manières différentes, et devraient maintenir ainsi la circulation de la vie. C’est difficile pour chacun probablement, et encore immensément plus difficile pour ceux que cette météo pandémique malmène le plus. Pourtant… L’hiver finit toujours par s’achever !
Laisser se faire. – Cela se répète à l’infini en dépit de tous les bouleversements climatiques. Et l’hiver s’étant achevé, il est temps de laisser place à un puissant anticyclone, de changer le climat, la météo des cœurs malmenés par la dépression covid. Certes, rien de magique ne surviendra, sans le travail intérieur de cette grâce printanière qu’il faut pouvoir laisser se faire, en dépit des turbulences concrètes que l’on doit affronter au fil du temps.
Décider… – Décider de sortir du désert, de la nuit, des doutes et de la peur ! Choisir la vie et ne pas laisser la mort choisir le cœur ! Oui choisir la vie, la lumière et la douceur de l’espérance pour qu’il fasse le plus beau possible là où cette vie bat, parfois imperceptiblement, c’est vrai. Bien sûr, ce n’est pas si simple pour chacun. Mais on décide, on ne choisit pas seulement pour soi-même… On le fait en portant ceux qui sont coincés sur un coin de terre où des nuages chargés les cernent. La météo du cœur et de l’âme est plus douce et plus belle si on a l’objectif de la partager à travers des petits riens et des petits plus.
Partager. – Pour nous chrétiens, l’espérance de Pâques, c’est Jésus qui a passé de la mort à la vie, et qui nous tend la main pour passer à notre tour de ce climat froid, humide et sombre à un climat de douceur, empreint de lumière. Dans cet élan de résurrection, de retour à la vie, les perce-neige sont aussi beaux que les roses. Et le Seigneur ressuscité nous propose de partager ces premières fleurs jaillies sous une météo de renaissance avec ceux qui peinent. Décision, choix de Vie dans lesquelles nous emmenons les autres vers un climat plus serein.
