Les ateliers de la Parole, l’audace et la soif…

Les ateliers de la Parole, l’audace et la soif…

Vous vous rappelez de la roulotte ? La roulotte de l’Avent à laquelle les enfants ont donné du sens, dimanche après dimanche : la porte de l’accueil, les roues du changement, etc. jusqu’à ce que cette roulotte toute complète soit rapprochée de la crèche, un abri bien plus fragile qu’une étable : une tente, de camping ou de secours, c’est selon…Par Françoise Besson
Photo: DR

La mise en scène de la nativité est d’actualité : si les personnages ont la solidité du bois et de la pierre, tout le reste nous parle d’une condition humaine fragile et nous rappelle que nous sommes de passage. Mais revenons à cette roulotte et aux enfants : car les mots et les décorations qui figurent sur cet emblème du voyage viennent d’eux, ils sont préparés lors des ateliers de la parole, ces moments où les enfants quittent l’assemblée pour aller se nourrir de la Parole à leur manière. 

Le jour où je les rejoins, ils nombreux, ils se mettent assis sur le tapis devant l’animatrice qui donne les premières indications, puis un enfant lit les textes du jour (Mt 24, 37-44). Les enfants sont attentifs, autant qu’ils le peuvent, peut-être deux fois plus que nous, habitués que nous sommes à ces textes tant de fois entendus. 

L’évangile dans le quotidien
Je me mets à hauteur d’enfants nés après 2010 et je les trouve difficiles ces textes, pleins de mots compliqués, d’images qui parlent moins aujourd’hui : qu’est-ce qu’une arche ? Un déluge ? Et que veut dire « être aux champs » pour ces petits citadins ? Pourquoi le voleur s’attaquerait au mur plutôt qu’à la serrure ? Ces questions sont dans ma tête, mais les enfants n’en posent pas, ils écoutent… L’animatrice est là pour dégager du sens, parler de l’attente, de l’accueil qui se prépare, comme lorsqu’on attend une visite à la maison et qu’on se réjouit de l’accueillir. Les enfants sont invités à dire comment ils pourraient préparer l’accueil de Jésus. Les mains se lèvent et les réponses fusent, j’en ai relevé quelques-unes et je vous apporte comme un cadeau leurs propositions audacieuses : « aimer ceux qu’on n’aime pas », « mettre la table avant le souper », « être gentils avec ceux qu’on déteste »… C’est une révolution qui se prépare là, un retournement total ! Un enfant fait une proposition désarmante : écrire un poème pour Jésus… Oui, rien de moins… Ce qu’on réserve aux occasions très rares, comme pour maman à la fête des mères, il le ferait pour Jésus…

J’aimerais que le moment se prolonge, mais il faut faire quelque chose de concret qui sera rapporté à la communauté. Quand l’animatrice (Corinne Schösser) a demandé qui voulait lire, cinq ou six mains se sont levées, même enthousiasme pour porter un objet symbolique et le présenter à tous et déception – malgré tout – de ne pas être désigné…  Puis tout le monde se met à la tâche : quelques-uns  écrivent des mots clés sur des papiers de couleur, une petite fille, la chanceuse, s’entraîne à bien prononcer la prière qu’elle lira tout à l’heure devant l’assemblée. Enfin, la porte s’entrouvre et c’est le signal qu’il faut se mettre en route, rejoindre la communauté. 

Un trésor pour la communauté
Je reviens donc de ce bain de jeunesse avec une bonne nouvelle : les enfants sont audacieux dans leurs propositions pour mettre l’Evangile au cœur de leur vie et ils ont soif de participer activement à la liturgie.  

Notre roulotte communautaire a donc un trésor à son bord, les animatrices des ateliers en prennent soin… Ce trésor bien réel et fragile, nous en avons besoin pour que notre vie spirituelle et communautaire soit elle aussi irriguée de ce courant enthousiaste… 

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