
Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR
Ce qu’il y a de particulièrement frappant dans la version selon Marc de la guérison du paralytique, c’est la détermination des quatre hommes qui l’apportent à Jésus. Et qui, devant l’afflux de la populace, vont même jusqu’à ménager une ouverture dans le toit pour le descendre devant le Fils de l’homme. C’est « en voyant leur foi » que le Christ remet les péchés du handicapé et le guérit (2, 5). La solidarité fait vraiment des miracles : la sollicitude des proches aidants réalise des merveilles.
Et surtout, les personnes en situation de handicap occupent une place essentielle dans nos communautés. Elles nous rappellent que notre état de santé est un pur cadeau dont nous sommes les bénéficiaires, que le handicap n’est pas le fruit d’une « punition divine » pour une faute, cachée ou avouée, et que nous devons tout faire pour promouvoir l’inclusion et la participation de toutes et tous dans nos assemblées.
Mais alors, pourquoi Jésus commence-t-il par libérer le paralytique de ses péchés, en s’attirant de ce fait les foudres des scribes ? Car pour ces derniers, seul Dieu peut remettre les fautes. Le Rabbi de Nazareth nous apporte toujours une délivrance globale, aussi bien spirituelle que physique. Le plus important demeure le soulagement de nos âmes et de nos cœurs et la libération exceptionnelle de la paralysie advient comme un signe de l’avancée du Royaume parmi nous. Du reste, tout prêtre peut pardonner les péchés, mais les guérisons miraculeuses restent rares : elles sont là pour attester que l’Esprit est à l’œuvre en cet âge.
Par notre proximité avec les personnes en situations de handicaps, nous leur octroyons le rôle qui leur revient comme témoins d’espérance. Nous nous associons à leur prière et à leur chemin. Et surtout, nous recevons d’elles bien plus que nous pouvons leur apporter.
Car souvent elles font preuve de bien plus de conviction que nous et elles traversent les épreuves placées sur leur route avec d’autant plus de persévérance qu’elles dépendent en grande partie des autres. Elles concrétisent la parole de saint Paul : « C’est quand je suis faible que je suis fort » (2 Corinthiens 12, 10) en se laissant façonner par la grâce du Seigneur et en gardant dans leur cœur l’ancre du salut, en tant que pèlerin(e)s d’espérance. L’année jubilaire qui vient de s’achever nous l’a abondamment rappelé.
