Mon Carême avec un virus

Mon Carême avec un virus

Abbé Christophe Godel, vicaire épiscopal pour le canton de Vaud
Photo: cath.ch

L’épidémie de coronavirus vient perturber nos vies, alors que nous sommes en pleine période de Carême. Peut-être que ces circonstances extraordinaires peuvent être mises à profit pour nous aider à certaines poursuites de conversion. Comment construire à partir de cette dynamique négative un élan positif ? Si nous le laissons nous inspirer, Dieu nous fait découvrir comment tirer un bien d’un mal.

Voici quelques suggestions :
1. Cette situation nous montre que nous sommes tous égaux, de la même humanité, vulnérables mais aussi capables de grands engagements et sacrifices. Prenons le temps d’une certaine admiration, de nous contempler frères et sœurs solidaires, ceux qui sont malades ou fragiles dans leur santé, ceux qui mettent toute leur énergie à les assister et les soigner, les chercheurs qui se battent contre le temps pour sauver le plus grand nombre, les politiciens et tant de personnes qui œuvrent sans compter pour trouver des solutions.

2. Le risque de contagion nous invite à un supplément de charité et de prudence pour ne pas mettre en danger les personnes âgées et vulnérables. C’est une responsabilité humaine et chrétienne de partager les efforts faits par tous pour que la contagion soit contenue. En même temps, ne pas regarder l’autre comme celui qui va me contaminer, mais celui qui a droit à ma bienveillance.

3. C’est une période favorable pour exercer la charité envers ceux que ces circonstances isolent. Prendre des nouvelles des personnes plus sensibles à la maladie, leur faire les courses, demander ce dont elles ont besoin. Un coup de téléphone ne transmet aucun virus, mais seulement de l’attention aimante. Lavons-nous les mains, et offrons-les à notre prochain.

4. Vivre le ministère de la consolation, c’est aussi porter une attention aux personnes qui vivent un deuil. Dans ces circonstances très spéciales, la séparation peut être encore plus difficile si une quarantaine ou des restrictions de célébration empêchent de vivre la proximité. Une oreille attentive peut être un beau cadeau. On peut aussi passer au cimetière : il y a peu de gens et les morts ne sont pas contagieux.

5. Si des personnes ne peuvent pas se rendre à l’église pour la messe, elles peuvent le vivre comme un sacrifice à mettre en communion avec tous les chrétiens dans le monde qui n’ont pas accès facilement à la Table du Seigneur. Elles peuvent prendre le temps de s’unir aux Eucharisties diffusées par la radio et la télévision, et demander au Seigneur de communier spirituellement à Lui.

6. Les cloches des églises, lorsqu’elles sonnent, peuvent être écoutées comme des messagères qui disent : « Vous n’êtes pas seuls, le Seigneur est au milieu de nous. » Pour ceux qui ne peuvent pas se rendre à la célébration, sachez que les prêtres offrent chaque jour la messe pour vous, et confient au Seigneur toutes les personnes qui vivent sur le territoire de la paroisse et au-delà. Et dans les monastères, beaucoup prient pour nous chaque jour en ces temps mouvementés.

7. Les restrictions et les difficultés d’aller aux messes du dimanche ne doivent pas empêcher de vivre la foi avec intensité et profondeur. Ce peut être l’occasion de créer un coin de prière dans sa maison, pour soi ou pour toute la famille.

8. Si les circonstances obligent à rester davantage à la maison, cela peut être une occasion privilégiée pour prendre plus de temps avec son conjoint, avec ses enfants : jouer avec eux, dialoguer avec eux, leur faire découvrir de belles figures de sainteté. Ce peut être un temps privilégié pour lire un bon livre, regarder un film ensemble, goûter la joie de passer du temps avec ceux qui nous sont chers.

9. La famille est une Eglise domestique au cœur de laquelle le Seigneur est présent. Ce temps spécial peut être l’occasion de prier ensemble, d’inventer un petit rituel pour laisser Dieu prendre davantage sa place au cœur du foyer. Lire sa Parole, la laisser résonner dans le silence, permettre à chacun de partager l’écho qu’il a perçu dans son cœur… peut être une très belle liturgie familiale.

10. Les prêtres non seulement peuvent laisser les églises ouvertes, mais profiter de cette période où des activités sont suspendues ou supprimées pour organiser des temps prolongés d’adoration du Saint-Sacrement. Jésus est présent dans les tabernacles de nos églises : « Il attend, il appelle et il accueille tous ceux qui viennent le
visiter. » (Saint Alphonse de Liguori)

11. Pendant ces espaces de prière, les prêtres peuvent offrir leur disponibilité pour confesser ou écouter les gens qui aimeraient se confier. Si personne ne les aborde, ils peuvent en profiter pour prier intensément en faveur des malades et de tous ceux dont la vie est marquée par cette épidémie. Ils peuvent aussi apporter la communion au domicile de ceux qui le demandent.

12. C’est un temps pour joindre nos mains afin de prier pour ceux qui souffrent, demander la force pour ceux qui s’en occupent, la lumière et la protection pour ceux qui se battent contre le fléau, la paix, la foi et la solidarité pour tous. C’est un temps pour se mettre un peu plus à genoux.

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