La résurrection, un cri silencieux ?

La résurrection, un cri silencieux ?
Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), avril 2021

PAR ÉTIENNE JEANNERET, PASTEUR (GE) | PHOTOS : TC PERCH, PIXABAY

Devant le mystère de la résurrection, les femmes s’enfuient et deviennent à leur tour tombeau… Le silence est écrasant. Il semble seul répondre au bouleversement vécu… Un silence qui appelle aux souvenirs de celui en qui j’avais mis tous mes espoirs, avant cette crucifixion inconcevable. Un silence qui appelle à une disponibilité intérieure devant ce qui me dépasse. Un silence qui appelle à un questionnement, qui me ramène sur le chemin de la Galilée, là où tout a commencé…

C’est dans ce silence que peut naître une pensée, une petite pensée tout d’abord, ingénue, qui essaie de se faufiler entre les pensées qui se bousculent. Et puis cette pensée grandit, elle vient déranger les pierres inamovibles de mes certitudes. Et lorsque la pensée est mûre, elle transforme mon mutisme en louange et en prière : « Il est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! »

Pour ma part, je m’interroge à chaque fois devant cette pierre roulée qui provoque le silence des femmes. J’essaie de me mettre à l’écoute du silence qui m’habite. Un silence habité… Et aujourd’hui, une phrase vient bousculer mon silence et me déranger : Jésus, s’adressant à ses contradicteurs lors de son entrée à Jérusalem aux Rameaux, leur dit que « si les disciples se taisent, ce sont les pierres qui crieront ». (Lc 19, 40)

Alors je me demande : vais-je laisser les pierres crier à ma place la joie de la résurrection ?

 

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