Par Valérie Pianta
Photo: DR
Souvenez-vous ! Il n’y a pas si longtemps, nous parlions couramment du « prof de religion ». Eh oui, on avait le cours de caté ou de religion ! Aujourd’hui, même si cette appellation un peu empoussiérée persiste, elle a fait officiellement place à celle d’« E.C.R. » dans le Plan d’études romand adopté par les cantons : E pour éthique – C pour cultures – R pour religieuses. Cela donne donc : Ethique et cultures religieuses… ce qui est assez différent de religion ou du catéchisme !
Les intervenants ecclésiaux ne sont généralement pas des enseignants de formation. Ils ont habituellement suivi une formation plus large organisée par le diocèse appelée « Parcours Théodule » durant 3 ans à raison d’un soir par semaine. Ils sont engagés par les paroisses pour dispenser ce cours dans les écoles et interviennent une période (45’) par semaine dans les classes. Leur enseignement n’est pas catéchétique et leur mission ne consiste pas en une évangélisation active. Celle-ci se fait dans le cadre paroissial et selon le libre choix des parents. Néanmoins, l’engagement personnel des intervenants dans la foi est essentiel, car à la manière de « spécialistes », ils sont amenés à aborder différents aspects de la vie chrétienne dans une perspective culturelle, historique, géographique, etc. Ils sont capables, par exemple, de montrer aux élèves l’influence du fait religieux sur notre société judéo-chrétienne.
Le cours vise une ouverture au monde des religions. Cette ouverture se fait par la découverte, l’étude d’un certain nombre d’éléments phares du christianisme d’une part, et plus modestement d’autres religions et notamment du judaïsme, de l’islam et du bouddhisme. La passion de l’enseignant pour ce domaine sera ainsi le plus beau tremplin pour accroître l’intérêt des enfants…
L’approche « éthique » du cours favorise les échanges au sujet des valeurs fondamentales qui permettent aux êtres humains de conduire leur existence en société dans une attitude favorisant le vivre ensemble et la paix universelle. Le cours permet donc, à partir du fait religieux, de mener différentes discussions avec les enfants sur des problématiques que soulèvent encore aujourd’hui les grandes questions des religions.
De leurs échanges avec les enfants, il en ressort souvent des réflexions très riches… et d’autres questions encore plus difficiles les unes que les autres ! Le fait qu’elles affleurent est déjà un beau fruit ! C’est ainsi que, sans « faire du catéchisme », les intervenants ECR aident les enfants à entrer dans d’autres univers de sens et à faire connaissance avec des mondes au-delà du monde… pour mieux rejoindre un espace plus intérieur, celui de leur cœur… un chemin qui prendra encore un certain temps pour la plupart !
Actuellement, de moins en moins d’enfants sont en contact régulier avec l’un ou l’autre des univers religieux. Beaucoup d’entre eux n’en entendent parler qu’à l’école. Si l’Etat du Valais promeut ce cours, c’est qu’il estime que le fait religieux revêt une grande importance pour la cohésion de la société actuelle. Mieux connaître l’autre, n’est-ce pas se donner plus de chance de le valoriser, de l’apprécier et de s’en faire un ami ?
Pour moi, raconter avec enthousiasme, écouter chacun avec attention, éveiller avec délicatesse sont les clés du succès…
