Par Valérie Pianta
Photo: retraitedanslaville.org

Anne, la stérile
Elkana avait deux épouses : Penina qui lui donnait des enfants et Anne la préférée de son époux, qui était désespérée, car stérile. Anne monte au temple de Silo et pleure devant Dieu en le suppliant de lui accorder un enfant. Au cœur de son désespoir, elle promet à Dieu de lui consacrer son enfant si Celui-ci lui permet de concevoir. Le grand prêtre Eli, l’entendant pleurer, la croit ivre mais Anne lui explique son malheur. Alors Eli lui promet que, par la grâce du Seigneur qui a entendu sa lamentation, elle va concevoir un enfant. Dès son retour, Anne se trouve enceinte pour sa plus grande joie ! Elle met au monde un petit Samuel – ce qui signifie « Dieu exauce ».
Je le rends au Seigneur
Lorsque le petit Samuel à trois ans, et est sevré, Anne remonte au temple avec lui et elle le remet à Dieu en le confiant à Eli. Anne tient sa promesse, elle ne garde pas le merveilleux don qui lui a été fait, mais le redonne au Seigneur. « … la pluie et la neige qui descendent des cieux, n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer… » (Is 55, 10) Samuel, fruit de cette germination, de cette fécondation que l’eau du Seigneur a permise, voit sa vie remise à Dieu pour en devenir son prophète, le gardien de sa Parole.
Que nous apprend l’histoire d’Anne aujourd’hui ?
Beaucoup de couples luttent pour avoir un enfant. La stérilité qui entrave le chemin de la vie et le désir d’enfants est un carrefour de douleur. Nous vivons dans un monde qui, globalement, nous pousse à exiger et à obtenir. On supporte mal l’échec, le manque, le vide. Nous voulons avoir des enfants. Beaucoup estiment qu’il s’agit là d’un droit sur la vie ou d’un droit à la Vie.
Se tourner vers le Seigneur
Anne nous enseigne à quel point il est important de se tourner vers le Seigneur pour lui confier nos attentes… A l’attente de la vie, le Seigneur donne une réponse de vie selon sa vue. Certes, dans tous les cas, le Seigneur nous confie une vocation de fécondité. « Demandez et l’on vous donnera. Cherchez et vous trouverez. » (Mt 7, 7) Bien sûr, il y a plusieurs manières d’être fécond. Chaque espace de notre quotidien, pour autant que nous l’habitions de tout cœur peut devenir un espace de fécondité. Celle-ci s’exprimera différemment : être famille d’accueil, adopter, accompagner des jeunes, être présent auprès d’enfants malades, enseigner…
Syndrome du « nid vide » ?
Anne ne s’est pas approprié le don de Dieu. Sa manière de rendre grâce a été de donner, de laisser aller, de partager ce qu’elle avait reçu. Certains parents ont un désir naturel viscéral de retenir « l’envol » de l’enfant pour plusieurs raisons. Ils ne sont pourtant pas « à nous » ! Ils sont à LUI. Nous les avons reçus ! Nous leur donnons tout et nous les rendons au monde. Nous les redonnons pour que la vie continue selon leurs vues et leurs aspirations.
Tiré du premier livre du prophète Samuel, chap. 1, vv. 1 à 28.
