Où est le centre de gravité de ma vie?

La Croix, centre de gravité entre Ciel et Terre. Messe au Plan de l’Au le 15 août 2022.

Chaque point peut-il être perçu comme un centre du monde?  Quel est le centre de gravité de ma vie?

Quand la pose d’un nouveau « signe du Christ » devient le centre de gravité d’une communauté. Ici le 18 septembre 2021 à Bovernier.

Par Olivier Taramarcaz | Photos : DR

Adolescent, je pensais que la Suisse était au centre du monde. Lors d’un voyage d’une année en Amérique latine, alors que j’avais 20 ans, mon centre s’est déplacé. Un jour, assis au milieu d’une grande gare, au Mexique, attendant une correspondance, je demeurais le regard fixé sur une carte du monde peinte sur l’une des façades. J’ai d’abord cherché à situer la Suisse, à peine marquée sur la carte, point à partir duquel j’avais jusque-là regardé le monde. Puis, déplaçant le regard, j’ai été déporté intérieurement. Pointant le lieu où je me trouvais, un renversement s’est opéré. C’est un moment de basculement, m’amenant à revisiter ma carte du monde. Monde géographique intériorisé et monde réel reconfiguré. 

Le centre de gravité – On peut se demander s’il y a un centre du corps humain ? Le centre du corps humain est lié à son centre de gravité. C’est lui qui donne équilibre et stabilité. Chez un adulte, il est situé autour du bassin, légèrement en dessous du nombril. C’est un point physique, qui invite à réfléchir au centre de gravité dans sa vie. C’est à partir de ce centre que je vais orienter ma vie, fixer mes buts, déterminer mes choix, prendre des décisions. 

Lorsque l’on se considère comme centre du monde, on situe sa subjectivité comme première. Par cette orientation vers soi, chacun au final est le nombril du monde, avec soi comme seule boussole intérieure, comportant le risque de tourner en rond « autour de soi », ou « en soi », sans se trouver, à l’image de l’oignon dont on cherche le centre en l’épluchant, sans jamais le trouver.

La sagesse humaine au centre – Le soi comme mesure du monde est central aujourd’hui. Il est convenant de valoriser son expérience personnelle comme loi universelle, la sensualité de la nature divinisée, ses sensations et intuitions, en référentiel spirituel. Du côté rationnel, depuis le siècle des lumières (1715-1789), la raison de l’homme s’est affichée comme seul fondement légitime : « La raison éclaire tous les hommes, elle est la [les] lumière [s]. » 1 

Max Stirner (1806-1856), fondateur de l’anarchisme individualiste, précurseur de l’existentialisme, a posé le fondement du « moi » comme centre du monde : « Pour moi, il n’y a rien au-dessus de moi. » Karl Marx (1818-1883) s’est affirmé « contre », dans une visée de déconstruire : « L’athéisme par la négation de Dieu, pose l’existence de l’homme. » 2 Jean-Paul Sartre (1905-1980) a posé en absolu sa désespérance : « Il n’y a pas d’autre univers que l’univers de la subjectivité humaine », avec comme conséquence : « Le monde est absurde, la vie est absurde. » 3 

Le Christ au centre – L’apôtre Paul ouvre un espace de réflexion à partir d’un autre centre : « Vous étiez en ce temps-là sans Christ, […] sans espérance et sans Dieu dans le monde. » (Ep 2, 12) La Parole de Vie indique que sans Christ, il n’y a pas d’espérance dans ce monde. Chacun cherche la vie réelle. « En Jésus se trouvent la vie, le mouvement et l’être. » (Ac 17, 27-28) Jésus lui-même a déclaré : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jn 8, 12) 

Combien de personnes prennent davantage au sérieux les pensées sans fondement des philosophies ou de la sagesse humaine, sans aucune considération pour le contenu du Livre de la Vie, la Bible ? Au final, il appartient à chacun de choisir de s’appuyer sur le fondement instable de ses pensées du moment, de ses intuitions volatiles, de sa sensibilité, de son émotivité ou de choisir de reconnaître le poids des paroles de l’Ecriture et d’accueillir Jésus comme le centre de sa vie. 

Références bibliographiques
1 Albert Soboul, La Civilisation et la Révolution française, Paris, Arthaud, 1978, p. 19. 
2 Karl Marx, Manuscrits, 1844.
3 Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, Paris, Nagel, 1970.

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