Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), mai-juin 2020
Propos recueillis par Bernadette von Niederhäusern | Illustrations: LDD
Un après-midi, j’ai rencontré durant ma promenade un jeune de Montbrelloz, Thibault Moullet. Il a terminé sa maturité au GYB en 2019. Il a accepté que je lui pose quelques questions. Après sa maturité en poche, il a planifié une année sabbatique pour faire son armée et gagner quelques sous afin de voyager.
Thibault, quels étaient tes projets avant le coronavirus ?J’avais le projet de visiter l’Amérique du Sud pendant 5-6 mois. Ensuite, je me suis inscrit à l’université aux cours d’histoire et de français. Donc, j’ai commencé par visiter Cuba puis ensuite je suis arrivé au Costa Rica.
Comment as-tu vécu l’annonce de cette épidémie devenue pandémie ?
Après un mois de voyage, j’ai appris la présence du virus en Suisse avec l’annonce du premier cas. Certaines frontières commençaient à fermer. J’ai commencé à m’inquiéter et j’ai suivi l’évolution en m’informant sur internet. Le 13 mars, j’ai entendu les recommandations des autorités fédérales qui disaient qu’il était préférable que les personnes à l’étranger rentrent avant que la situation ne soit trop grave.
Quelle a été ta réaction ? Quels sentiments ?
J’avais peur de ne pas réussir à rentrer ; j’ai commencé à chercher un vol pour la Suisse. Il y avait un vent de panique chez les touristes et tout le monde voulait partir au plus vite. Les prix des vols ont pris l’ascenseur. Finalement, le plus important était de trouver une place sur un vol. J’ai
eu de la chance d’acheter un billet chez Swiss grâce à ma maman qui m’a aidé. Donc je suis rentré le 15 mars.
Quels points négatifs de ce confinement ?
Le plus dur est de rentrer et de ne voir personne. Je n’avais plus vu mes amis depuis mon départ. Vu que je venais de l’étranger, je devais rester en quarantaine dès mon arrivée. Heureusement que la quarantaine s’est passée en famille. Au moins, je n’étais pas isolé.
Quels points positifs ?
J’ai pu prendre le temps de voir des films que je n’avais pas vus, de lire des livres, d’écrire des histoires et de dessiner sur les murs de ma chambre.
Qu’est-ce que tu attends de la paroisse durant ce confinement ?
J’attends que les paroissiens aident les gens vulnérables qui ne peuvent plus sortir.
Comment imagines-tu le retour à la vie normale ?
C’est compliqué et c’est bizarre d’y penser. Je vais terminer mes voyages prévus et la vie reprendra comme avant.
Qu’est-ce qui aura changé ?
Notre attitude envers les médecins va changer : ils seront des héros. Aussi, politiquement, on sera mieux préparé à une situation semblable.
Quel message veux-tu nous transmettre ?
Prenez soin de vous ! Suivez les consignes sanitaires. Et réjouissez-vous de la fête des retrouvailles !
