Marquer le passage: les repères de l’histoire

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), décembre 2020 – janvier 2021

Par Jean-Michel Girard | Photo: LDD

La grande majorité d’entre nous va fêter le Nouvel An. De différentes manières, nous allons « marquer le passage ». Nous le faisons sans grande réflexion, sachant bien qu’il n’y aura pas de grande différence entre le 31 décembre et le 1er janvier. Et pourtant nous le faisons.

Dans d’autres cultures le passage de l’année se fait à une autre date, mais c’est un moment important de l’année. Le changement de date – 2020, 2021, 2022 – signifie quelque chose : notre vie n’est pas un « surplace », elle ne se contente pas de tourner en rond… Elle avance. C’est aussi pour cela sans doute que nous « marquons le passage » : 10 ans, 20 ans… 80 ans… Les chiffres ronds sont comme des points de repère sur notre parcours.

Notre vie va dans un sens, c’est certain. Mais a-t-elle un sens ? Sans nous envoler dans des perspectives éternelles, nous pouvons nous poser la question : ce que nous faisons aujourd’hui, ce que nous sommes aujourd’hui, cela a-t-il un sens ? Avec plusieurs membres de notre communauté, nous avons participé dernièrement à une retraite. Le Père qui alimentait notre réflexion nous a proposé de faire mémoire de l’appel que nous avions ressenti au moment où nous avons pris le chemin de la vie consacrée. Nous pouvions relire notre parcours et ressaisir son sens. Nous pouvions remonter plus loin en arrière et rechercher le premier point de départ, notre vie reçue et plus loin en avant, au-delà de la mort.

Nous ne sommes pas des coquilles de noix perdues sur l’océan, sans origine et sans autre perspective que d’y être engloutis. Nous nous situons dans une cordée. Il y a eu des gens avant nous dont nous recevons presque tout et il y aura des gens après nous qui hériteront de la situation que nous leur aurons laissée.

Face aux incertitudes de l’avenir, la tentation est de « profiter » au maximum de l’instant présent et de s’y cantonner. Plusieurs fois, le Christ a renvoyé à des événements du passé : « N’avez-vous pas lu ? » Il y a dans la lecture de l’histoire une source de sagesse, de confiance, de sens. Les longues soirées d’hiver seront-elles favorables à la visite des souvenirs ?

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