L’Essentiel Paroisse Saint-Laurent Estavayer
Nous sommes allés à la rencontre de quelques jeunes en leur demandant comment ils percevaient, aujourd’hui, l’engagement religieux ou sacerdotal.
PAR BERNADETTE VON NIEDERHÄUSERN ET L’ABBÉ LUKASZ
PHOTOS: LAURENT THIERRIN ET RAPHAËL ROULIN
Cléa et Annia: «C’est un choix très spécial que je trouve très beau.»

Cléa Losey, 17 ans, étudiante au Gymnase de la Broye, répond: «Chacun choisit ce qui lui plaît. Ce n’est pas le goût de tous, en tout cas pas le mien.»
Sa sœur Annia, 20 ans, se prépare durant une année à la haute Ecole de musique de Lausanne. Pour ce qui concerne l’engagement religieux, elle n’aurait pas le courage de se lancer. C’est un choix très spécial. Je trouve ça très beau et j’admire que très peu de choses leur suffisent. Ils ont raison, ils font ce qu’ils aiment comme moi la musique. Pour les Dominicaines, c’est un peu compliqué du point de vue financier. Je trouve que c’est un bel engagement envers Dieu et malgré les difficultés, elles continuent quand même.»
«Devenir prêtre, c’est un choix difficile. Il décide de vivre sans famille, sans femme. C’est un mariage avec Dieu pour n’être qu’avec Dieu. Mais moi, j’aimerais une famille.»
Annia et Cléa remarquent qu’après l’engagement définitif, c’est dur de changer de voie car il faut renoncer à tout et recommencer à zéro. Quelques questions s’imposent: est-ce envisageable que ça évolue? Femmes prêtres ou prêtres mariés comme les protestants?
Ness: «Chacun doit suivre sa destinée en répondant à sa vocation intérieure.»

Ness Da Fonte, 20 ans, employée de commerce aux CFF et en formation en cours d’emploi vers la maturité.
«Pour moi c’est important d’être engagée en paroisse. Je suis au Conseil de communauté de Bussy et responsable des servants de messe. J’aime être en lien avec les per- sonnes, c’est l’aspect concret de ma foi. Les personnes qui s’engagent ont entendu un appel à un bonheur plus fort que dans leur quotidien. Automatiquement, elles le suivent. Je respecte leur choix.»
«Je souhaite que chacun suive sa destinée en répondant à sa vocation intérieure. J’aime voir les Dominicaines qui vivent ensemble sans se connaître avant. Elles réalisent leurs tâches harmonieusement. Elles sont heureuses sans beaucoup de choses. Le minimum vital leur suffit. Cet appel à quelque chose de plus beau et plus intense leur a permis d’oser s’engager dans la vie religieuse.
«Les prêtres doivent être en paix»
«Pour les prêtres c’est différent. Ils sont plus au contact avec les gens. C’est important qu’ils donnent l’exemple. Ils ont un rôle important dans l’eucharistie afin de rendre vivant le Christ dans les cœurs par la Parole, les homélies et la consécration. Ils sont courageux d’accepter qu’on dicte leur vie. Par conséquent, ils doivent être en paix avec eux-mêmes et aussi les gens autour d’eux. Ce qui leur permet de tenir, c’est la foi. La prière, c’est un dialogue avec Dieu sans être jugé. L’accompagnement des jeunes est une chance pour eux afin d’évangéliser d’une façon nouvelle. Les prêtres sont des messagers de Dieu. Ils accordent le pardon afin de répandre la paix dans les cœurs des paroissiens. Je pense que certains abandonnent parce qu’ils n’ont pas trouvé le bonheur qu’ils pensaient et la réponse n’était pas ce qu’ils recherchaient. Cette expérience les a fait grandir sur leur chemin de vie et va les amener vers un autre destin.»
Lucia et Emilia: «Les prêtres devraient être plus proches des jeunes.»
L’Essentiel Paroisse Saint-Laurent Estavayer
Lucia Bargiel, 16 ans, de Montet, et sa sœur Emilia, 18 ans, s’expriment d’une seule voix en mettant l’accent sur l’engagement du prêtre dans sa communauté.
« Nous sommes des jeunes d’une famille catholique. Pour nous la messe est une chose importante car cela nous permet une rencontre avec Dieu. Nous avons été élevées dans une famille catholique et c’est pourquoi nous pouvons témoigner de notre ressenti vis-à-vis de l’Eglise et précisément de l’engagement sacerdotal, selon notre point de vue.
Les prêtres nous ont enseigné et expliqué la Bible. Nous avons aussi eu la chance de servir à leurs côtés et d’être accompagnées dans la préparation à recevoir nos sacrements, ce qui sans eux ne serait pas possible. Aujourd’hui, ils nous permettent d’accéder au sacrement du Pardon et nous aident lorsqu’on a un problème. Pour notre part, nous avons de la chance d’avoir un prêtre impliqué dans ce qu’il fait et surtout avec qui nous avons un bon contact. Nous savons qu’en cas de problème nous pouvons toujours nous tourner vers lui pour trouver de l’aide. Cependant, malgré leur engagement dans certaines communautés, on ne voit que très peu de jeunes à la messe. Ceci est peut-être dû au manque d’activités qui leur sont destinées et qui pourraient peut-être les motiver à s’engager plus profondément dans la foi. Les prêtres devraient aussi encourager leur communauté plus âgée à enseigner la foi aux enfants dès leur plus jeune âge et leur montrer ce que la foi peut leur apporter. Finalement, nous pensons que les prêtres devraient participer ou organiser plus d’événements qui rassembleraient leur communauté et de ce fait, ils pourraient donc se rapprocher d’elle et créer des liens, car le rôle d’un prêtre n’est pas seulement de célébrer la messe mais aussi d’avoir un bon contact avec les personnes.
