«Me voici: envoie-moi!»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2020

Par Siegfried Ostermann, de Missio | Photos: Missio

Sous la devise «Me voici: envoie-moi!», Missio met l’Eglise de Guinée à l’honneur durant le mois d’octobre, à l’occasion de la campagne du Mois de la Mission universelle. Durant plusieurs décennies, l’Eglise de ce pays d’Afrique de l’Ouest a été portée par les laïcs, qui continuent de lui donner leur empreinte aujourd’hui.« Les laïcs sont les pierres angulaires de l’Eglise », affirme avec conviction Suzanne Mane. Cette jeune femme guinéenne peut se réjouir du développement de son diocèse de N’Zérékoré, situé au sud du pays. Ici, l’Eglise a été façonnée par les couples de catéchistes durant ces dernières décennies. Missio est allé à la rencontre de certains d’entre eux. 

Suzanne Mane a une formation d’économiste et travaille dans une entreprise de communication. Depuis plus de dix ans, cette trentenaire guinéenne est active dans divers groupements de sa paroisse. « Les laïcs sont impliqués dans toutes les structures, mouvements et fraternités de la paroisse », a-t-elle déclaré aux collaborateurs de Missio lors de leur voyage en Guinée. « La dynamique a changé : les femmes sont fortement impliquées dans les prises de décision », explique-t-elle. Mais tous n’ont pas encore acquis cette conviction, si bien que Suzanne Mane admoneste parfois les hommes : « Prenez vos responsabilités, défendez les femmes et respectez-les. Vous êtes appelés à être des modèles. »

Des catéchistes pour soutenir les paroisses
La structure de soutien de chaque paroisse est constituée de communautés chrétiennes de base qui s’organisent et animent la vie ecclésiale sous la direction de couples de catéchistes. Même s’il y a de plus en plus de prêtres dans son diocèse, la jeune femme est convaincue que les laïcs continuent à être les « pierres angulaires » de l’Eglise, car « ils participent à l’harmonisation et à la compréhension de la vie de la paroisse ».

Parmi les catéchistes actifs en paroisse, Michel Onikoyamou est considéré par beaucoup comme un modèle. Baptisé à l’âge de 22 ans, il a ensuite pris la charge de catéchiste, avec sa femme évidemment. Après plusieurs années de formation commune, le couple a travaillé dans différentes paroisses en Guinée. Aujourd’hui, Michel Onikoyamou est économe à l’école de catéchisme de Gouécké et participe à la formation grâce à ses décennies d’expérience sur le terrain.

Un évêque suisse en Guinée
L’école de catéchistes de Gouécké a été fondée en 1953 par un évêque suisse, Mgr Eugène Maillat, un père blanc jurassien. La fondation de cette école de catéchistes s’est avérée être très clairvoyante, lors de l’expulsion des missionnaires étrangers en 1967. En effet, sous la dictature de Sékou Touré (président du pays de 1958 à 1984), ce sont les couples de catéchistes qui ont maintenu la foi vivante dans les petites communautés chrétiennes et ont poursuivi la vie de l’Eglise. Largement dépossédés et privés de ses dirigeants les plus importants, les fidèles de cette jeune Eglise se sont retrouvés livrés à eux-mêmes. Pourtant, les catéchistes ont continué de faire vivre leur Eglise. Ces gens avaient eu une rencontre personnelle avec Dieu grâce aux missionnaires et ont continué leur travail.

Qu’est-ce qui caractérise les couples de catéchistes ? Ils travaillent par vocation, et non comme des professionnels rémunérés. Hommes et femmes font leur formation ensemble et sont consolidés dans leur foi. Les épouses s’occupent ensuite des femmes dans les villages et abordent leurs problématiques propres. C’est ainsi que Michel voit en Aquila et Priscilla, les collaborateurs de Paul, les ancêtres des couples de catéchistes au service de l’Eglise. « Et tant que la mission de l’Eglise se poursuivra, dit-il avec conviction, il y aura des catéchistes. Car chacun a sa place et son rôle dans l’Eglise. »

Pour en savoir davantage au sujet de Missio en Guinée et leurs projets :
https://www.missio.ch/fr
La collecte du Dimanche de la Mission universelle (18 octobre) a lieu dans toutes les paroisses, dans le monde entier. L’argent collecté va aux diocèses en Afrique, en Asie et en Océanie, où se trouvent la plupart des pays les plus pauvres du monde. Le Fonds de solidarité permet de cofinancer les projets pastoraux et sociaux de ces diocèses, contribuant ainsi à un développement intégral des populations concernées. Merci de votre générosité !

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