La joie de marcher avec les réfugiés

La joie de marcher avec les réfugiés
Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

Formée en travail social, Clotilde Perraudin partage son activité professionnelle entre
plusieurs institutions : responsable de la halte-jeux pour la Fondation Trait d’Union, elle
est aussi engagée en pastorale de rue dans la Riviera vaudoise et, depuis quelques années,
à la paroisse de Martigny. Chargée des « mercredis » du Foyer Abraham, Clotilde s’engage pour créer du lien et favoriser la rencontre avec les réfugiés…

PAR CLOTILDE PERRAUDIN | PHOTOS : DR

« Avec la pandémie, il a fallu s’adapter et cesser les rencontres du mercredi. En attendant la réouverture prochaine, je vais chaque semaine à la rencontre des personnes réfugiées, chez elles, pour maintenir les liens. Le Foyer Abraham, c’est un lieu d’accueil fréquenté principalement par des femmes migrantes et des enfants. On y donne des cours de français et de l’aide aux devoirs. Mais, pour moi, le Foyer Abraham, c’est bien plus que cela…

Tout d’abord, c’est un espace de rencontres : les femmes se retrouvent et partagent un après-midi. Les bénévoles découvrent de nouvelles cultures, les enfants jouent entre eux… Et moi, je suis face à la différence de chacun et je compose avec. Je tente de bricoler avec les charismes de tous. C’est une tâche à la fois exigeante et magnifique. J’ai de la chance d’apercevoir les pépites des rencontres du Foyer Abraham : la fierté d’un bénévole qui se voit capable d’enseigner, des femmes ravies d’avoir eu de l’attention et d’avoir progressé en français, des enfants heureux de se retrouver autour d’un ballon, des femmes et des hommes qui échangent sur leur joie et leur peine.

Le Foyer Abraham, c’est aussi un lieu d’hospitalité. L’hospitalité ne se résume pas à la générosité des bénévoles offrant de leur temps, elle se vit aussi dans l’accueil de la vulnérabilité de tous. Je suis toujours chaleureusement accueillie malgré mes failles et mes manquements. Les enfants courent dans nos bras. Peu importe notre « efficacité » à donner ou à recevoir un cours de français, chacun a sa place et son importance au Foyer Abraham.

Finalement, ce que ce lieu me permet de vivre, c’est la vulnérabilité, la démaîtrise et l’abandon. De semaine en semaine, nous composons avec les imprévus, sans savoir combien exactement seront présents. Je me sens souvent bien petite face à la détresse et la dureté de la vie de certaines personnes exilées. Il est vrai que ce n’est pas toujours facile d’offrir une belle présence dans ce fourmillement de vie… Mais, après un après-midi intense et sonore, j’ai à chaque fois le cœur rempli de joie. »

 

Le Groupe Abraham, qu’est-ce que c’est ?

C’est tout d’abord un lieu d’accueil : les « mercredis » du Foyer Abraham avec tout un réseau de bénévoles pour une population principalement migrante. Des mamans viennent pour les cours de français, les enfants pour l’aide aux devoirs, les petits pour les jeux, les adolescents pour le soutien scolaire. Il y aussi les vacances à la Maison Saint-Pierre qui, elles, sont partagées par des familles réfugiées et des personnes seules : des parenthèses de quatre jours à Bourg-Saint-Pierre, été comme hiver, qui rassemblent entre 40 et 60 personnes.

Le Groupe Abraham organise aussi des sorties à la journée. On part, Suisses comme réfugiés, à cinq ou à vingt. De la marche sur un bisse à l’invitation au golf de Verbier, peu importe : ce qui se tisse, c’est la fraternité, c’est le lien, l’être ensemble. Pareil pour les diverses activités issues des compétences des bénévoles, des désirs et richesses de chacun : art-thérapie, peinture, fabrication de savons… Cet échange fraternel se vit aussi le lundi en fin de journée au Café du Parvis, aménagé au sous-sol de la Maison de la Visitation. Enfin, il y a aussi les visites aux familles, les amitiés, le temps partagé, les aides et accompagnements divers.

 

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