Dieu au féminin : cinq témoignages

Dieu au féminin : cinq  témoignages

En complément au dossier de la Rédaction romande de L’Essentiel sur le thème «Dieu au féminin» (lire au centre de ce journal), nous avons demandé aux représentantes féminines de l’équipe pastorale et de notre rédaction paroissiale de dire en quoi le fait d’être une femme influençait leur façon d’agir en Eglise. Cinq femmes ont accepté de s’exprimer. Leurs témoignages ci-dessous et ci-contre.

Nicole Monnard, auxiliaire pastorale

«Masculin? Féminin? Les deux à la fois!»

« Pourquoi faudrait-il que Dieu soit masculin ou féminin ? N’est-il pas les deux à la fois ?
La Genèse écrit à propos de la création de l’humain : Dieu le créa à son image, homme et femme, Il les créa. Cette illustration me donne à penser que c’est ensemble, hommes et femmes, que nous sommes image de Dieu. Complémentaires ! Dans notre travail pastoral, je trouve particulièrement riche et nécessaire ce partenariat.
Nous devrions être envoyés en mission deux par deux… et si nos sensibilités sont différentes, c’est tant mieux ! Nous n’en serons que davantage ajustés pour rejoindre nos frères et sœurs en Christ dans ce qu’ils vivent. »

Bernadette von Niederhäusern, ancienne agente pastorale et membre de la rédaction du journal paroissial

«Une femme accueille mieux les émotions ¨»

« Comment puis-je, en tant que femme, apporter quelque chose de différent dans l’engagement en Eglise ? J’ai remarqué que je suis plus attentive à l’accueil, au décor. La convivialité est un point important afin de faciliter la rencontre. Souvent, les femmes préparent un gâteau pour les réunions.
La femme est habituée aux émotions et elle a moins peur de les exprimer. Elle a aussi la facilité de les accueillir. Cela la rend proche des gens. Pour elles, c’est normal, cela fait partie de la vie. »

Marianne Berset, agente pastorale

« Chacun a sa place, nous sommes tous convoqués »

« Depuis de très nombreuses années, je suis femme en Eglise, d’abord comme bénévole et aujourd’hui comme engagée. Je fais partie de cette communion de personnes unies au Christ où chacun a sa place aussi bien les femmes que les hommes car nous y sommes tous convoqués.
Si je me réfère au texte biblique qui m’a portée lors de mon discernement :  » Avant de t’avoir formé dans le sein de ta mère, je t’ai choisi…  » (Jr 1.5), je pense que c’est Dieu qui nous choisit et qu’en vivant ma foi je fais sa volonté. En tant que maman de trois enfants aujourd’hui adultes, je connais la valeur de la vie que l’on porte dans nos entrailles. Avec mon instinct maternel, il est important pour moi de donner ma vie pour ma famille mais aussi pour les autres.
Aujourd’hui, notre évêque est sensible à cette situation et a ainsi nommé des représentantes de l’évêque. Personnellement, je pense que l’important dans l’Eglise n’est pas tant de savoir qui doit siéger à droite ou à gauche (Mt 10, 35-45) mais d’être une Eglise de proximité qui transmet un témoignage vivant et joyeux qui donne envie de rencontrer
le Christ, afin de constituer une communauté fraternelle et heureuse. Et là, le chantier est encore immense… »

Nathalie Angelini, membre de la rédaction du journal paroissial

«Etre une femme ne change pas
radicalement mon rôle»

«Personnellement, je n’ai jamais réfléchi à une déclinaison de Dieu au féminin, car au final pour moi Dieu est TOUT. Dieu est notre créateur, notre consolateur, il est pour moi une immensité rassurante, inexplicable. Mais je sais que croire en Dieu est une évidence qui me rend heureuse. Et en ce qui concerne mon engagement dans l’Eglise ou dans ma vie de chrétienne au sens féminin et au sens plus large, je dirais que l’apport est mon dynamisme et mon amour passionnel pour le Christ, ma fraîcheur et ma jeunesse. Mais finalement aujourd’hui, dans un monde libre où nous avons tous plus au moins l’opportunité de montrer qui nous sommes, je n’ai plus la sensation que d’être une femme change radicalement ce que nous pouvons apporter à la communauté chrétienne ou non d’ailleurs.»

Rachel Jeanmonod, agente pastorale

«Nous avons à décider et gouverner ensemble»

«Quelle place pour les femmes dans l’Eglise ? Majoritairement présentes, engagées, compétentes, disponibles, courageuses aussi… elles sont pourtant absentes des instances décisionnelles. A mes yeux, l’être humain ne peut donner le meilleur de lui-même qu’en présence de l’autre sexe. Nous avons été créés hommes et femmes pour nous compléter. Cette mixité est voulue par Dieu. Nous avons à œuvrer mais aussi à décider et gouverner ensemble. Plutôt que se demander ce que celles-ci ont de plus ou de moins que ceux-ci, demandons-nous ce que la mixité a de si précieux aux yeux de Dieu pour qu’il nous aie créés ainsi. L’équilibre hommes-femmes est à rechercher autant dans la gouvernance que dans n’importe quel autre engagement de baptisé.»

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