
Par Nicolette Micheli | Photos : DR
« Allons-y » lance avec détermination à son accompagnante, une alerte grand-maman de 92 ans. D’un pas décidé, elle part faire sa promenade matinale dans un parc encore tout fleuri en ce début d’automne.
La Maison Sainte-Marthe est située dans un cadre magnifique qui surplombe le lac. Le regard est attiré par des arbres remarquables, des arbustes soignés, des parterres de fleurs et des statues qui rythment l’espace. La terrasse invite à la contemplation dans le parfum des roses et la fraîcheur de la fontaine. A chaque saison, le jardin change d’aspect et il est particulièrement enchanteur l’hiver avec toutes ses illuminations.
J’ai rendez-vous avec un moine. Il m’invite dans un des salons et m’accorde généreusement un peu de son temps. Il y a longtemps qu’il est responsable de l’accueil de la Maison. « Notre force, c’est que l’on fait tout nous-mêmes : le soin et l’accompagnement de nos hôtes, la tenue de la maison, la cuisine, – je fais moi-même le pain depuis plus de 30 ans et il est apprécié ! – sans oublier l’entretien du parc, des rosiers et des fleurs de saison. C’est ce qui nous permet d’offrir des prix très abordables » me dit-il avec un sourire discret.
L’accueil des personnes en souffrance est un des charismes des bénédictins et l’hospitalité, une tradition qui leur tient à cœur. C’est sous la protection de Notre Dame de la Compassion qu’a été fondée la communauté, il y a juste 100 ans, à Longeborgne, près de Bramois, par deux moines de l’Abbaye de Maredsous, en Belgique. 1924 a donc marqué le retour des bénédictins en Suisse romande alors que leur présence a été forte durant le Moyen Age. En 1956 ils font construire au Bouveret une Abbaye, placée sous le patronage de saint Benoît et de saint Michel, en référence à l’ancien prieuré bénédictin de Port-Valais.
Chaque monastère a son hôtellerie. Au début, La Maison Sainte-Marthe accueillait des personnes et des groupes pour des retraites spirituelles. Puis, les demandes ont été moins nombreuses. Grâce à l’intuition du Père-Abbé, la Maison s’est reconvertie en lieu d’accueil pour les personnes en convalescence, ou ayant besoin de repos ou de ressourcement spirituel. On célèbre la messe tous les jours dans la petite chapelle et ceux qui le désirent sont les bienvenus. On y vient de tous les horizons. « Ici, pas de prosélytisme, précise le moine. Chacun est accompagné avec respect et bienveillance. »
La Maison collabore avec les professionnels de la santé des environs. La plupart des personnes font de courts séjours. Pourtant, une dame juive a désiré y passer les sept dernières années de sa vie et le plus long séjour a été de 14 ans ! Les personnes accueillies ont toujours apprécié le cadre harmonieux, l’ambiance paisible de la Maison et un accompagnement plein d’humanité.


