Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.
Par Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF
Photo : DR
Incroyable mais vrai ! Quelqu’un de chez nous, de notre race, de notre chair, est ressuscité. Il a vaincu la mort, il ne meurt plus, il est vivant à jamais. N’est-ce pas vraiment une « Bonne Nouvelle » au sens étymologique du mot « évangile » ?
C’est ce qui a fait courir les apôtres à travers tout le bassin méditerranéen. C’est le message originaire et original de l’Eglise : « Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. » Témoins de l’impossible, croyants de l’incroyable.
Garder l’Espérance malgré les persécutions
Pour une telle bonne nouvelle, nous allons emplir nos liturgies d’alléluias, acclamation de joie, chantés du fond de nos cœurs ; nous en avions été privés pendant les 40 jours du Carême. Pourquoi ai-je mis un point d’interrogation dans le titre « alléluia ? » ? Parce que je pense à toutes les personnes qui vivent en zones de guerre, en situation difficile, et il y en a partout dans le monde. En 1994, j’ai vécu au Rwanda une expérience dramatique : Pâques était le 3 avril et trois jours plus tard, commençait le génocide. Comment chanter les alléluias, comment vivre la liturgie pascale quand on tue autour de toi ? C’est ce que vivent aujourd’hui tant de chrétiens qui ne savent comment célébrer cette liturgie pascale dans les zones de guerre, de conflits, dans les persécutions… Comment garder l’Espérance ?
Il faut pourtant nous rappeler que le Ressuscité est à nos côtés, qu’il souffre avec nous. Le Christ ne nous a-t-il pas dit : « Prenez courage ! J’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33)
La méditation de Maurice Zundel
Maurice Zundel a longuement médité ce problème du mal au cœur de la Deuxième guerre mondiale « Notre mission de chrétien est d’entrer dans cette douleur, de la vivre […] Il faut nous hâter de créer de la joie […] Il est nécessaire de faire provision d’espérance et de courage, de dilater toute notre puissance d’aimer avant qu’il ne soit trop tard. […] Qu’une vague d’amour et de lumière se répande sur tout être ! Que chacun de nos actes soit un acte d’amour, une offrande, que chaque observation soit une joie ! […] Dieu nous envoie au-devant des autres comme des ambassadeurs d’amour et de joie. »
