Le pèlerinage: la réponse à un voyage intérieur

Le pèlerinage: la réponse à un voyage intérieur
Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020

Par le Père Jean Richoz | Photo: Marianne Berset

Ça apporte quoi de faire des pèlerinages ? Voilà la question que nous avons posée au Père Jean, qui a effectué des dizaines de pèlerinages dès son jeune âge. Voici sa réponse.Le pèlerinage n’est pas une valeur spécifiquement chrétienne. Les musulmans se rendent à la Mecque, les hindous à Bénarès, etc. Mais pour nous, chrétiens, notre religion n’est pas abstraite, désincarnée. Elle s’enracine dans des temps et des lieux concrets. 

Très tôt, les chrétiens vont avoir le réflexe de rejoindre ces hauts lieux pour exprimer et nourrir leur foi. 

Le premier et plus ancien pèlerinage fut sans doute d’aller vénérer le tombeau du Christ à Jérusalem. Puis on se dirigea vers les tombeaux des premier témoins : les apôtres : Pierre, Paul à Rome, Jacques à Compostelle.

D’autres lieux ont très vite attiré les foules et sont devenus célèbres : le Mont-Saint-Michel pour y prier le saint Archange, Rocamadour, Czestochowa en Pologne pour la Vierge Marie. 

Les apparitions de la Mère de Dieu vont devenir de très grands lieux de rassemblement et de prière : Lourdes (1858), Fatima  (1917), La Salette (1846) parmi les plus célèbres.

Enfin, les pèlerins vont se rendre auprès des tombeaux des saints : Lisieux (sainte Thérèse), Ars (saint Jean-Marie Vianney) Turin (saint Jean Bosco), etc.

Le pèlerin qui se met en route répond –  la plupart du temps inconsciemment – à un appel intérieur car personne ne peut s’approcher de Dieu sans que Dieu ne l’attire. Il répond à une invitation. « Je veux que l’on vienne ici en procession » (Marie à Lourdes). Il vient pour demander un secours, une grâce, il vient pour remercier. Il vient écouter un message de « pénitence ».

En même temps que le déplacement géographique, il accomplit aussi un pèlerinage « intérieur ».

Tout pèlerinage est une image privilégiée de notre pèlerinage terrestre vers le Royaume des cieux.

Traits d’humour

Par le Père Jean Richoz

Le clergé français a beaucoup d’humour, c’est connu. Un jour, à Lourdes, à l’époque où l’on pouvait encore célébrer la messe seul à l’autel de la grotte, en me préparant à la sacristie, je pose la question à un chapelain (prêtre desservant les sanctuaires) : « Père, faut-il faire une homélie ? » (il y a toujours du monde devant la grotte). Il me répond sur-le-champ : « Mais oui ! Dites quelques mots sur la religion en général et sur Dieu en particulier !!! »

Un autre chapelain, manifestement fatigué à la fin de la saison des pèlerinages, m’avoue : « Lourdes, ce serait formidable, s’il n’y avait pas les pèlerins !!! »

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