
Photo: evangile-et-peinture.org
A propos de l’article de Françoise Besson au sujet de « Janine » dans L’Essentiel d’avril 2023.
Cet article m’a tout de suite touchée sans l’avoir d’abord lu, à cause de la photo du regard de Janine. Dans ses yeux, j’ai été plongée dans son monde intérieur tel que je pouvais l’imaginer : un monde aride de désespoir et d’enfermement. En découvrant à la fin de l’article les circonstances de la mort de Janine, un cri de révolte a jailli en moi.
Je découvre aujourd’hui que, si cette histoire m’a choquée, c’est que, moi aussi, il y a quelques années, j’ai souffert de cette terrible maladie qu’est la dépression. Mais contrairement à Janine, j’ai pu trouver une autre porte de sortie à cet enfer, et cela, non pas par mes mérites mais par l’accueil d’une discrète mais infinie tendresse de Dieu. Face à cet enfermement intérieur, minute après minute, j’ai reçu la confiance fidèle de certains proches, malgré leurs incompréhensions par rapport à mon vécu et mon comportement.
Malgré une certaine nuit de l’esprit, la foi de ma jeunesse a pu survivre et s’épurer. Souvent dans ma chambre, je prenais dans mes mains une icône de Jésus que j’appréciais. Je la mettais sur mes genoux et je posais mon visage en pleurs sur le sien. Alors je lui donnais TOUT de mon rien : mon impuissance, mes échecs, mes angoisses. Et toujours, j’étais restaurée parce que je sentais que Jésus était encore un étage en dessous de moi et qu’il me portait dans ses bras. Enfin, j’ai eu le cadeau d’être accompagnée par un excellent médecin qui, au fil des mois, a pu trouver une médication qui a pu renouveler mon cerveau bien endommagé. Alors, tout lentement, mon corps, mes émotions, mon intelligence ont repris leurs fonctions normales. Et, de petits progrès en petits progrès, je guérissais.
Aujourd’hui, malgré certains symptômes résiduels, je suis heureuse ! Cette expérience m’a appris à rester au plus près du moment présent, dans une dépendance joyeuse à l’Amour de Dieu. J’aime beaucoup ce verset tiré du livre d’Isaïe (ch. 9, 1-2) : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse. »
