PAR SIMON RODUIT | PHOTO : DR
Dans notre culture chrétienne contemporaine, avec la fête de Noël arrivent les contes pour enfants, les cadeaux du Père Noël… Les fêtes de fin d’année, hormis les traditionnels repas, semblent parfois tournées uniquement vers les petits ou vers ceux qui auraient la foi d’une âme d’enfant. Il y a en effet quelque chose de cela dans notre foi : le Royaume de Dieu n’appartient-il pas à ceux qui ressemblent aux enfants ? (Mt 19, 14) Cependant, si l’on y réfléchit un peu, le mystère de Noël exige de notre intelligence un bel exercice pour se laisser approcher. En effet, notre raison semble flancher devant le mystère de l’Incarnation de Dieu (pur esprit) qui devient chair en Jésus ; comment une telle chose a-t-elle bien pu se produire ? Qu’est-ce que ce mystère peut nous dire dans notre vie de tous les jours ?
L’Incarnation est la venue de Dieu qui décide d’habiter dans notre humanité (Jn 1, 14) en la personne de Jésus. A partir de cet événement, on ne peut plus déprécier notre chair humaine, guérie et élevée par le Fils de Dieu qui l’assume, mais il nous faut respecter notre corps qui est devenu le temple du Saint-Esprit (1 Co 6, 19) dès notre baptême. L’Incarnation nous pousse donc à ne pas nous égarer dans des théories spiritualistes ou dans un monde abstrait, mais à rester les deux pieds sur terre, connecté au réel. Car bien souvent, Dieu parle à travers le réel d’une situation, d’une relation ; Il nous demande d’agir dans le concret de nos vies, là où tout n’est pas si clair et distinct comme dans des raisonnements mathématiques. Mais c’est ce terrain, parfois trop trouble à notre goût de tout classifier en noir et blanc, qui est la terre où le Seigneur veut nous planter pour que nous portions des fruits de sainteté.
C’est cela, la véritable intelligence du mystère de l’Incarnation : reconnaître que Dieu vient habiter nos petitesses et nos faiblesses pour les transformer et nous élever vers Lui. Ainsi, se retrouvent l’esprit d’enfance et l’intelligence adulte : avec les deux ailes de la foi « enfantine » et de la raison « adulte » qui battent de concert, nous pourrons voler vers le Père qui veille sur nous depuis le ciel et nous y attend avec son Fils incarné pour nous sauver et nous ouvrir les portes du paradis.
« Le Mystère de l’Incarnation nous
pousse donc à ne pas nous égarer dans des théories spiritualistes ou dans un monde abstrait. »
