Les adieux dans l’intimité…

Les adieux dans l’intimité…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

PAR KLAUS SARBACH | PHOTO : PIXABAY

S’il y a une expérience qui touche au cœur les femmes et les hommes, c’est bien la perte d’un être cher… et spécialement durant ce temps où les restrictions sanitaires nous ont contraints de célébrer les adieux de manière encore plus confidentielle que d’habitude. Tant d’entre nous l’ont très mal vécu et ont souffert de n’avoir pas pu donner aux funérailles cet aspect communautaire ou tout du moins familial et fraternel.

Plus généralement, pour certaines familles, célébrer des funérailles ouvertes à un large public n’est pas envisageable pour diverses bonnes raisons tout à fait compréhensibles. L’Eglise doit absolument respecter le désir de ces familles. Il est évidemment possible de vivre des célébrations dans l’intimité pleines de sens, de recueillement et de profondeur. Pourtant la célébration dans l’intimité à quelques écueils. Elle réduit l’expérience de la séparation à une affaire privée. Elle omet le fait que la mort d’une personne a aussi un caractère public parce l’humain est un être social. Oser vivre des funérailles publiques permet de recevoir la force, la grâce, le soutien de toute une communauté rassemblée.

La mort d’une personne cause une « blessure du cœur » qu’une communauté rassemblée peut « soigner », d’une certaine manière. Se trouver ensemble pour dire adieu, laisser chacun pouvoir approcher de l’ami, de la connaissance disparue, n’est-ce pas important ? Le soutien dans la foi de tout un peuple uni dans la tristesse et la solidarité autour de la famille, n’est-ce pas un signe que la mort n’a pas tout à fait le dernier mot ?

Les funérailles dans l’intimité privent la famille des soins d’une communauté plus large qui peut, elle aussi, avoir besoin d’exprimer sa tristesse ou sa gratitude envers la personne décédée et ainsi laisser le travail de deuil se passer.

Dans ma propre expérience, pleurer avec des amis venus me témoigner leur présence fraternelle a été pour moi d’un grand réconfort… Leur présence et mes larmes m’ont libéré de ce pus que contenait ma douleur. Et leurs bras ont été un baume pour mon cœur. Souvent, je le crois, nous n’imaginons pas le nombre de gens qui ont été en contact ou qui aimaient la personne décédée et qui auraient voulu se faire proches… Nous ne pensons pas à ces nombreuses personnes qui apprécieraient de nous montrer qu’elles tiennent à nous.

En acceptant la présence d’une communauté plus large ; en acceptant d’ouvrir davantage leurs portes, je crois que les proches y gagnent ; qu’une force plus grande et une paix plus profonde leur sont témoignées. Et cela se répercute à coup sûr sur le travail de deuil et de guérison…

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