Comme un chapelet de perles

Comme un chapelet de perles

Les jubilés que nous fêtons rappellent la fidélité à un engagement pris ou une promesse échangée, qui ont tenu sur le chemin malgré les embûches. Comme le sommet visé par l’alpiniste ; comme le phare qui brille sur la côte.

PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY

Ils sont nombreux les jubilés qui s’égrènent comme les perles d’un chapelet tout au long d’une vie. Chacun suit son propre chemin jalonné par des temps de discernement, de choix, de promesses, d’engagement, de remises en question, des temps empreints de joie, mais aussi parfois de doutes. Célébrer un jubilé, ce n’est pas seulement faire une fête, partager un bon repas, se réjouir d’être toujours là malgré le temps qui passe. C’est aussi parfois une gratitude discrète, silencieuse, qui éclot comme une rose qui répand un parfum de joie sereine. Un moment durant lequel on peut ouvrir les mains pour recevoir un cadeau inédit, porteur d’un message qui parle d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Célébrer ce « oui ». – Un jour d’octobre passé, c’était un jubilé de mariage que nous fêtions, mon mari et moi, sous la douceur d’un soleil tendre. Ce fut un jour teinté de surprise, car pour cet anniversaire, nous avons reçu un cadeau inédit, touchant, imprégné d’une incroyable tendresse, qui racontait ce que signifie « dire oui » pour le meilleur et pour le moins bon, mais oui pour toujours, quoi qu’il arrive sur le chemin. Durabilité de l’amour qui se dépasse discrètement, mais fidèlement, nourri par la tendresse, la
patience, l’humilité.

Un cadeau : un signe. – Vous devez vous demander, cher lecteur, de quel cadeau je veux parler… Eh bien, c’était un beau « bouquet de fleurs » d’amour, de tendresse, de patience, de sérénité… Ce que je décrivais plus haut, offert par un couple d’amis que nous sommes allés trouver chez eux lors de notre séjour dans leur région. Lui, prenant soin 24h/24, jour après jour, de son épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade des plus avancés. Avec une sérénité et un sourire émouvant, il nous disait que le « oui » prononcé au jour de leur mariage, l’avait engagé pour toujours, même sur le chemin le plus difficile d’une terrible maladie.

Prendre soin *. – Prendre soin de son épouse redevenue telle une enfant, privée de sa lucidité, de ses capacités, était naturel pour lui dans le mouvement de cet amour nourri d’une profonde tendresse. Combien de patience et de douceur pour guider les gestes et les pas, veiller, relever après la chute ! Nous avons reçu comme un cadeau exceptionnel en ce jour particulier, le magnifique témoignage de ce que peut être le chemin de l’amour, au-delà de la jeunesse, des moments de joie et d’enthousiasme face aux projets communs ! Prendre soin de l’autre que l’on a choisi et à qui on a donné sa parole, le plus loin possible dans ce voyage de vie un jour entrepris ensemble, y compris dans ce qu’il y a de plus difficile à accueillir et à gérer quotidiennement, semble être un défi lancé au temps et à la durabilité. Développement durable… Ici, nous
avons découvert le miracle que peut faire l’écologie de l’amour, quand celui-ci est nourri de tendresse et enraciné au plus profond, comme un chêne enraciné dans sa terre.

Dans le terreau de la réalité. – Lui est le jardinier du bout de terre de son épouse, le soleil et l’eau dont elle a besoin pour aller au terme de sa saison. Nous n’avons pas reçu un sermon pompeux sur l’amour pour fêter ce jubilé, mais quelque chose de réel, de tangible, de visible dans le terreau de la réalité. En déambulant tous les quatre au bord de la mer, sur une plage irrégulière – au moins autant que nos vies – accompagnés du chant des vagues, des cris d’enfants et des mouettes, sous le tendre soleil, nous avons touché encore plus la réalité de l’alliance, apprécié sa saveur toute particulière : elle avait le goût de la mer qui ne s’arrête jamais, de son mouvement perpétuel entre calme et tempête. Sa main dans la sienne, sa main dans la mienne… Nos mains unies. Dans l’amour, la tendresse, dans la confiance. Merci P. et A.

* Il s’agit du thème annuel des Equipes Notre-Dame.

My-Bourg, mercredi 8 décembre à 18h : Messe présidée par le chanoine Gilles Roduit et animée par les Equipes Notre-Dame Secteur Valais. Boisson chaude offerte à la sortie.

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