«J’aimerais immortaliser le genre humain…»

«J’aimerais immortaliser le genre humain…»
Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), décembre 2020 – janvier 2021

Par Carmen Lonfat | Photo: dr

Une rencontre prévue du côté de la Combe me fait entrer inopinément en contact avec Carmen. Je sens à distance son rayonnement et sa joie pétillante. En un instant, j’apprends quelques éléments de sa trajectoire de vie : qu’elle a été accueillie dans cette famille, qu’elle a un goût prononcé pour l’humain et… qu’elle étudie à Lausanne pour devenir journaliste. Quelle occasion m’est donnée là! Je mijote ma demande: «Accepterait-elle de rejoindre la rédaction de L’Essentiel?» Je lance l’idée, certain d’une réponse au mieux mitigée… Mais non, elle accepte! C’est ainsi que, pour son premier article, je lui ai proposé de se présenter un peu…

Mon parcours de vie n’est pas le plus conforme qui soit, surtout lorsqu’on s’imagine une jeune femme de 23 ans qui étudie les Sciences Politiques à l’Université de Lausanne dans le but de devenir journaliste… Ne pouvant plus compter, ni sur mon père décédé en 2013, ni sur ma mère qui ne me voulait plus à la maison à mes 17 ans, j’ai très rapidement appris à être indépendante.

Bien que souvent livrée à moi-même, j’ai eu la chance de pouvoir me reposer sur mon oncle et ma tante, qui m’ont chaleureusement accueillie dans leur foyer. Ce sont les bras ouverts et la main sur le cœur qu’elle et lui m’ont appris ce que l’amour et la bienveillance signifiaient réellement – des valeurs qu’elle et lui appliquent tous les jours en aidant leur prochain. C’est grâce à eux que j’ai pu découvrir ce qu’était réellement une famille aimante ; leur soutien et leurs encouragements me permettent jour après jour de surmonter les nombreuses embûches surgissant sur le chemin de la réalisation de soi.

Bien qu’écrire des articles satisfasse ma curiosité débordante grâce au travail d’investigation et d’interview, je ne suis pas entièrement épanouie dans cette seule activité. Plus que des débats politiques vides de sens et des divergences d’opinion, c’est le genre humain dans toute son authenticité que j’aimerais « immortaliser ». Pour ce faire, je photographie des instants de vie. J’essaie de « capturer » des émotions aussi bien sur les visages qu’au cœur des paysages. C’est grâce à ce medium que mon côté artistique s’exprime et que s’exerce ma faculté d’observation… en ne voulant manquer aucun détail, toujours à la recherche du moment parfait à photographier. Parfois, j’associe même cette activité au versant plus littéraire de ma personnalité en combinant articles et photographies.

Bien que mon équilibre soit presque atteint, je suis toujours à la quête de l’essence humaine et de mon propre dessein. Mais il me semble l’avoir entrevu aux
sommets des montagnes où le regard pétille puisqu’on y trouve une flamme ardente que je n’ai jamais retrouvée ailleurs avec autant d’intensité – celle de la passion assouvie et pleinement vécue. Jamais je ne me suis sentie autant épanouie qu’en haute altitude ou sur une paroi. Flirtant avec le vide et dépassant la peur, toutes les parties de mon corps m’expriment leur existence et je me sens réellement vivante.

Là, à cet instant et ici à cet endroit, je ne pense à rien d’autre et suis tout simplement présente et disposée à accueillir pleinement le moment. Plus rien ne ment et on touche alors du bout des doigts l’authenticité et la simplicité de la vie. Par surcroît, l’esprit de cordée embellit encore cette union avec la nature car l’amitié et la confiance se nouent si facilement lorsqu’on est relié à la même corde et qu’on progresse ensemble.

Finalement, ne serait-ce pas un idéal à atteindre pour toutes les relations humaines ? Vivre en communauté en s’entraidant dans une bienveillance permanente tout en vivant chacune chacun de sa passion.

– Merci pour ce beau témoignage et bienvenue à la rédaction de L’Essentiel, Carmen !

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