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Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020
Propos recueillis par l’abbé Lukasz Babiarz | Photos: LDD
Abbé Arsène Jorand : consacrer davantage de temps à la prière
« Coronavirus »… un drôle de mot, difficile à prononcer. Au début qu’on en parlait, ça me laissait très indifférent ; ça ne m’intéressait pas. Mais, peu à peu, je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un problème sérieux, à tel point qu’il a pris une dimension planétaire qui influence et modifie le comportement de tous les hommes.
Faisant partie de la catégorie des personnes à risque je suis pleinement concerné par ce virus. Le confinement auquel il nous oblige est une période difficile qui nous fait mieux comprendre l’importance de la valeur des contacts, des relations les uns avec les autres. J’y suis d’autant plus sensible que ce confinement survient en même temps que plusieurs autres problèmes parmi lesquels je n’en cite qu’un : le départ en EMS d’Agnès Baudois qui était au service de l’Eglise et des prêtres depuis 60 ans, dont 47 avec moi.
Si le confinement peut être une porte ouverte à l’isolement, au repli sur soi, il y a, cependant, bien des façons d’éviter qu’il en soit ainsi : lecture, radio, télévision, journal, téléphone, tri et rangement, promenade dans la forêt ou sur des chemins de remaniement, sans oublier bien sûr la prière !
Au moment où j’écris ces lignes, j’ai encore bien de la peine à trouver un équilibre satisfaisant à ces diverses possibilités. La prière, le bréviaire, la messe célébrée chaque jour, tout seul à la cure, le chapelet (on peut s’unir à celui qui est dit tous les jours à Lourdes et qui est transmis par la chaîne de télévision française KTO) c’est ce qui me permet, pour une part importante, de dépasser au mieux les difficultés du confinement.
Comme nous sommes obligés de répartir différemment notre emploi du temps, pourquoi ne pas en consacrer un peu plus à la prière ?! Les intentions sont nombreuses : nos familles, tous les membres de la paroisse, nos frères et sœurs proches ou lointains, l’Eglise, le monde, les responsables politiques, les victimes de cette dramatique pandémie et leurs familles, les médecins, les infirmières et infirmiers, l’ensemble du personnel hospitalier et tous ceux qui exercent une activité à risque.
Prier aussi, bien sûr, pour que soit vaincu au plus tôt ce fléau qui fait aujourd’hui tant de dégâts. N’y a-t-il pas là, peut-être, pour chacun, comme une invitation à entrer davantage en contact avec le Seigneur ressuscité et à mettre ainsi une valeur positive à ce qui est fondamentalement négatif.
A tous ceux qui liront ces lignes, mes vœux de paix, de confiance, de bonheur et de santé.
Abbé André Dettwiler : l’amour et l’humour sauveront le monde
Dans la jungle, terrible jungle le lion est mort … bien faire et laisser braire !
Qu’ai-je bien pu faire au bon Dieu ? Il n’y est pour rien dans tout ce que nous vivons…
Voici quelques brèves informations pour le temps que nous vivons. Par ailleurs extrait d’un commentaire après la messe sur KTO. Nous y voici. Il fallait bien que je vous en parle. Cette chaîne TV que je regarde tous les jours.
Quand on est confiné, je prie avec tous ceux qui bénéficient de ce monde de prière en Eglise. Chaque matin, la messe avec notre pape François, le chapelet depuis Lourdes à 15h30, les offices avec une communauté religieuse, les conférences de Carême etc. c’est bien utile pour les retraités émérites.
Je n’ai encore rien dit sur le fameux coronavirus qui vient de couronner car il en a la forme. Même les grands de ce monde, des rois, des princes ne sont pas épargnés car ce fameux virus n’a pas de frontières.
J’ai l’habitude de dire que c’est l’amour et l’humour qui sauveront le monde. Quand on me rend visite je dis : « Au plaisir de vous revoir et restez toujours joyeux. »
Père Jean Richoz : « Comme un oiseau solitaire sur le toit »
Sicut avis solitarius in tecto – « Comme un oiseau solitaire sur le toit » (Psaume du bréviaire). Avec ce virus de malheur, me voilà condamné – comme tant d’autres – à une vie érémitique que je n’ai pas choisie : il faut assumer…
Mes journées commencent comme d’habitude par un moment de prière dans ma chambre. Puis, je célèbre la messe dans la chapelle sous la cure en compagnie de mon ange gardien.
Courrier, courriels, bréviaire occupent ensuite la matinée. Les deux restaurants de la place préparent des plats du jour à l’emporter : quelle chance !
Après le repas de midi, mes 86 balais m’imposent une sieste qui m’envoie généralement quelques instants dans les bras de Morphée.
Tous les après-midi, avec KTO, je vais à Lourdes méditer le chapelet pour porter notre monde meurtri dans la prière.
Je lis. Enfin, je peux lire des livres entassés sur les rayons que je n’ai vus que de dos jusqu’à présent !
Important, le téléphone, qui permet la communication, malgré mes pauvres oreilles fatiguées.
Merci aux paroissiens attentifs qui me font signe : « M. le curé, avez-vous besoin de quelque chose ? »

Cher Jean, quel plaisir de te lire ! Nous pensons bien à toi!
Amitiés de Véronique et Etienne Fréchelin