Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021
Voilà un nom un peu énigmatique pour une jeune association martigneraine (2020) pour la promotion des arts et des artistes au service d’un éveil… En effet, PAVAMA souhaite attiser une prise de conscience des bienfaits des arts, vus comme une «nourriture pour l’esprit», dans l’objectif de développer les liens entre les artistes et les différents publics et lieux sociaux avec qui ils sont mis en lien. L’association, sise à la Rue des Alpes 13, tire son nom des lettres initiales de ses fondatrices Patricia Vieira, Vânia Conde et Maureen Russo.
PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR
Patricia Vieira, vous êtes artiste spirituelle, qu’est-ce que cela signifie ?
Cette dénomination est venue avec le temps au fil de mon parcours d’artiste. Le chemin artistique consiste en un chemin que l’on parcourt « en soi-même ». Il peut revêtir plusieurs formes. J’ai ainsi pu progressivement exprimer dans mes œuvres ce questionnement existentiel de l’humain en quête de son intérieur qui m’habite. Cela révèle paradoxalement l’existence d’une immense et mystérieuse grandeur intérieure où je peux trouver des réponses à mes questions. Par ce chemin, j’ai aussi découvert que le sens de l’art que je pratique était de rendre attentif l’observateur aux mouvements de son inconscient à travers les sensations, émotions et ressentis déclenchés par son regard sur les œuvres. Selon moi, l’Art au sens large du terme offre l’opportunité d’une évolution personnelle et favorise l’accès à notre monde intérieur et à la grandeur de notre esprit.
PAVAMA peut compter depuis peu sur vous aussi, Albane Rausis, en termes de soutien administratif et organisationnel. Qu’est-ce qui vous motive au fond ?
Patricia m’a fait connaître l’association dès sa création et le concept m’a paru parfait. C’est autant l’état d’esprit que le fond qui me plaît : l’incarnation d’une mentalité de partage, d’ouverture de cœur et d’esprit, d’entraide et de soutien, pour tous, pour un meilleur « vivre ensemble ». De plus, sur la forme, les opportunités sont très variées. Cela permet une grande créativité, toujours orientée vers le même but !
Vous parlez d’un désir de susciter un éveil à partir des arts. Quel esprit vous anime et que cherchez-vous concrètement à réaliser ?
L’Art est l’expression de l’invisible dans la matière. De l’intellect à l’émotionnel, du mouvement aux sons et aux couleurs, tout dans l’Art révèle le monde invisible d’une personne qui aime l’offrir à d’autres. Dans ce partage d’humain à humain à travers une proposition artistique, c’est finalement dans l’interaction des mondes intérieurs de chacun que la magie opère. C’est essentiellement et simplement l’ouverture d’esprit vers l’Autre qui est souhaitée ici. C’est aussi la découverte de la multitude de façons de vivre, de penser, de sentir, d’exprimer ou encore le désir de créer et stimuler l’envie de découverte de l’Autre vécu comme richesse de la Vie, de façon permanente et grandissante.
C’est pour cela que notre objectif sur le terrain consiste à proposer des prestations artistiques de façon régulière et en tous lieux, pour que la richesse intérieure des êtres humains, mise en écho par l’Art – si essentiel à notre quête de sens – puisse bénéficier à chacune et chacun.
Un de vos objectifs est de montrer que les arts sont un bienfait pour la communauté. Qu’est-ce à dire ?
Les bienfaits de l’art sont déjà largement démontrés. Pour notre part, nous souhaitons participer activement à sa présence, à le mettre en valeur, dans le plus d’environnements sociaux possibles, afin de contribuer au bien-être communautaire.
Vous parlez joliment un peu à l’instar des chrétiens, des « frères et sœurs de la Vie », sur quoi s’appuie cette vision communautaire ?
Pour nous, les valeurs humaines sont universelles. Elles n’ont pas de limite, tout comme l’art. Lorsque l’on parle de cœur et d’ouverture, les différences sont une richesse. Il y a donc toujours à la fois un terreau commun et des différences qui sont une source de connaissance mutuelle, et ce, que l’on parle d’une rencontre d’humain à humain ou d’une œuvre d’art face à un humain.
La crise covid a été une période sombre pour le monde artistique. Qu’est-ce que cela a révélé ?
Le constat fait l’année passée a stimulé d’autant la création de notre association : les milieux culturels ont été très fragilisés et n’ont pas obtenu les protections sociales qui auraient été nécessaires. Le monde artistique est un milieu fragile. Les artistes se sont retrouvés dans des situations compliquées, souvent oubliés des institutions sociales et politiques, alors que selon nous l’art est un bien social essentiel !
Quelles sont les prochaines activités que vous allez proposer ?
La prochaine représentation prévue sera une représentation théâtrale. Elle aura lieu dans une des structures d’accueil de l’enfance de la Fondation Fleurs des Champs à Crans-Montana, qui fête ses 70 ans au mois d’octobre. Nous avons également récemment pris contact avec les directions des prisons et des EMS valaisans. Nous leur avons proposé des prestations artistiques mensuelles. Nous souhaitons aussi prendre contact avec les communes valaisannes, des associations et d’autres acteurs de la société, afin de contribuer un maximum à faire vivre l’art et à améliorer la vie en communauté, quels que soient les contextes.
Pour contacter ou soutenir PAVAMA
Adresse:
Rue des Alpes 13, 1920 Martigny
IBAN CH68 8080 8005 3666 4871 9
associationpavama.org
078 214 25 37
association.pavama@gmail.com


