Par Pierre Guillemin | Photo : Pixabay
Depuis l’Antiquité, nous construisons des dômes. Les plus anciens vestiges sont des huttes circulaires en os de mammouth en Ukraine (19000 av. J.-C.) ; viennent ensuite, au Proche-Orient et sur la bassin Méditerranéen, les premières formes massives couvrant des tombes et des huttes. Puis la Grèce Antique et l’Empire romain parachèvent ce type de construction par l’introduction de temples circulaires et l’utilisation du béton romain pour des structures hémisphériques impressionnantes, comme le Panthéon (126 ap. J.-C.) ; à Byzance, la cathédrale Sainte-Sophie (VIe siècle) est un chef-d’œuvre utilisant des dômes sur pendentifs (les pendentifs permettent de faire reposer une coupole circulaire sur quatre piliers autour d’un espace de plan carré (toujours cette question de la quadrature du cercle et du nombre π – voir L’Essentiel dejanvier 2026) pour passer d’une base carrée à un cercle ; enfin, au Moyen Age et à la Renaissance, les dômes deviennent centraux dans les églises, comme le dôme de Florence (Brunelleschi) et Saint-Pierre de Rome (Michel-Ange).
Un dôme se définit comme une structure hémisphérique ou polygonale reposant sur un plan circulaire ou parfois polygonal, conçue pour couvrir un espace sans appuis intermédiaires. Cette caractéristique en fait un choix privilégié pour les édifices religieux, culturels, scientifiques ou institutionnels.
En construisant un dôme, on cherche à répartir les charges de manière homogène afin d’assurer la stabilité de l’ensemble. La géométrie joue ici un rôle fondamental : la forme courbe permet de transformer les forces verticales en poussées latérales, transférées vers les murs porteurs ou les piliers. La mise en œuvre débute généralement par l’élévation d’un tambour, base cylindrique ou polygonale sur laquelle repose le dôme. Vient ensuite le coffrage ou l’assemblage de la structure porteuse, suivi du remplissage ou du coulage selon le matériau choisi.
Mais en introduisant la notion du cercle et du nombre π, le dôme possède une forte portée symbolique. Il évoque le ciel, l’unité et la perfection géométrique. Sa construction représente ainsi la rencontre entre savoir-faire, innovation et expression artistique, faisant du dôme une forme architecturale intemporelle et fascinante.
