L’homme né de manière naturelle, soit d’un homme et d’une femme, porte la vie naturelle qu’il a reçue. Personne ne s’est créé tout seul. L’homme né de manière spirituelle, soit de l’Esprit de Dieu, porte la vie qu’il a reçue, qu’il ne peut pas produire par lui-même.
PAR OLIVIER TARAMARCAZ | PHOTO : ART ET FOI
Personne ne porte la vie de l’Esprit en lui-même. Il s’agit d’une nouvelle naissance, et ce n’est pas de la capacité de l’homme d’engendrer un être spirituel. Nous avons besoin d’être ensemencés par Dieu, par le souffle de son Esprit, pour que germe en nous la vie.
Le tableau noir de couleurs. – Si je ne reçois pas la semence de la nouvelle naissance proposée par Jésus-Christ, qui efface de mon être intérieur le tableau noirci de ma vie, alors je reste simplement avec mon cœur clos sur lui-même. Je peux le peindre en blanc, dessiner toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, le fond du tableau reste noir, même si je me persuade par des exercices de méditation, d’hypnose, de conditionnements positivistes, que le noir a disparu. La nouvelle illusion contemporaine, procure une certaine vitalité, nourrissant le sentiment d’unité intérieure, faisant office de transcendance de substitution. Je reste pourtant comme Adam, caché dans mes buissons, habillé de feuilles de figuier, d’artifices dont je m’accommode à défaut de transformation intérieure effective. Reconnaître mon incapacité à me libérer moi-même, est difficile, dans une culture inclusive, ouverte à chaque variant, cherchant à faire éclore l’harmonie intérieure dans un éveil à soi. Jésus parle autrement : « Si le fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jn 8, 36) Faute de me fier à cette parole, je peux toujours chercher ailleurs, longtemps. Des hommes meurent pourtant sans avoir reçu la semence de vie. Mourir sans être né spirituellement, c’est cela le véritable drame. Jésus lui-même le dit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » (Jn 3, 3)
La semence reçue dans la bonne terre. – Jésus donne la vie. Est-ce que je l’ai reçue ? Si oui, j’ai alors expérimenté la nouvelle naissance. Si la Parole de Vie n’a rien changé en moi, il est probable que je me sois contenté d’une approche intellectuelle, sans accueillir la Parole dans la terre de mon cœur. Voici une petite histoire pour illustrer le principe de la semence :
Au printemps, peut-être as-tu déjà préparé des pots de terreau. Dans l’un, tu mets une graine que tu prends soin de placer quelques centimètres sous la terre, tu l’arroses, l’exposes au doux rayonnement du soleil. Après un peu de temps, la semence germe, une plante commence à sortir de terre. Dans l’autre, tu décides de ne mettre aucune semence, estimant que tout est déjà là, que le pot porte en lui la vie qu’il suffit d’éveiller. Tu arroses la terre meuble, installe le pot au soleil. Tu attends… Seras-tu surpris qu’aucune plante ne germe dans ce pot livré à lui-même ? Il en est de même de ta vie spirituelle. Si tu ne reçois pas dans ton cœur la vie nouvelle que Jésus te donne, tu pourras arroser ta terre avec les paroles que tu veux, rien ne germera. C’est une loi physique et spirituelle si simple qu’un enfant peut la comprendre.
La négation de Dieu : la mort de l’homme. – Le grand échec de la connaissance humaine, c’est de se déconstruire en évacuant Dieu. Les déterminismes sont combattus, avec des variantes de formes, de revendications, de langages. La négation de Dieu conduit à la négation de l’homme. Dans nos sociétés contemporaines, un narratif s’est substitué à la Parole de Vie, qui prétend que l’homme porte en lui-même le potentiel de son épanouissement, qu’il peut se libérer lui-même de ce qui l’entrave, en se reconnaissant comme être libre. La Parole de vie est pourtant sans équivoque : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. » (1 Jn 1, 8-10) Les paroles de la Bible sont inacceptables pour des hommes qui s’estiment en mesure de libérer l’humanité des contraintes, du patriarcat, de tous les carcans. Les paroles du Dieu créateur, du Dieu personnel, unique, de la révélation biblique, sont intolérables. Si elles viennent du ciel, elles doivent être renvoyées à l’expéditeur avec le sceau : « Refusé ». Elles doivent être impérativement déboulonnées, renommées. « Sur la terre comme au ciel » n’a aucun sens, mais « au ciel comme sur la terre », a probablement un avenir, promis par les libertaires.
Jésus a fait une croix sur la mort. – Le dernier acte, ce n’est pas la mort de l’homme. Le dernier acte, c’est l’amour de Dieu envers l’homme. A la croix, Jésus a fait une croix sur la mort, sur les déterminismes sociaux, culturels, religieux, sur nos égarements, sur notre vraie culpabilité. Jésus n’est pas venu pour accuser qui que ce soit. A la différence de toutes les religions, de toutes les idéologies, Jésus veut prendre le poids qui est sur mon cœur, le poids qui m’empêche de lever la tête, de marcher le cœur léger. Jésus me dit : « Ne reste pas avec ton fardeau. » Nos fardeaux font écran à notre vraie vie. Jésus a décidé de résoudre le problème impossible à résoudre par les humains empêtrés dans la glu. Il s’est chargé de nos souffrances. Il ne s’agit pas d’une vie toute neuve offerte par les supermarchés du développement personnel. Jésus me demande : « M’aimes-tu ? » (Jn 21, 18) il m’invite dans une relation. Dans la mesure où je réponds à cette invitation, ma vie commence à germer.
