Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021
PAR JEAN-MICHEL GIRARD | PHOTO : PIXABAY
Il n’est pas rare d’entendre un ancien dire, avec un brin de nostalgie : « Tout a changé. » Le changement a sans doute toujours existé, mais il est aujourd’hui plus perceptible par le fait que tout est accéléré. Parfois, nous pouvons regretter certains aspects de la vie passée et parfois nous réjouir de progrès. Parmi ceux qui me réjouissent dans l’évolution de la société, c’est l’affirmation marquée du caractère sacré de la personne, de l’individu. Cela s’accompagne malheureusement d’excès que nous appelons individualisme et subjectivisme : je me prends pour la vérité ou le centre du monde. Quand on parle de la privatisation des rites religieux, de rites à la carte, on souligne l’excès. Mais il ne faudrait
pas regretter une plus grande appropriation personnelle. Quand tout le monde se conforme à ce qui se fait, respecte les usages, il peut y avoir un sentiment
de sécurité, de confort. Mais je crois qu’il nous faut accepter en Eglise aussi
que le choix personnel est prioritaire sur tout confort de bon fonctionnement. Bien sûr, nous sommes des êtres communautaires, des êtres de communion ; nous ne pouvons pas vivre sans les autres ; ce qui implique de « prendre part ». On ne peut se contenter de sucer la collectivité.
Dans cette atmosphère d’exaltation de la personne individuelle, chacun est voué à soi-même pour chercher sa vérité. Comme à tâtons, peut-être avec angoisse. Dans ce contexte de recherche inquiète, demander un rite, un sacrement, même s’il n’y a pas de foi explicite en Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme et Sauveur, est un pas dans l’ouverture au-delà de soi, pour se relier à plus que soi. C’est,
a priori, une démarche authentique. Comment y répondre positivement ?
Nous n’avons pas toujours la solution. Mais, avant de se plaindre de l’inconfort de ne pas savoir comment répondre de manière adéquate, essayons de nous réjouir de voir une fleur s’ouvrir.
