«Chuuut! Tais-toi donc! Arrête de poser des questions! Tu ne vois pas que tu déranges? Ça ne se fait pas de fouiller le passé… Ça ne se fait pas! Que veux-tu savoir? Cela ne te regarde pas! On ne te demande pas de comprendre, on te demande d’accepter…» Qui n’a pas au moins une fois entendu l’une de ces remarques sonner comme un glas dans ses sensibles oreilles?
Par Valérie Pianta
Photo: www.publicdomainpictures.netCertaines choses demeurent enfouies depuis des décennies dans les catacombes de tant d’histoires personnelles, familiales, communautaires. Il ne faut surtout pas les toucher, ne rien remuer sous peine de catastrophes avec des dommages collatéraux contre lesquels on met gravement en garde afin d’inciter au silence.
Combien de secrets sont-ils ainsi gardés au chaud, en famille, autour des arbres généalogiques, autour de drames, d’échecs, d’événements honteux ? Ces secrets sont inscrits dans la mémoire intergénérationnelle, familiale et sont trimbalés comme de vieilles casseroles de génération en génération et justifient ainsi des comportements de rejets, de fermeture. Ces secrets sont parfois utilisés pour autoriser chacun, en cas de besoin, à ne pas piétiner sa fierté, plutôt que de les déraciner comme de vieux arbres qui cachent la forêt et ainsi ne plus trouver d’excuses pour éviter de faire la paix. Faire la paix avec soi-même, avec ceux qui précèdent, avec certains proches… Les secrets qui sont tenus enfouis pour la protection de « l’environnement émotionnel » gèlent les fonds et rendent inaccessibles le lieu secret où Le Seigneur frappe à la porte !
Secret défense pour ne pas être pris en flagrant délit de miséricorde, de guérison, de faiblesse… d’accueil ! Secret défense comme la carapace d’une tortue sous laquelle avancer tant bien que mal malgré le surpoids… et vite se cacher au cas où…
Moins de secrets étouffants, moins d’opacité dans les familles, dans les communautés religieuses, entre les citoyens, contribuerait à assainir les esprits, les cœurs, et même… les corps. Les adultes, les jeunes, les enfants deviendraient plus libres, plus vrais, moins politiquement corrects certes, mais la transparence ajouterait la touche de lumière capable d’éclairer le présent.
Le moins que l’on puisse dire est que Jésus n’a pas été politiquement correct. Il a dit ce qu’il en était de ses origines, de sa filiation divine, de sa famille, de ce qui allait lui arriver et du sens de ces événements. Même de sa Résurrection, Jésus n’a pas fait de secret. Hormis l’inexplicable, il s’est montré au grand jour ! Il s’est laissé toucher, il a mangé, il a marché ! Mais chuuut ! il ne faudrait pas le crier sur les toits pour garder l’effet de surprise lorsque Celui-ci fait irruption dans nos histoires.
