
Nous partons à la découverte d’un « homme de Dieu », l’abbé Etienne Raboud, originaire de Choëx. Petite rétrospective avec l’abbé Jérôme Hauswirth, originaire également de Choëx !

Par l’abbé Jérôme Hauswirth
Photos : DR
Le jour de ma première messe à Choëx, en 2006, Clotilde s’est approchée et m’a dit : « La dernière fois qu’il y a eu une première messe à Choëx, c’était en 1941. Le 6 juillet. J’y étais. Et le nom du prêtre était Etienne. C’était mon oncle ! » Je réalisais alors que j’arrivais 65 ans après lui. L’occasion de faire mémoire de ce Choëland à nous 😊.
Le chanoine du Grand-Saint-Bernard Etienne Raboud est né à Choëx, au Feuvet, le 18 septembre 1910. Il est le 7e enfant de Jules Raboud et de Cécile Berra. Son grand frère, Rémy, fut prêtre à la Valsainte puis devint chartreux en Italie. En 1934 il franchit les portes de la Maison du Grand- Saint-Bernard pour la première fois. Le 29 août 1935 il émit profession religieuse. Il fut ordonné prêtre le 29 juin 1941. Il assura plusieurs ministères dans la Communauté, comme économe à l’Hospice du Simplon, curé de Trient durant 12 ans (il dira que ce furent ses meilleurs souvenirs, parce que de nombreuses relations d’amitié furent durablement établies !), aumônier du collège Champittet durant 10 ans et recteur de Martigny-Combe et enfin aumônier de l’hôpital de Martigny jusqu’en 1986. Après un temps de retraite à la Maison du Saint-Bernard, il fut accueilli pour ses sept dernières années au Foyer Louise Bron où son visage, paraît-il, rayonnait de la joie et de la paix du Christ. Il est mort paisiblement le 8 avril 2002.
Sa famille qui l’a aimé garde le souvenir d’un homme généreux, profondément humain, avec de l’humour et un esprit ouvert et tolérant, avec au fond du cœur… un don très pur pour l’émerveillement !
Dans le même sens, l’ancien prévôt, Mgr Benoît Vouilloz – que j’ai rencontré pour l’occasion – soulignait qu’Etienne était un homme très sympathique, avec une piété très profonde et sincère… et pas du tout ostentatoire. Il avait beaucoup d’humour. Au risque parfois de chahuter un peu les confrères… Mais toujours en Dieu… bienveillant. Son visage était pétri de douceur et d’humilité, rayonnant d’une sérénité intérieure. Au village de Trient, on racontait que pour trouver Monsieur le curé, il ne fallait pas sonner à la cure, mais plus directement aller à l’église. C’est là qu’on le trouvait la plupart du temps. En prière. En Dieu.
Et un confrère d’ajouter : « Il avait du bon sens. Il était perspicace. Voyant l’intérieur des choses. L’essentiel. »
Et on peut encore ajouter que physiquement c’était un colosse ! Avec de puissantes mains, capables de manier la hache et de fendre le bois avec facilité comme de cimenter une croix plantée sur une haute montagne.
Enfin, à l’occasion il savait se montrer critique. D’un Président de Commune beau parleur il disait : « C’est un opportuniste 100 % ! »
Je donne le mot de la fin au prédicateur de son homélie funèbre : « Chez notre frère Etienne, rien de contraint, de crispé ni de volontaire. Au contraire ; il avait la simplicité de celui qui, bien conscient de ses défauts et de ses fautes, demeure confiant dans la certitude d’être aimé du Père et appelé au bonheur sans fin. »
Merci Etienne pour ta vie de prêtre tout donné. Prie pour nous comme nous prions pour toi. Et au plaisir de mieux te connaître… de l’autre côté 😊.

