L’éboulement qui chamboule tout

L’éboulement qui chamboule tout

L’année dernière, durant presque deux mois, les gens de la vallée du Trient ont vécu sans accès routier direct avec la plaine à la suite d’un gigantesque éboulement survenu entre Trient et le Col de la Forclaz. Valérie Pianta exprime comment cet événement imprévu a fait écho en elle.

Par Valérie Pianta
Photo: DRNous n’avions plus d’accès direct à la plaine, à la « civilisation » du… travail, de la consommation, au petit confort que nous offre une belle route de montagne parcourue en une vingtaine de minutes, librement, selon nos occupations normales.

La nature, la montagne ont repris leurs droits et elles ne nous ont pas demandé notre avis, ni si nous étions prêts à assumer ! Il a fallu accepter la réalité telle qu’elle se présentait, apprendre à nous organiser différemment, faire preuve de flexibilité et ne pas nous user en grise mine… Garder le sourire !

Un événement survient et tout s’écroule alors que nous n’y avions même pas songé : nous sommes tellement habitués à vivre selon notre rythme, avec nos exigences, nos besoins ! La vie se rappelle à notre bon souvenir : c’est elle qui décide et pas souvent nous comme nous aimerions… En clair, disons que, dans nos vies surviennent des éboulements, certains mineurs, d’autres majeurs : un chagrin d’amour, une séparation, la maladie, la mort d’un être cher, le chômage, un échec professionnel… Ce sont des événements qui ressemblent tellement à ces éboulements qui brisent, ensevelissent, coupent de la vie. C’est le ciel qui nous tombe sur la tête, le monde qui s’écroule et nous sommes d’abord impuissants, coupés de nous-mêmes et des autres, parfois même coupés de Dieu. Routes intérieures coupées… La communication devient impossible d’abord, car nous nous retrouvons à faire face à l’événement dans l’urgence. Comment faire pour survivre ? C’est cela la vraie question urgente à régler ! Comment vivre tout de suite avec une catastrophe dans notre vie ?

Après, arrive le moment où nous allons « rationnaliser » la catastrophe. Nous apprenons alors à nous réorganiser intérieurement, à trouver un nouveau mode de communication, à prendre le temps de retrouver une certaine stabilité afin d’éviter d’autres éboulements… Ne pas toucher tout de suite aux points sensibles. Il faut laisser du temps au temps et cesser de nous précipiter pour trouver une résolution immédiate des problèmes. 

Nous pourrions travailler main dans la main et en toute confiance avec le « géologue du cœur »… Le meilleur de tous, celui qui a dû affronter lui-même la pire des catastrophes, la mort dans l’injustice et l’humiliation : Jésus Christ. Il en est sorti le troisième jour, Vivant… différent, mais plus que Vivant ! Les éboulements touchent la vie dans toutes ses dimensions. C’est l’homme dans son quotidien matériel, intérieur qui est ébranlé. C’est peut-être aussi l’occasion de développer des compétences de vie nouvelles, jusqu’alors ignorées. C’est peut-être l’occasion de commencer à travailler avec notre fameux géologue !

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