Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juillet-août 2020
Par l’abbé Jérôme Hauswirth et Maryline Hohenauer | Photo: DR
Désormais, dès que quelqu’un tousse, tout le monde se retourne. Et la peur se lit dans les yeux. Comme vous, j’ai vu ces yeux ronds chez les passants. Mais dans le fond, de quoi avons-nous si peur ? De la mort bien sûr ! En cette période de déconfinement, il est temps de dépasser cette peur et de placer notre confiance en Jésus.« La menace est pire que son exécution. » Cette affirmation d’Aaron Nimzovitch prend aujourd’hui tout son sens. A l’origine cette expression désignait une cigarette que son adversaire, joueur d’échecs comme lui, manipulait sans l’allumer. Agacé, ne voulant pas être importuné par la fumée, le champion lui demanda de cesser. Et l’autre de lui faire remarquer que la cigarette n’était pas allumée. Et Nimzovitch de lui asséner la célèbre formule.Cette crise nous a ainsi mis face à notre pauvreté. Nous avons tous peur de mourir, peur de ne pas pouvoir choisir, peur de subir, peur de souffrir. Comme la cigarette pas encore allumée, la menace semble pire que son exécution.
Face à la situation internationale, certains d’entre nous sont peut-être encore des privilégiés, mais le risque de tout perdre peut nous faire prendre conscience de tout ce que nous avons. Peut-être faut-il avoir peur de mourir pour apprécier le temps à sa juste valeur. Peut-être faut-il avoir peur de la mort pour réaliser combien la vie est un cadeau, chaque jour que Dieu fait.
Si nombre de gens ont peur de la mort, la mort, elle, ne craint personne. Tous un jour, elle nous prendra. Mais depuis que Christ est ressuscité, puisqu’il a connu la mort – et la mort sur la croix –, l’horrible souffrance et l’asphyxie, alors la mort est vaincue. Et désormais, celui qui place sa confiance en Jésus est lui aussi vainqueur.
En ces jours de déconfinement, il s’agit de dépasser « l’infarctus spirituel » que nous venons de vivre et de placer résolument notre confiance dans le nom de Jésus.
Oui, car tout est possible à celui qui croit ! A Pâques, la mort a laissé définitivement place à la vie et c’est à nous, chaque jour que Dieu fait, d’être témoins de cette joie, de cette victoire !
Avec la sortie de notre semi-confinement, nous osons à nouveau nous rencontrer ! Quelle joie de retrouver les autres paroissiens, d’échanger des sourires à défaut de nous serrer dans les bras. Oublions définitivement la « distance sociale » et gardons la « distance physique » pour nous protéger, mais continuons de nous rassembler autour du Christ, lui qui se donne à nous à chaque messe.
Lorsque les cloches sonnent à toute volée elles nous invitent à regagner nos églises. Abandonnons ce que nous faisons et allons-y pleins d’entrain ! Il est bon de se retrouver ! Plusieurs d’entre nous piaffaient d’impatience à l’idée de reprendre les messes, qu’est-ce qu’elles nous ont manqué !
Et puis, je garde au fond de mon cœur cette phrase entendue à la sortie de la messe, d’un petit de 11 ans : « Aujourd’hui c’était tellement beau que j’ai eu l’impression de revivre ma première communion. »
Que chacun de nous se sente revivifié par la reprise de nos prières communautaires et de nos eucharisties, que chacun de nous ressente ce que vit ce petit garçon…
